Contre la loi d’accélération des ENR mobilisation en Occitanie

Le lundi 28 novembre à 11h00 des délégations des associations du collectif TNE Occitanie Environnement seront devant les préfectures pour transmettre aux préfets une lettre manifestant leur opposition au projet de loi d’accélération des EnR. Cette loi qui s’ajoute aux injonctions faites aux préfets dans la circulaire du 16 septembre – et avant même que nos parlementaires l’examinent – tend à :

  • Restreindre la concertation avec les habitants ainsi que leurs possibilités de recours ;
  • Limiter toujours plus le pouvoir de décision des conseils municipaux et communautaires sur leur choix d’implantation d’EnR sur leur territoire ;  
  • Contraindre le juge administratif à examiner les recours dans l’urgence et donc à générer une justice bâclée ;
  • Accélérer l’éolien offshore, terrestre, le photovoltaïque au sol… avec encore moins d’exigences environnementales, en décrétant ces centrales industrielles nécessaires pour “raison d’intérêt public majeur” ouvre en grand la porte aux dérogations à la protection des espèces protégées.

Devant cette situation insupportable et grave, le collectif régional Toutes Nos Énergies – Occitanie Environnement invitent les associations à envoyer leurs délégués, le même jour à la même heure – le lundi 28 novembre à 11h – devant la préfecture de leur département, pour une manifestation statique, avec dépôt d’une motion auprès du préfet et d’y inviter les journalistes.

Le jour choisi correspond à un jour d’ouverture des bureaux de nos préfectures, ce qui nous prive, certes, de la présence de nos adhérent.e.s en activité.

Merci de votre présence, d’un relais auprès de vos adhérents et ami.e.s si vous partagez nos inquétudes !

Contacts avec les délégations et lieux des RDV  : 

  • Tarn et Garonne à Montauban : Konrad Burchardt  vacc82@outlook.fr – 06 02 32 88 28

Contact général pour la presse : Michèle Solans  presse.TNE@gmail.com  06 46 03 19 15 À l’heure où cet appel est lancé, nous attendons les réponses de l’Ariège, des Hautes Pyrénées…

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Énergie renouvelable. Les projets se multiplient dans le Gers, le préfet est interpellé

Les projets d’installation d’unités de méthanisation et de parcs photovoltaïques dans le Gers se multiplient. Plusieurs associations, Les Amis de la Terre et Bien vivre dans le Gers, ont adressé une lettre ouverte au préfet à ce sujet. (Ici la lettre en PDF)

Selon elles, cette «véritable avalanche de projets provoque de vives réactions » dans les communes concernées. « Les citoyens s’inquiètent ».  Ces projets mobilisent l’idée de transition énergétique comme alibi pour privilégier des projets privés, qui bouleverseront nos territoires et nos paysages ». Ces associations évoquent « l’artificialisation de précieuses terres agricoles » et de « multiples nuisances pour les habitants. » (voir article d’Actu Occitanie en PDF)

Le Gers est un des départements les plus agricoles de France avec environ 450 000 ha (dont 20 % en bio), soit plus de 70% de la surface totale du département. Ce département d’Occitanie a vu le plus augmenter l’artificialisation de ses sols ces dernières années. Pourtant dans le contexte climatique actuel, toutes les terres agricoles doivent être consacrées à l’alimentation humaine et animale et nous ne pouvons accepter leur artificialisation. 

Dans la lettre adressée au préfet, c’est d’abord le projet de centrale photovoltaïque à Haget qui est dénoncé. Un recours contre l’attribution du permis de construire a été déposé devant le tribunal administratif de Pau.  D’autres projets de parcs photovoltaïque sont cités à Sarrant, à Berrac, à Mas d’Auvignon, à Cahuzac-sur-Adour,…

Les associations veulent aussi alerter le préfet sur les  « des projets d’unités de méthanisation de grande capacité » Le collectif estime que « la méthanisation ne produit pas une énergie décarbonée et son processus est loin d’être neutre ». Il cite notamment des risques sanitaires, des risques de sécurité, une atteinte aux paysages,… 

À Montesquiou, à Castelnau-Barbarens, à Lamazere, à Gazaupouy, à Saint-Arailles, ou à Belloc-Saint-Clamens,… les projets se multiplient.

Le collectif TNE-Occitanie Environnement soutient ces luttes et partagent les objectifs de ces associations. La journée du 28 novembre sera l’occasion de se retrouver contre la loi d’accélération des E+NR !

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Le livre sur les énergies renouvelables (la biomasse)

Suite du feuilleton : l’ouvrage consacré aux énergies renouvelables est rédigé par la commission énergie du collectif Toutes Nos Énergies – Occitanie Environnement; il est coordonné par Marcel Caron. 
Continuez à nous faire des remarques et des commentaires. Les auteurs en tiendront compte et les intègreront dans la version finale.

Voici la troisième partie du chapitre consacré aux énergies pilotables :  la biomasse, qui  utilise des matériaux d’origine biologique employés comme combustibles pour la production de chaleur, d’électricité ou de carburants. (PDF)

Chapitre 3 Les énergies renouvelables pilotables

3ième partie : la biomasse

La biomasse, ce sont des matériaux d’origine biologique employés comme combustibles pour la production de chaleur, d’électricité ou de carburants.
Elle comprend trois familles principales : 

  • Le bois énergie ou biomasse solide, énergie primaire produisant par combustion de la  chaleur
  • La  méthanisation par décomposition des déchets agricoles et ménagers produisant du biogaz
  • La synthèse chimique de plantes agricoles pour produire des biocarburants

La biomasse correspond donc à la part biodégradable des produits, déchets et résidus provenant de la sylviculture et de l’agriculture, y compris les substances végétales et animales issues de la terre et de la mer, et des industries connexes, ainsi que de la part biodégradable des déchets industriels et ménagers. 

