Dans quel sens tourne le vent ? Échos de presse

Le gouvernement y tient…

  • Il veut alléger les formalités administratives pour les projets d’énergie renouvelable, réduire l’influence et le poids des associations et la place des débats démocratiques…
  • Diminuer les exigences environnementales, au détriment de la préservation de la biodiversité, de l’artificialisation des sols
  • Soudoyer les futurs riverains … une reconnaissance implicite des nuisances que nous dénonçons,
  • Au nom d’un intérêt public majeur (qui est surtout celui des promoteurs) il veut engager une vraie libéralisation du secteur des EnR.

Comme l’écrit le le Journal du Dimanche : le gouvernement prévoit une loi d’exception, conduisant à une libéralisation du secteur et une simplification de ses procédures. Voici ce qu’il y aura dans le plan bientôt dévoilé d’Élisabeth Borne sur les énergies renouvelables 

Mais les associations et les collectifs sont vigilants, et l’adoption d’un “plan d’urgence temporaire” ne nous découragera pas ! Sud Ouest estime que ce plan « d’urgence » risque de faire des vagues.  Énergies renouvelables : le plan du gouvernement pour doubler la production française 

Bien sûr, les promoteurs n’en ont jamais assez, leur porte-voix Révolution Énergétique, se plaint que l’éolien terrestre ne soit pas traité avec autant de faveurs que l’éolien maritime ou le photovoltaïque. Pourquoi l’État veut freiner sur l’éolien terrestre ? 

Cette fois-ci, “pas de « grand débat », pas de « consultation citoyenne » : l’inefficacité des outils de la démocratie participative est-elle désormais trop criante pour qu’ils figurent encore parmi les mesures cosmétiques permettant de poursuivre une politique industrielle en apaisant les conflits qu’elle génère ?” Comme l’écrit Métropolitiques, dans un article de janvier 2022. Éoliennes, la transition sans débat 

Nous sommes prévenus, la rentrée sera agitée… préparons-nous à de nouvelles batailles, battons le rappel de nos alliés pour défendre la biodiversité et l’attractivité de nos territoires… unissons nos forces à tous ceux qui se battent pour une véritable démocratie citoyenne, pour renouveler nos façons de consommer, de produire, de travailler, de vivre ensemble et, ainsi, répondre aux grands enjeux actuels.

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Le livre sur les énergies renouvelables (1° chapitre)

Et d’abord, économiser l’énergie…

Ce chapitre est volontairement court. Il est indispensable certes d’évoquer cet aspect du problème, mais notre objectif est surtout la production d’énergie.On ne peut aborder la question des énergies renouvelables, souvent budgétivores, sans envisager d’abord d’économiser l’énergie. « La meilleure des énergies, c’est celle qu’on ne consomme pas ».

Et la première des solutions, c’est l’isolation thermique des bâtiments. Un immeuble bien isolé consomme cinq fois moins d’énergie. Et évite qu’on ait à en produire.
La mise en œuvre de solutions architecturales, comme par exemple la maison bioclimatique, et l’utilisation de certains types de panneaux solaires translucides renforcent les économies et permettent d’aboutir à des immeubles à énergie positive, indépendants pratiquement à 100 % des réseaux de distribution d’énergie. De même, il existe des quartiers à énergie positive.

Mais il en existe bien d’autres façons d’économiser l’énergie :

