Le carnaval interdit !!

L’Amassada communique  :
«Il fallait oser ! Interdire un carnaval en Occitanie et mobiliser des gendarmes mobiles pour faire respecter cette décision. Samedi 9 Mars, un carnaval était prévu à Millau (12) sur le thème de la farce énergétique, avec pour  esprit « Retrouve Ton Enfance »

Mais la préfète de l’Aveyron a préféré prendre un arrêté d’interdiction de toute manifestation non déclarée,  sur toute la commune de Millau du vendredi 8  au dimanche 10 compris.

Dés le matin 8h et jusqu’à 15h, heure prévue pour le démarrage du carnaval, des contrôles routiers drastiques sont mis en place sur les différents accès qui mènent à Millau, avec fouille complète des véhicules arrêtés, et confiscation d’objet s« suspects » : costumes, masques, mégaphone et même des piles.

A la gare de Millau depuis 12h, plusieurs dizaines de gardes mobiles stationnent devant le lieu de rendez vous du carnaval, procèdent au contrôle musclé et systématique de toutes les personnes qui se présentent et font passer le message selon lequel carnaval est annulé. Peu avant l’heure fatidique du début de cortège, le caramantran * est bloqué dans un véhicule fouillé par la police (BAC) dés son arrivée dans la ville.

Malgré cette démesure répressive, une cinquantaine de carnavaliers parviennent à se regrouper et à démarrer un cortège plus silencieux que d’habitude, les musiciens ayant été renvoyés chez eux par les GM. Tant bien que mal, le cortège parvient à récupérer le caramantran et le monte derechef devant le lycée public de la ville tandis qu’un texte est déclamé.
Le groupe tente alors de se remettre en marche, il est immédiatement encerclé par la police qui dégaine des lacrymogènes, sans toutefois en faire usage,  bloquant le caramantran et les carnavaliers sur un carrefour routier du centre-ville.

Après un temps très carnavalesque, entre tensions, farces, danses, et les cavalcades des enfants se jetant des confettis, les carnavaliers sortent de cette nasse en abandonnant caramantran aux policiers qui semblent ne pas savoir quoi en faire. Le cortège reprend alors sa déambulation dans la ville, très vite ré-escorté par des policiers qui ne parviendront plus à stopper carnaval ni à le contenir aux trottoirs sur lesquels ils on essayé de faire monter le groupe qui s’est étoffé sur le parcours.
Le carnaval termine sa déambulation à la nouvelle cabane des gilets jaunes, qui offre le café. Le jugement par contumace du caramantran est prononcé, le condamnant évidemment à la seule peine possible : le feu populaire.

Heureusement que le ridicule ne tue pas, car la paranoïa de la préfecture et de ses zélés serviteurs ont offert un spectacle unique en interdisant une des traditions les plus ancrée d’Occitanie. Le carnaval se moque des conventions, il est intemporel. Et il est certain que nul ne sent la nécessité de le déclarer en mairie ou en préfecture, acte qui serait contraire à son histoire et à son sens premier de renversement temporaire des valeurs, des codes et des rôles.

Mme la préfète, carnaval reviendra encore et encore comme le printemps survient après l’hiver. Merci pour avoir participé à rendre visible la peur de l’état face aux coutumes populaires et à avoir su attirer l’attention de tous les sud aveyronnais sur notre modeste carnaval.

M. Carnaval et ses enfants

*caramantran est un assemblage formant un personnage qui est voué à être jugé par le peuple. Ici, le caramantran représentait l’accumulation énergétique, du charbon à l’éolien en passant par le nucléaire et le pétrole : voir vidéo dans le journal de Millau

http://www.journaldemillau.fr/2019/03/09/millau-le-carnaval-de-lamassada-bloque-par-les-forces-de-lordre/

contact: amassada@riseup.net
blog: douze.noblogs.org

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