De fait, cette énergie dite renouvelable est un peu un fourre-tout, car elle est produite à partir du bois certes, mais aussi des déchets ménagers et industriels, mais encore d’algues, de champignons… voire de plantes cultivées, et chacune des « familles » mérite d’être examinée séparément.

L’utiliser pour produire de l’électricité n’est pas une bonne solution. Le rendement énergétique global moyen de transformation de sa chaleur de combustion en électricité est faible, au mieux de 30 % : c’est le plus faible de toutes les centrales thermiques. Elle est mieux utilisée pour produire de la chaleur, car le rendement énergétique bien que très variable suivant les installations, est alors meilleur et peut atteindre jusqu’à 90 % par exemple dans certaines chaudières à granulés.

C’est encore la première source d’énergie « renouvelable » en Europe, avec 4 à 5 % de son approvisionnement en énergie primaire.

Le bois-énergie

Le bois a été essentiellement la seule source d’énergie, depuis l’origine, avant l’hydraulique ; il n’a été concurrencé et dépassé en tant que tel que très récemment, de l’ordre de deux siècles, par les sources fossiles que sont le charbon, puis le pétrole, puis le gaz. Heureusement, car au 19ème siècle, avant l’avènement du charbon, l’utilisation massive du bois était un facteur massif de déforestation en Europe.

Aujourd’hui encore, dans le monde, « 2,5 milliards de personnes n’ont que le bois pour se chauffer, s’éclairer, et cuisiner » (source Planète énergie). Mais pourquoi ajouter « énergie » au bois ? Simplement, parce que le bois a de multiples usages et que l’énergie n’en  qu’un parmi les autres.

Et pourquoi le bois énergie est-il catalogué comme source renouvelable mondialement, alors que les professionnels, dont France Nature Environnement estiment qu’il faut, en moyenne, 30 ans pour retrouver une absorption de CO2 égale après une coupe d’arbres ? La seule réglementation est que la quantité de bois coupée annuellement soit inférieure à celle produite par la nature sur l’ensemble d’un pays ; au-delà, c’est de la déforestation (voir aussi un peu plus loin).

Actuellement encore, le bois est utilisé surtout pour le chauffage domestique, surtout en milieu rural et industriellement, dans des centrales produisant de la chaleur et, parfois aussi, de l’électricité. 

 Le plus souvent, on utilise des déchets forestiers comme à Saint-Affrique en Aveyron où s’est construit un réseau de chaleur qui fournit les 34 bâtiments de la ville (hôpital, écoles, piscines, HLM…). La chaufferie est alimentée par la filière bois locale qui fournit un mélange de plaquettes forestières (bûches, bois d’élagage, branchages, bois abimés, paille, donc résidus de toute origine…) et est d’une puissance de 3 MW. 

La chaufferie bois collective semble être choisie pour des raisons financières, le prix de la chaleur bois étant inférieur au prix de référence (gaz). La facture énergétique est stable aussi dans le temps. Mais les gens qui vivent près d’une chaufferie bois respirent des GES et même des particules fines qui sont dangereuses pour la santé. Le principal reproche que l’on fait à la filière bois- collective, c’est le coût (financier et en CO2) du transport des matières ligneuses  (15% du prix final de l’énergie bois). Enfin le bois doit avoir 12% d’humidité pour aller en chaufferie, ce qui oblige parfois à le sécher (avec du combustible fossile !) Nous avons même appris que, pour améliorer la combustion du bois, on y ajoute de la poudre de pneu ! Cette pratique  extrêmement polluante devrait être prohibée…

La filière bois, à une échelle plus modeste, c’est le chauffage des logements des particuliers qui utilisent des inserts, des poêles et  des âtres ouverts (beaucoup de déperditions, déconseillé, car 30 fois plus de pollution qu’un foyer fermé ), pour brûler les bûches , des pellets ou granulés… Les milieux officiels estiment que d’ici 2020, l’amélioration des appareils de chauffage au bois domestiques devrait permettre d’équiper 9 millions de logements en France contre près de 6 millions aujourd’hui avec une consommation de combustible égale (7,4 Mtep). En effet, près de 4 millions d’appareils anciens seraient remplacés par des appareils modernes moins consommateurs de bois. 

Quelles sont les limites de cette filière ? 

D’une part, même si les appareils sont beaucoup plus efficaces et si l’émission de particules est réduite (par l’utilisation d’un filtre), les rejets de particules fines, de monoxyde de carbone, des oxydes d’azote, des organochlorés, du dioxyde de soufre persistent à l’intérieur des maisons et sont toxiques (alors qu’à l’extérieur, l’air est brassé). 

La biomasse solide est en fait la source carbonée qui émet lors de sa combustion le plus de CO2, mais aussi de polluants atmosphériques pour une même quantité d’énergie produite, plus encore que le charbon ! On nous explique alors que le CO2 ainsi produit étant utilisé par les végétaux lors de leur croissance, la combustion de la biomasse est neutre en émissions de CO2, mises à part les quantités émises par les engins utilisés pour la culture, la collecte et le conditionnement ! Cela ne serait valable que si la croissance des végétaux utilisait immédiatement autant de CO2 qu’il en est produit par la combustion de la biomasse utilisée. C’est faux, et cette affirmation est une des très nombreuses zones d’ombre où s’abrite l’Ecologie politique.

On a plébiscité cette filière bois énergie en France depuis 15 ans parce que le bois de nos forêts est bien exploité et est donc renouvelable, cependant on n’avait pas anticipé que le bois est très polluant. La ressource n’est pas illimitée : elle n’est considérée comme une énergie renouvelable que dans la mesure où on ne prélève pas plus que la capacité de renouvellement et surtout si on ne va pas chercher le bois à des milliers de kilomètres comme c’est parfois le cas. Au delà, répétons-le, on déstocke, comme c’est le cas pour les énergies fossiles. Et c’est ce qui nous attendrait si la filière prenait trop d’ampleur.