  • i.rechercher une sobriété optimale de matière et d’énergie de façon à aboutir à une économie économe…
    favoriser le frêt ferroviaire, la navigation fluviale…
    acheter local, éviter le gaspillage de nourriture…
    multiplier les bourses d’échange, les ressourceries…
    utiliser de nouveaux procédés technologiques dans les industries énergivores (cimenteries,pétrochimie…)
    On peut aussi économiser en rendant les moteurs et les machines plus efficaces (diminution de la consommation de carburant aussi bien dans les véhicules sur terre que dans les avions…). C’est ce qu’on appelle l’efficacité énergétique.
  • ii.des choix techniques dans différents domaines, comme le traitement de déchets, l’agriculture, l’architecture (cf. plus haut : les éco-quartiers, les immeubles à énergie positive …), les écogestes…, les ampoules LED, les aspirateurs sans sacs, le low-tech… de solutions permettant de capter la chaleur, dont les murs capteurs et les murs-trombes (un espace sous verre à peu de distance d’un mur permet d’accumuler la chaleur)…
  • iii. des choix de vie : il faut ré-examiner le gigantisme, celui des villes, des agglomérations de plus en plus tentaculaires…, le tourisme de masse qui implique un trafic aérien démesuré, des navires de taille démente et hyper-polluants, la sursaturation de sites et de zones touristiques. La simplicité et la modestie seraient de mise et permettraient d’éviter d’avoir à gérer de manière coûteuse des problèmes de déchets et de pollution. On a pris la mauvaise habitude de mettre en place des monstres et de vouloir encore les développer davantage.
  • iv. envisager la décroissance ? Il est de plus en plus difficile d’admettre qu’on consomme indéfiniment plus que la planète ne contient de ressources…
  • v. On pourrait aussi faire des choix d’investissements qui tireraient la consommation d’énergie vers le bas, comme par exemple, l’aménagement de pistes cyclables, une nouvelle structuration des transports en commun… promouvoir le télétravail, le co-voiturage…,
  • vi. Au total, on peut aboutir à des résultats intéressants en recherchant la sobriété et l’efficacité.

La difficulté, cependant, est le trop peu de volonté des populations de renoncer à leur mode de vie ou à leurs aspirations au développement. Seule une contrainte, provoquée par une grave pénurie d’énergie par exemple, semble pouvoir changer la donne dans ce domaine.

Nous pourrions développer tous ces thèmes qui sont parfois aussi importants que le développement des énergies renouvelables lui-même, mais tel n’est pas notre choix. Cette tâche est immense et nous avons décidé de nous limiter à celle qui consiste à analyser les sources d’énergie renouvelables et à essayer de déterminer dans ce domaine ce qui est bon pour nos besoins et pour la planète.

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Le décryptage des nouvelles structures gouvernementales


Le Cérémé, Cercle d’Étude Réalités Écologiques et Mix Énergétique, analyse les nouvelles structures gouvernementales en charge de la planification écologique.

Chers responsables d’associations,  

Le Président de la République s’est engagé pendant la campagne des élections présidentielles à faire de la planification écologique l’un des piliers de son nouveau quinquennat et à en confier la responsabilité directe au Premier ministre.  

Cette promesse s’est traduite, dans la structure de l’exécutif, par la création d’un secrétariat général à l’exécutif, d’un ministère de la transition énergétique ainsi que d’un ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, auquel est rattaché une secrétaire d’Etat en charge de l’écologie.   

Dans ce flash Cérémé, nous vous proposons de vous présenter les attributions de chacun des acteurs de ce nouveau dispositif.  

Lire le PDF Nouvelles structures gouvernementales

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Voltalia : prenez garde au profond noir du Tindoul dans lequel vous vous engouffrez !

Sur le causse comtal, un peu au Nord de Rodez, on trouve, dans un décor calcaire qui change des basaltes de l’Aubrac, un effondrement spectaculaire, appelé le Tindoul de la Vayssière.

Une brochure sur le projet de Voltalia est élaborée actuellement. En peu de mots, ce projet vise à installer des panneaux photovoltaïques sur une zone naturelle, 80 hectares entre Mondalazac et Cadayrac, sur le Causse Comtal.

Le collectif de réflexion citoyenne sur le photovoltaïque du Causse Comtal qui se mobilise depuis plusieurs mois contre ce projet a pour objectif de publier et diffuser cette brochure riche en informations et en analyses chiffrées, avant l’attribution du permis de construire en septembre 2022.

Vous comprenez l’enjeu.

Le photovoltaïque sur des terres agricoles et naturelles est dû à la volonté de ne pas financer le photovoltaïque sur les zones artificialisées et les grandes toitures.

Le collectif de réflexion citoyenne sur
le photovoltaïque du Causse Comtal

Cela ne pourra pas se faire sans votre aide !

Afin de publier cette brochure, nous vous proposons de l’acheter en prévente. 

Par ce geste de soutien, vous pourrez non seulement recevoir la brochure dès sa parution, mais aussi permettre sa publication et sa distribution.

