Les enjeux environnementaux du « repowering » éolien

Un nouvel enjeu pour la protection de la biodiversité, et en particulier de l’avifaune : le « repowering » éolien (augmentation de puissance des aérogénérateurs à l’occasion de leur remplacement) mérite une attention particulière (en dehors de toute considération sur les nuisances sonores ou paysagères, à traiter par ailleurs).

Le repowering consiste à augmenter la taille des rotors et  conduit donc généralement à augmentation de plus de 20% la surface de balayage des pales. Les chances, pour la faune volante, d’échapper au coup de fouet ou au barotraumatisme, diminuent à proportion de cette augmentation.

Le remplacement des éoliennes se réalisera rarement sans de nouvelles artificialisations des sols et modifications d’espace naturel(défrichage, etc.). Le risque est grand de voir se multiplier les socles bétonnés, même après arasement des anciens socles inutilisés, et se modifier sensiblement les pistes de desserte des installations à l’occasion du repowering.

Le collectif a écrit aux responsables de la LPO, de la Fédération Nature Environnement (Midi Pyrénées) et de la Société française pour l’étude et la protection des mammifères.

Les préfets auront une très grande marge de manœuvre pour apprécier les projets de repowering, considérer ou non qu’il s’agit de modifications substantielles, demander ou non une actualisation des études d’impact, enfin, autoriser ou non le renouvellement des installations éoliennes. Nous demandons :

  • une modification de l’instruction ministérielle du 11 juillet 2018. En considérant que tout renouvellement d’éoliennes industrielles au sein d’espaces naturels vulnérables et patrimoniaux présente un caractère de modification substantielle et justifie une nouvelle autorisation et par conséquent une actualisation complète de l’étude d’impact.
  • une modification de l’article  L 311-5 du code de l’énergie qui « oublie » la biodiversité comme un des critères de délivrance d’une autorisation d’exploiter en demandant l’ajout d’un 6° critère : L’impact de l’installation sur les objectifs de lutte contre l’érosion de la biodiversité.
  • Notre objectif est  de convaincre les autorités que l’arrêt de l’érosion de la biodiversité commande l’interdiction d’implantation et de renouvellement d’installations éoliennes dans les sites  où des espèces protégées migrent, gîtent, se reproduisent et vivent. Tout projet éolien mettant en cause l’état de conservation d’une espèce, étant contraire aux réglementations et engagements nationaux ou internationaux, doit être désormais interdit et a fortiori non renouvelé.
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