 On  voit ce qui se passe à l’échelle mondiale : selon la FAO, la forêt mondiale perd 13 millions d’ha par an, quasiment l’équivalent de la forêt française ! (15,6 millions d’ha). À ce rythme-là, la forêt mondiale (4 milliards d’ha) est condamnée à terme dans environ 300 ans. En France (où on pourrait l’exploiter une fois et demi plus (en termes de gestion durable), la forêt n’est épargnée qu’en raison d’importations massives de bois d’œuvre d’Afrique, livrée à une surexploitation éhontée.

Le film récent produit par Michael Moore (« Planet of Human ») montrerait, s’il en était besoin, à quel point les industriels, aux Etats-Unis, se soucient fort peu de la capacité de renouvellement des forêts et ont déjà dévasté de nombreuses forêts magnifiques. Ce schéma, dans le contexte actuel, peut se produire partout, y compris en France.

Notre jugement par rapport à cette filière est donc mitigé.

Les médias n’évoquent guère la pollution atmosphérique produite par les centrales électriques à biomasse, d’autant plus importante que l’on mélange à la biomasse des déchets de toutes sortes, comme par exemple des broyats de pneus usagés (cf. plus haut). En cela, les centrales à biomasse servent souvent à se débarrasser de déchets organiques, en dépit de la pollution qui en résulte. Certains pays, comme les Pays-Bas, ne considèrent plus la combustion de la biomasse comme « soutenable » d’un point de vue climatique.

Ceci était la principale utilisation de matières carboniques sous forme de combustion. Il en existe d’autres :

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C’est bon pour les finances publiques, mais attention aux fraudeurs !

De temps en temps, il y a une bonne nouvelle du côté des opérateurs éoliens. Là il s’agit de l’évolution du marché de gros de l’électricité et des contrats d’achat garanti consentis par l’Etat aux dits opérateurs. Cette année et pour la 1ère fois, il y aura une baisse significative des charges de l’État :

« La CRE prévoit, dans les conditions actuelles de prix de gros, que toutes les filières d’énergies renouvelables en métropole continentale représenteront des recettes pour le budget de l’Etat, pour une contribution cumulée, de 30,9 Md€ au titre de 2022 et 2023. La filière éolienne terrestre contribue majoritairement à cette recette, à hauteur de 21,7 Md€. »

On est toutefois loin des 121 milliards de charges estimés par la Cour des comptes en 2018 pour l’éolien et le solaire auxquels il faut ajouter tous les contrats signés depuis 2017.

Il aura donc fallu une guerre et la décision absurde d’indexer les prix de l’électricité sur le gaz pour que cela se produise. On ne sait pas s’il faut s’en féliciter mais c’est toujours bon à prendre pour les finances publiques, même si cela ne réparera pas les erreurs du passé et le coût faramineux de l’éolien et du solaire ces dernières années.

Attention toutefois aux petits malins qui résilient leurs contrats pour aller vendre sur le marché directement …

« La CRE alerte sur le phénomène des résiliations anticipées des contrats de soutien par certains producteurs ENR. En juillet 2022, les demandes identifiées concernaient une puissance installée cumulée de 1,3 GW. A fin septembre 2022, ce volume dépasse les 3,7 GW. Cela représente une perte considérable pour le budget de l’Etat, de l’ordre de 6 à 7 Md€ cumulés pour les années 2022 et 2023, 

Ces installations n’ont pu être développées que grâce au soutien financier de l’Etat dont elles ont bénéficié sur des durées généralement supérieures à 10 ans. Il est tout à fait anormal que les producteurs concernés sortent des contrats garantis par l’Etat à quelques années de leur échéance pour profiter des prix de gros élevés. La CRE recommande donc de renforcer la mesure de taxation des rentes infra-marginales prévues par la réglementation européenne pour ces installations. »

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L’association Vent du Haut Ségala (Lot) contre les éoliennes de Saint Cirgues

Suite à l’installation d’un mât de mesures sur la commune de Lauresses, près de Latronquière, concernant un projet de 4 éoliennes, l’association « Vent du Haut Ségala » se mobilise contre le projet éolien envisagé sur le territoire. Voici le compte rendu de la réunion publique “L’éolien en Question”, qu’elle a organisée à Saint-Cirgues (46210), jeudi 3 novembre avec la participation de Sioux Berger. (voir la Dépêche)

Nous avons présenté la localisation du projet éolien de la société Cubico sur les communes de Saint-Cirgues et Lauresses sur deux secteurs à proximité de Gorses, Montet et Bouxal et Sabadel-Latronquière, affectant les habitants de cinq communes, son mat de mesure des vents de 80 m de haut à Lauresses sur la départementale D31 entre les deux hameaux Calméjane et La Croix de Malte, la règlementation française fixant depuis 2005 la distance minimale de 500 m entre habitation et éolienne, règlementation totalement obsolète très en retard sur l’Allemagne (1000 m) ou la Bavière (10 fois la hauteur de la machine).

La hauteur des machines en projet n’est pas officiellement connue; Cubico avait communiqué en 2021 sur des éoliennes de hauteur 150 m similaires à celles de la Luzette (Sousceyrac/Saint-Saury) mais lors des démarchages auprès des propriétaires, il était question de machines de puissance 4MW ce qui correspond à des modèles plus récents de hauteur 220 à 240 m. Si Cubico obtenait une autorisation d’ouverture du « parc », nous découvririons au moment de l’implantation la hauteur sélectionnée !! On peut penser, que le choix se porterait sur les machines les plus récentes de 220 à 240 m de hauteur.

