FORUM ENERGAIA : lettre ouverte aux conférencier.es

Vous êtes invité(e) à intervenir au Forum Energaia à Montpellier les 13 et 14 décembre Nous tenons à vous faire part d’une réalité régionale qui ne sera certainement pas évoquée dans ce cadre officiel.

Nous sommes un groupe de vigilance citoyenne, une alerte collective. Attachés aux valeurs des territoires ruraux où nous vivons, partisans de la sobriété et de l’efficacité énergétique et d’un développement raisonné des énergies renouvelables, depuis des années nous alertons sur les impacts négatifs des projets éoliens industriels.

     En Occitanie, l’implantation massive de plusieurs centaines d’éoliennes – en particulier dans nos parcs naturels régionaux (Grands Causses, Haut-Languedoc et Narbonnaise) et dans les massifs de l’Aude, de la Lozère et des Pyrénées Orientales – détruit des pans entiers de nos réservoirs de biodiversité et dégrade nos paysages qui sont une des richesses de notre région. Cette industrialisation porte atteinte à la vie sociale et économique de zones rurales particulièrement fragiles. Or celles-ci constituent pourtant des réserves de ressourcement et de bien-être pour les habitants des villes, au regard d’une métropolisation sans cesse croissante.

Leur patrimoine naturel, paysager, historique et culturel doit être donc préservé et mis en valeur. Il contribue à l’attractivité de nos territoires, condition aussi d’un développement économique et touristique, au maintien des services publics pour à la population qui les habitent.

Nos territoires ont atteint le seuil limite d’acceptabilité sociale et environnementale en matière d’industrialisation éolienne et les pouvoirs publics veulent encore multiplier par 5 le nombre d’éoliennes en Occitanie d’ici 2040 ! Les méthodes décisionnelles très particulières, sous la pression des opérateurs eux-mêmes, en faveur exclusive de l’éolien industriel, discréditent une transition énergétique pourtant nécessaire, mais qui ne peut pas se réaliser à un prix si élevé pour les ruraux.

L’éolien industriel n’est pas la solution unique et certainement pas la plus acceptable pour répondre à nos problèmes énergétiques. L’intérêt que lui portent nos collectivités locales tient essentiellement aux revenus qu’il promet en réponse à leurs besoins de recettes. Les territoires disposent de ressources alternatives énergétiques à améliorer ou à explorer (biomasse, géothermie, énergie solaire, hydraulique, marine…) en mobilisant les capacités de recherche-développement et de production.

Les habitants, les collectivités et les entreprises pourraient être plus résolument soutenus pour améliorer leurs efficacités énergétiques. Une politique dans ce sens réduirait nos factures d’électricité, améliorerait notre bilan carbone régional et dynamiserait notre recherche, notre industrie et nos PME.

            Une politique du bien commun, innovante, adaptée à nos territoires  ne peut que s’appuyer sur une mobilisation citoyenne, un vrai dialogue entre la population, les élus et les administrations.

Nos territoires ont déjà beaucoup donné (hydroélectricité principalement) et peuvent encore donner mais avec des énergies renouvelables plus acceptables du point de vue social, économique et environnemental (tout ce que n’est pas l’éolien industriel), dans le respect de leur intégrité patrimoniale et de leurs habitants.

 

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