Nous avons montré que le secteur Saint-Cirgues et Lauresses, n’est pas un territoire adapté à l’éolien industriel ainsi que tout le Haut Ségala du grand, au vu de plusieurs critères, mettant fortement en cause l’intérêt général de ces projets éoliens :

  • L’habitat extrêmement dispersé dans la campagne ne laisse que de très minces possibilités d’implantation d’éoliennes industrielles au prix d’un impact important sur un très grand nombre d’habitations alentour.
  • Les cartes météo-France d’estimation de vitesse de vent à une altitude de 50 m (2012) ainsi qu’à 160 m (2021) confirme que le secteur est parmi les moins ventés de France.
  • Le relief accidenté des secteurs envisagés, renchérit fortement le coût d’implantation et de raccordement des machines. Monsieur Jourdain de la société Site à Watt, acquis à la cause éolienne, mandaté en 2015 pour étudier la faisabilité d’un parc éolien sur le territoire de l’ancienne com.com du Haut Ségala avait rendu des conclusions extrêmement réservées sur la viabilité de ces implantations.
  • La protection de la biodiversité ne serait pas assurée. L’étude d’impact règlementaire effectuée par Cubico a relevé la présence de Chauves-souris et de Milan Royaux, deux espèces protégées. Par ailleurs les quelques 1000 tonnes de bétons (voire plus) par éoliennes à implanter dans le sol, avec une faible probabilité qu’elles soient un jour totalement excavées, nuit à la qualité des sols et à la biodiversité (ceci est conforme au nouveau statut « industriel » que prendrait les terrains concernés).

Quels bénéfices pour le secteur Haut Ségala du Grand Figeac ? Malgré la non pertinence des projets, l’implantation d’éoliennes auraient des conséquences dramatiques sur l’économie locale; personne n’aimant vivre, s’installer ou passer ses vacances au pied d’éoliennes géantes, la perte d’attractivité du territoire ne peut que conduire à une désertification et désaffection des visiteurs avec des répercussions néfastes sur tous les emplois liés à la présence humaine permanente ou de passage sur le secteur tels que artisanat, commerce, services publics,services à la personne et tourisme, … Ils représentent 60% des emplois du Haut ségala. Il s’agit donc du sacrifice du territoire au profit de sociétés éoliennes en contradiction avec l’intérêt général.

À cela s’ajoutent la mise en danger de certains élevages (voir plus bas) et évidemment la perte des valeurs immobilières de 20% jusqu’à une impossibilité de vendre, selon l’éloignement, la covisibilité des éoliennes et les extensions prévisibles de « parcs ».

Les répercussions des « parcs » éoliens sur la santé ont ensuite été évoquées, se traduisant selon les riverains par différents troubles connus sous le nom de « syndrome éolien ». Nous avons précisé que ce syndrome éolien, longtemps nié par les promoteurs, a été reconnu par la justice. La Cour d’Appel de Toulouse du 8 juin 2021 a condamné les exploitants d’un parc éolien à indemniser (128 000 €) un couple qui a été obligé de déménager suites aux troubles provoqués par la proximité d’éoliennes (la plus proche à 700 m et d’autres à 1300 m), fatigue, maux de tête, vertiges, nausées, troubles du sommeil, anomalies cardiaque ? Ces symptômes ont disparu suite à leur déménagement. La cour a reconnu que ce couple avait subi le « syndrome des éoliennes » qui constitue un trouble anormal de voisinage.

Notre invitée, madame Sioux Berger a ensuite donné une conférence très intéressante concernant l’enquête qu’elle a menée auprès des éleveurs dont les bêtes sont en souffrance autour de parcs éoliens ainsi qu’auprès des riverains. Elle a recueilli des témoignages dans toute la France, tels qu’à Puceul en Loire atlantique, en Bretagne, dans le Nord, dans la Sarthe, dans le Cantal à proximité du parc de la Luzette et bien d’autres encore.

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Le livre sur les énergies renouvelables (l’énergie hydroélectrique)

Une étape supplémentaire de la publication en ligne de l’ouvrage consacré aux énergies renouvelables. Rédigé par la commission énergie du collectif Toutes Nos Énergies – Occitanie Environnement, il est coordonné par Marcel Caron.
Plusieurs d’entre vous ont déjà fait des remarques et des commentaires. Merci de votre intérêt et de vos suggestions. Les auteurs en tiendront compte et les intègreront dans la version finale.

Voici la deuxième partie du chapitre sur les énergies pilotables :  l’énergie hydroélectrique qui est perçue favorablement dans l’opinion qui se souvient peu des impacts sociaux et environnementaux du passé.  (PDF)

Chapitre 3 Les énergies renouvelables pilotables

2ième partie  L’énergie hydroélectrique

L’hydroélectricité est perçue favorablement dans l’opinion qui se souvient peu des impacts sociaux et environnementaux du passé. 

L’énergie hydroélectrique, ou hydroélectricité, est une énergie  renouvelable qui est issue de la conversion de l’énergie hydraulique en électricité. L’énergie cinétique du courant d’eau, naturel ou généré par la différence de niveau, est transformée en énergie mécanique par une turbine hydraulique, puis en énergie électrique (énergie finale) par une génératrice électrique synchrone.

En 2017, l’énergie hydroélectrique représentait 16,6 % de la production mondiale d’électricité ; elle possède de nombreux atouts : Cette  énergie renouvelable, d’un faible coût d’exploitation est responsable de la plus  faible émission de gaz à effet de serre de toutes les EnR ; la capacité de stockage de ses réservoirs permet de compenser les variations de la demande ainsi que celles des énergies intermittentes. Les installations hydroélectriques ne sont pas destinées à la seule production d’énergie mais permettent d’autres usages, tels que l’alimentation en eau potable, l’irrigation des terres agricoles ou la navigation marchande ou récréative.

Elles présentent toutefois des impacts sociaux et environnementaux à la construction  : déplacements de population, éventuellement inondations de terres agricoles, modifications des écosystèmes aquatique et terrestre, blocage des alluvions, etc… Et si les risques d’accidents sont minimes,  ils peuvent être très dangereux. D’autres inconvénients peuvent être  les conflits d’usages entre l’hydroélectricité et le tourisme nautique, ou la perte des possibilités d’irrigation en aval des barrages …

Ses formes de production principales :  

  • les centrales dites gravitaires, ainsi nommées car les apports d’eau dans leur réservoir ou leur prise d’eau sont essentiellement issus de cours d’eau par gravitation, telles que les centrales au fil de l’eau ou les centrales hydroélectriques de lac ;
  • les stations de transfert d’énergie par pompage (S-T-E-P), aussi connues sous l’appellation « centrales hydrauliques à réserve pompée » ou « centrale de pompage-turbinage », dans lesquelles des turbines réversibles pompent l’eau d’un bassin inférieur vers un bassin supérieur (pompage durant le creux de la demande à partir d’électricité produite par des équipements de base)… (NDLR : ce qui a pour avantage de rendre à nouveau l’eau disponible pour la production d’électricité).  Le pompage-turbinage peut aussi se faire dans des conduites séparées comme dans le cas d’espèce ci-dessous.
  • les usines marémotrices, qui utilisent l’énergie du mouvement des mers, qu’il s’agisse du flux alterné des marées (marémotrice au sens strict), des courants marins permanents (hydroliennes au sens strict) ou du mouvement des vagues.

La proportion d’énergie hydroélectrique produite est moindre que celle de la puissance installée (voir ci-dessous).

 Elle représente 16 % de la production électrique mondiale en 2015 (contre 20,9 % en 1973). Précisons aussi que pour la France, la production hydroélectrique atteint 63,8 TWh en 2012, soit 11,8% de la production totale d’électricité. En fin 2012, la puissance installée était de 25,4 GW, ce qui représente 20% des capacités électriques françaises.

La France s’est donné pour objectif (dans le cadre du Grenelle Environnement), d’accroître la production de 5 TWh d’ici à 2020 et d’augmenter les moyens de pointe de 3 000 MW. 

Objectifs quantitatifs et orientations fixés par la Programmation Plurianuelle de l’Énergie (PPE). 

  • Augmenter la capacité de production hydroélectrique de 500 à 750 MW et la production de 2 à 3 TWh d’ici 2023.
  • Préserver la capacité de flexibilité de l’hydroélectricité, essentielle pour contribuer à la flexibilité du système électrique et faciliter l’intégration de capacités accrues d’énergies renouvelables.
  • Évaluer les pertes de production liées aux actions de rétablissement de la continuité écologique et optimiser autant que possible la conciliation des enjeux de préservation des milieux et de production d’énergie renouvelable.
  • Relancer le développement de l’hydroélectricité par des appels d’offres réguliers et par l’optimisation des concessions existantes.
  • Engager d’ici 2023 des projets de stockage sous forme de STEP, en vue d’un développement de 1 à 2 GW de capacités entre 2025 et 2030. (Actuellement, en France, 5 GW existants) 

Ajoutons qu’en France, la production hydroélectrique représente 70% de la production d’électricité à partir de sources renouvelables. 

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La nature en otage…

L’OISEAU MAG n°148 –
Automne 2022

Dans le dernier numéro de l’Oiseau Mag, une des publications de la LPO, son président, Allain Bougrain Dubourg, signe un éditorial d’une actualité brûlante. Le voici dans son intégralité, dans l’attente de vos commentaires et de vos réactions.

Les climatosceptiques sont à court d’arguments. L’été 2022 s’est imposé comme la vitrine des conséquences dramatiques du dérèglement. La sécheresse conjuguée aux incendies a frappé douloureusement l’Europe tandis qu’aux États-Unis, les inondations emportaient l’espoir de sérénité. C’est dans la précipitation qu’il a fallu réagir, comme si cette situation n’était pas prévisible. Mais les solutions ne seraient-elles pas pires que le mal ?

Lorsque l’on voit se multiplier des “bassines” couvrant 8 hectares (parfois 18 hectares) pour arroser, au prix du déclin de la ressource sans se poser la question d’un autre modèle agricole, on reste plus que perplexe. Cette nouvelle pratique ajoute à une artificialisation galopante.

Au nom de l’indispensable développement des énergies renouvelables, notre territoire se couvre de panneaux photovoltaïques qui sont autant d’espaces fermés à l’épanouissement de la biodiversité. L’éolien ou l’hydroélectrique implanté dans des zones inopportunes participent à l’appauvrissement. Et comme si cette progression ravageuse n’y suffisait pas, les textes de simplification permettant d’accélérer la démarche se profilent à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

Dans la même veine, la guerre en Ukraine contribue à dégrader la nature au niveau européen. La Commission européenne a, en effet, autorisé les États membres à sacrifier les jachères, à nouveau en 2023, pour produire davantage de céréales en prévision du blocage ukrainien. 
En France, nous exportons déjà plus de 40% de notre production, faut-il mettre à mal les derniers refuges pour la faune afin de produire davantage ?

Partout la biodiversité recule devant les circonstances jugées prioritaires. Il y a près d’un an, à Marseille, lors du Congrès Mondial de l’UICN, le Président de la République avait affirmé que la biodiversité devait être considérée au même niveau que la question climatique. Qu’en est-il aujourd’hui ? Il est urgent de prendre en compte le vivant qui nous entoure. Dans l’intérêt de l’humanité et par simple devoir éthique.

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Projet de loi sur les énergies renouvelables : la colère monte

Jeudi 13 octobre, au Palais des congrès de Mazamet, une conférence de presse a réuni les élus et les associations qui luttent pour la protection de l’environnement et la biodiversité autour  d’un projet de loi qui les inquiète. 

Mazamet 13 octobre 2022
Jean Pougnet, Françoise Marchand, Olivier Fabre, Jacques Biau

Aux côtés de Françoise Marchand, Jean Pougnet et Jacques Biau, co-secrétaires du collectif Toutes Nos Energies/ Occitanie Environnement, Olivier Fabre, maire de Mazamet, a ouvert cette réunion. Il s’est félicité de la présence de plusieurs associations importantes, pas uniquement tarnaises, qui “dénoncent depuis des années les nuisances du développement anarchique de l’éolien” et de celle de nombreux élus, toutes sensibilités confondues, et toutes géographies confondues, du Tarn, de l’Aude, de l’Hérault.

“Cette mobilisation montre qu’il y a aujourd’hui une très forte inquiétude par rapport aux projets qui sont aujourd’hui dans la palette parlementaire et en particulier celui qui vise à accélérer le développement des énergies renouvelables et qui sous un titre anodin réserve en réalité de biens mauvaises surprises dans ses dispositions”. 

Ce projet de loi veut faire sortir l’éolien (et toutes les énergies renouvelables) du cadre normal de l’état de droit, en l’exemptant d’un certain nombre de procédures de contrôle et de validation. 

Ce projet permettrait de négliger l’expression de l’avis des populations et d’affaiblir les possibilités de recours. Ce sont pourtant les piliers d’une société dans laquelle le droit prévaut.

Au nom du collectif Toutes Nos Energies/ Occitanie Environnement, Jacques Biau, a apporté le soutien des associations occitanes, en soulignant

“la recrudescence des injonctions de l’état pour développer le plus rapidement possible et le plus intensément possible les énergies renouvelables. On parlait beaucoup d’éolien, çà reste vrai, mais l’élargissement du photovoltaïque vient menacer les terres agricoles”.

En détaillant les impacts possibles sur la préservation de la biodiversité, une des priorités nationales, Françoise Marchand rappelle l’avis du Comité National de Protection de la Nature :

Dans le projet de loi “la biodiversité et les mesures environnementales sont considérées comme des obstacles dans de nombreux articles alors même qu’elles participent de la lutte contre le changement climatique”

Et Jean Pougnet insiste sur les atteintes à la démocratie que représente une loi d’exception, qui au nom des “raisons impératives de l’intérêt public majeur” va court-circuiter les juges administratifs, les élus des communes et des intercommunalités.

Cette loi limiterait les prérogatives des élus locaux en matière d’urbanisme et d’aménagement du territoire (SCOT, PLUI/PLU, Chartes des PNR, etc…) ; elle réduirait le débat public, la consultation des habitants, les possibilités de recours, et dicterait au juge ses décisions.

Le projet de loi va être mis sur le bureau du Sénat au début du mois de novembre sous le titre “Projet de loi relatif à l’accélération de la production d’énergies renouvelables”. Parce qu’il menace la biodiversité, qu’il porte atteinte à à la démocratie et aux prérogatives des élus dans la gestion des territoires, ce projet de loi doit être retiré.

Le collectif TNE-Occitanie Environnement s’adresse à l’ensemble des parlementaires pour qu’ils refusent qu’au nom de « circonstances jugées prioritaires » la démocratie et la préservation de la biodiversité soient bafouées.

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Le livre sur les énergies renouvelables (la géothermie)

Cette semaine la publication en ligne de l’ouvrage consacré aux énergies renouvelables accélère. Marcel Caron qui coordonne ce livre, rédigé par la commission énergie du collectif Toutes Nos Énergies – Occitanie Environnement, nous propose deux parties du second chapitre. Plusieurs d’entre vous ont déjà fait des remarques et des commentaires. Merci de votre intérêt et de vos suggestions. Les auteurs en tiendront compte et les intègreront dans la version finale.

Voici la première partie du chapitre sur les énergies pilotables :  l’énergie géothermique qui offre de multiples possibilités ; elle est pourtant, aujourd’hui encore négligée, “ostracisée”, à tort, pensons-nous. (Ici en PDF)

Chapitre 3 Les énergies renouvelables pilotables

1ière partie : la géothermie

Qu’est ce que la géothermie?

La géothermie est une source d’énergie renouvelable capable de fournir du froid, de la chaleur  et de produire de l’électricité. Elle permet d’exploiter les calories  contenues dans le sol et le sous-sol, à plus ou moins grande profondeur.  Elle est inégalement  répandue  en France, et peu connue. Pour cette raison, elle mérite un traitement particulier.

Il s’agit de récupérer  la chaleur ou les thermies du sol ou du sous-sol  afin de l’utiliser à des fins diverses, l’électricité, mais surtout le chauffage, ainsi que l’eau chaude sanitaire et même le rafraîchissement, en été. Le lecteur sait sans doute que la température du sous-sol s’élève en fonction de la profondeur : en moyenne : + 3,3°C tous les – 100 m en France. C’est ce qu’on appelle le gradient géothermique. Cette chaleur est utilisable et a déjà été bien utilisée. C’est la seule forme d’énergie renouvelable pouvant assurer une production régulière 24h/24 et qui soit disponible à tout moment sans restriction. Son coût de fonctionnement peut concurrencer celui du gaz naturel, permettant aux pays de s’affranchir de leur dépendance aux importations de combustibles et d’accroître leur sécurité énergétique.

D’importantes réserves géothermiques, à des températures de 12 °C à 150 °C  sont disponibles en France. Elles sont tellement abondantes que l’exploitation des nappes par exemple, suffirait à couvrir la quasi-totalité des besoins calorifiques pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire, soit d’économiser 40 millions de TEP par an.

En fait, il n’y a pas une géothermie, mais différents types de géothermies :

1 La géothermie profonde

On appelle géothermie profonde celle qui consiste à chercher la chaleur du sous-sol à des profondeurs variant de plus de 200m à plusieurs kms.  Comme on peut la récupérer directement à haute température, voire très haute température, elle peut produire de l’électricité (2 centrales en France produisant 102 GWh par an), ou, directement, de la chaleur pour des gros réseaux de chaleur (pour plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’immeubles d’un quartier ou d’une ville. Il existe  une soixantaine d’installations de ce type en France produisant 1650 GWh/an (voir ci-dessous), ainsi que d’autres à usage industriel ou agricole ou de loisirs (130 GWh/an). 

La géothermie de grande profondeur

La technologie EGS « Ehanced Geothermic System) mise au point à Soulz -les-Forêts, lieu d’expérimentation, d’études et de prospection, consiste à libérer les failles de leur dépôts minéraux à 1600 m environ de profondeur, pour relier, rétablir ou améliorer les différents réservoirs d’eau chaude du sous-sol. Ces failles, très propices à la géothermie profonde, sont situées le long du  rift européen qui va d’Oslo à Barcelone en passant par l’Alsace et les Cévennes (zone fracturées, fossés d’effondrement). Le potentiel de la géothermie profonde est considérable, mais son exploitation demande des investissements importants qui sont difficiles à rentabiliser, d’autant plus que la production d’électricité géothermique est la seule qui ne bénéficie pas de subventions depuis la dernière PPE (Programmation Pluri-annuelle de l’Energie)

Les réseaux de chaleur 

Des gisements importants de géothermie profonde existent sous les bassins sédimentaires et permettent de produire de la chaleur en grande quantité. Ainsi, dans la région parisienne, des centaines de milliers de logements sont chauffés depuis les années 1970 par des réseaux de chaleur. Grâce aux nappes présentes dans le sous-sol de la région, l’Île-de-France est dotée d’un des plus importants gisements en chaleur d’origine géothermique. C’est la raison pour laquelle elle compte la plupart des forages exploités, mis en service dans les années 80 pour la grande majorité. Aujourd’hui, cette technique connaît un nouvel essor :

À l’orée des années 2000, la commune d’Orly a été l’une des premières à envisager la possibilité de réaliser un nouveau « doublet géothermique » (en géothermie « sur nappe », il faut deux forages, voire trois : un puits d’extraction  est associé à un, ou deux, puits de réinjection.)

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Le livre sur les énergies renouvelables (le stockage)

Voici donc la suite de la publication en ligne de l’ouvrage consacré aux énergies renouvelables. Ce livre est rédigé par la commission énergie du collectif Toutes Nos Énergies – Occitanie Environnement, il est coordonné par Marcel Caron.
Plusieurs d’entre vous ont déjà fait des remarques et des commentaires. Merci de votre intérêt et de vos suggestions. Les auteurs en tiendront compte et les intègreront dans la version finale. (Ici en PDF)

Il y aurait bien une solution à l’intermittence de l’éolien et du solaire, à savoir la possibilité de stocker l’électricité à grande échelle. Mais apparemment, ça ne sera pas possible avant bien longtemps. Voyons ce qu’il en est.

Chapitre 2 Les énergies intermittentes

3ème partie : Le stockage de l’énergie

L’idée est répandue que, si l’on parvenait à stocker convenablement l’électricité, alors il suffirait de stocker la production des énergies alternatives lorsqu’elle est excédentaire pour la réutiliser lorsqu’elle redeviendrait utile et améliorer ce faisant sa valorisation et donc la compétitivité de la filière considérée. Malheureusement cette façon de voir relève assez largement du sophisme.

« Le stockage a nécessairement un coût : coût d’investissement, coût d’exploitation et renchérissement du kWh restitué lié à une efficacité toujours inférieure à 1 et oscillant selon les technologies entre 25 et 95 %. Ce coût s’ajoute au prix de l’électricité stockée et vient donc le renchérir.
La panoplie des solutions de stockage comprend les stations de pompage/turbinage (STEP), les stockages thermodynamiques (CAES (Compressed Air Energy Storage)) à air comprimé et systèmes dérivés), les batteries, les super-condensateurs, les piles à combustible rechargeables, les bobines supraconductrices (SMES), les volants d’inertie, etc. sans oublier les modes de stockage indirects et hybrides : chauffe-eau à accumulation et autres stockages thermiques, hydrogène, lingots d’aluminium ou autres produits finis ou semi-finis. » (Jean-Pierre Hauet, article extrait de la Revue de l’électricité et de l’électronique)…

Il faut savoir, d’emblée, qu’il n’y a qu’une seule solution de stockage de l’électricité utilisée intéressante à l’échelle industrielle : ce sont les STEP (Stations de Transfert d’Energie par Pompage ) qui représentent la plus grande partie du stockage (99 % de la capacité de stockage de l’énergie électrique dans le monde). Elles complètent des barrages-réservoirs (ou barrages-lacs). Elles sont composées de deux réservoirs séparés verticalement. L’eau du réservoir aval est pompée jusqu’au réservoir amont durant les périodes creuses, donc souvent de nuit) afin de stocker sous forme gravitaire l’électricité prélevée.

Cette solution bien entendu n’est possible que près des barrages de montagnes. En France, la possibilité d’en installer de nouvelles est très réduite.

De nombreux autres moyens de stockage de l’électricité à l’échelle collective existent, à l’état de projets, et au mieux, au stade expérimental. Leur mise en oeuvre pose de nombreux problèmes techniques et/ou environnementaux.
Ils sont donc inutilisables aujourd’hui à l’échelle collective pour parer à l’intermittence de l’éolien et du solaire.

Citons-les :

Le stockage de l’électricité

  • Le stockage par air comprimé : Les installations s’appellent des CAES (Compressed Air Energy Storage). Il en existe trois sortes selon qu’on stocke l’air comprimé en sous-sol ou en surface et selon les techniques utilisées (avec chaleur ou isotherme). Il existe très peu d’installations dans le monde, le stockage dans des cavités souterraines ou dans des anciennes mines n’étant pas simple, et pour celles qui sont envisagées en surface, elles prennent beaucoup de place.
  • Le stockage inertiel : c’est un système de stockage d’électricité sous forme d’énergie cinétique. L’énergie est stockée par le biais d’un disque ou d’un rotor, tournant sur son axe dans un environnement visant à minimiser les frottements : enceinte sous vide et utilisation de paliers généralement magnétiques pour la liaison rotor/stator. Le couplage de la masse tournante à un générateur/alternateur permet de stocker et produire l’électricité. Mais l’énergie disponible n’est pas très élevée. En revanche, le coût d’investissement l’est.Le transfert d’énergie par lest : Un lest est relié à une plateforme flottante, à l’aide d’un câble. Pour stocker de l’énergie, le lest est remonté à la surface (de la mer), entrainé par un moteur électrique ; pour déstocker l’énergie, le lest descend en entrainant une génératrice. Pas simple non plus en raison de la profondeur nécessaire et du coût de la transmission de l’énergie.Une variante terrestre : une grue à six branches lève des blocs de béton de 35 tonnes et les empile comme dans un Lego géant pour former une tour. Pour restituer l’énergie et produire de l’électricité, la grue redescend les blocs de béton un par un pour reformer une seconde tour à l’extérieur de la première. L’inconvénient est que la grue et la tour de béton d’une hauteur de 120 mètres ne passeront pas inaperçues dans le paysage.
  • Le stockage par pompage thermique : Le stockage de l’électricité est réalisé grâce à deux enceintes de matériaux réfractaires, respectivement à haute (entre 500 °C et 800 °C selon les technologies) et à basse température (entre -160 °C et -80 °C selon les technologies), qui servent de source chaude et de source froide à un cycle thermodynamique. Le stockage d’énergie est réalisé sous forme de chaleur sensible, en exploitant des variations de température dans le matériau. Faible maturité. Aucun retour d’expérience.-
  • Le stockage électrostatique : Conçus sur le principe de base des condensateurs, les supercondensateursstockent l’énergie sous forme de champ électrique créé entre deux électrodes, avec comme différence de pouvoir atteindre des densités d’énergie et de puissance bien plus importantes, proches de celles des batteries, tout en bénéficiant d’un temps de recharge très court. Mais le temps de décharge étant court (24-48 h), l’énergie disponible est faible et ce type d’équipement est cher.

Font aussi partie de ces exemples de stockage peu productifs (à l’échelle collective) 

Le stockage électrochimique (les batteries) :

Il en existe de multiples : plomb-acide, nickel-zinc, zinc-air, sodium-soufre, zebra, lithium-ion et des batteries « à circulation » : zinc-bromine et vanadium-vanadium…
Nous ne pouvons faire un exposé complet sur chacune d’entre elles. Les batteries lithium-ion sont les plus efficaces, remportent les suffrages les plus nombreux, à telle enseigne que le coût du lithium est en augmentation constante au fil des ans, ce qui fait qu’on comprend mal les prédictions de baisse de coût des batteries de l’ordre de 50 % d’ici à 2030 par certains bureaux d’études et institutions, dont l’ADEME. Y aura-t-il assez de lithium dans le monde pour satisfaire les besoins ? Il est permis d’en douter puisque le prix qui était de 2920 $ la tonne en 2002 et de 6995 $ en 2015, est passé à 16 550 $ en 2018 : selon la

US Geological, avec une production globale de 37 tonnes par an, le monde aurait assez de réserves pour 365 ans (mais à condition que la demande reste la même). Or les experts prédisent que vers 2040, le monde aurait besoin de 800 tonnes par an, rien que pour la production de batteries (c’est-à-dire sans compter les smartphones, tablettes et nombreux autres objets « connectés ») !

En fait, des réserves existent, mais sont disséminées dans la nature. Le problème est surtout qu’il n’y a pas suffisamment de mines ouvertes.
Actuellement, du fait de l’insistance des gouvernements à mettre en oeuvre la mobilité électrique, il y a un décalage entre la demande et l’offre.

Notons qu’à Soulz-les-Forêts, lieu d’expérimentation de la géothermie profonde par excellence, où des forages existent à des profondeurs d’environ 1600 m pour produire de l’électricité, du lithium a été découvert en grande quantité, ce qui n’était pas prévu. Une capacité d’1/10 ème de la demande française.

Nous savons qu’actuellement les constructeurs automobiles envisagent de privilégier les voitures électriques à batterie (25 millions en 2025 selon les prévisions) au détriment des véhicules à hydrogène (piles à combustible).
On sait qu’il sera très difficile d’obtenir une autonomie des voitures supérieure à 400 km, sauf si les chercheurs réussissaient à mettre au point les batteries lithium tout-solide (auquel cas cette autonomie pourrait être portée à 800 km), mais selon eux, rien n’est sûr et on ne le saura pas avant 2030 dans le meilleur des cas. On reste donc dans une grande incertitude quant à l’efficacité des batteries dont l’utilisation pour le stockage à grande échelle est de ce fait quasi inexistante.

Pour être plus précis, des progrès considérables ont été obtenus en laboratoire, pour des solutions diverses comme les batteries nickel-cadmium, d’autres au nickel-métal hydrure, au fluorure (10 fois plus denses et plus autonomes), au lithium-air (plus légères et aux performances supérieures), ou encore au sodium-ion qui aurait l’avantage de poser moins de problème pour l’approvisionnement en matière première, de même, comme déjà indiqué, que la batterie lithium-ion solide, mais on est encoreloin de la fabrication industrielle et de la mise sur le marché, ce qui laisse de beaux jours à l’actuelle batterie lithium-ion (liquide).

La batterie lithium-soufre s’annoncerait également. Par rapport à celle au lithium-ion, elle pourrait stocker 5 fois plus d’électricité à poids égal, mais là encore, la mise au point demandera du temps Puisque nous venons de l’évoquer, le poids des batteries joue un rôle. La voiture Tesla, réputée avoir une autonomie de 800 km, a des batteries qui pèsent deux fois plus que celles de la Zoé.

La révolution technologique en matière de batterie tarde à venir.

L’Hydrogène est l’élément le plus simple et le plus abondant dans l’univers : 93% de la matière.

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