  • Participation libre en indiquant bien votre adresse postale ou par chèque, à l’ordre de «  Association Causs’ toujours »

à envoyer au Ptit Bio 5 allées des rosiers  12330 Marcillac-Vallon

  • ou en espèces dans la boîte à dons dans le même lieu

Le collectif Toutes Nos Énergies – Occitanie Environnement et plusieurs de ses associations adhérentes, le Collectif aveyronnais CO-27-XII Environnement et 52 autres associations, syndicats et partis soutiennent cette lutte contre l’ « agrivoltaïsme » et contre tous les projets similaires, qui ne font qu’aggraver les difficultés du monde agricole.

Pour tout contact avec le collectif du Causse Comtal ; touroulisducaussecomtal@gmail.com

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Énergie renouvelable : les maires lancent un avertissement au gouvernement

Alors que d’importants travaux sont en cours pour l’élaboration de la future Stratégie Française pour l’Énergie et le Climat et que le pays est confronté à des difficultés d’approvisionnement en énergie, les maires de France souhaitent vous alerter. 
Ils craignent que ces circonstances particulières, confortées par la volonté partagée d’accélérer la transition écologique, ne conduisent à un abaissement des exigences de l’État vis-à-vis de la qualité des projets de développement des énergies renouvelables

David Lisnard, président de l’Association des Maires de France

Après avoir pris connaissance de la lettre à madame Borne, de David Lisnard, président de l’AMF (Association des Maires de France), le collectif TNE-Occitanie Environnement réagit en soutien à leurs préoccupations.

Monsieur le Président,

Nous avons pris connaissance avec un grand intérêt de votre courrier à Madame Borne en date du  22 juillet. Nous avons particulièrement retenu votre mention du sentiment de défiance et de déclassement des populations rurales à l’égard de projets éoliens implantés contre leur gré, dans l’irrespect des gens et du patrimoine naturel, culturel et paysagers auquel ils sont attachés.

Notre collectif régional réunit plus d’une centaine d’associations implantées en zone rurale dans 10 départements d’Occitanie. Depuis des décennies, certaines de ces associations alertent les autorités sur les conditions du déploiement de l’éolien industriel dans nos territoires. 

Ces dernières années des associations naturalistes (LPO, SFEPM, SOS Busards, etc.) et de défense du patrimoine monumental et paysager (Sites et Monuments) ont à leur tour exprimé leurs inquiétudes face à l’implantation inconsidérée d’éoliennes dans des secteurs à forts enjeux paysagers, patrimoniaux et de biodiversité. 

Aucun impératif supérieur ne saurait justifier que l’État en vienne aujourd’hui à abaisser ses exigences de qualité vis-à-vis des projets d’énergie renouvelable

Collectif Toutes Nos Énergies-Occitanie Environnement

Des parcs naturels régionaux d’Occitanie : Grands Causses, Haut Languedoc, Narbonnaise, sont suréquipés au détriment de leur mission première de protection et de mise en valeur de leur patrimoine naturel et culturel. On en est arrivé au point où des avis autorisés (Autorité environnementale, Conseil national de protection de la nature) recommandent d’éviter désormais les secteurs à forte densité d’éoliennes, en raison des effets cumulatifs de ces implantations sur la biodiversité.

Dans ces conditions, nous partageons votre conviction : aucun impératif supérieur ne saurait justifier que l’État en vienne aujourd’hui à abaisser ses exigences de qualité vis-à-vis des projets d’énergie renouvelable. Nous ne pouvons que nous féliciter de votre intervention à ce sujet auprès de Mme la première ministre et nous vous en sommes infiniment gré.



Dans son allocution de bienvenue, Michel Fournier, le président des maires ruraux de France, a proposé à Élisabeth Borne qui, en tant que Première ministre, doit traditionnellement planter un arbre à Matignon, de choisir une essence très particulière : une éolienne !

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Le livre sur les énergies renouvelables (suite)

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les énergies renouvelables pour tous, de 9 à 119 ans…

Nous avons évoqué le projet de la commission énergie de notre collectif d’écrire un livre consacré aux énergies renouvelables. Ce petit livre – dont la réalisation est coordonné par Marcel Caron – est destiné à toute personne qui s’intéresse à toutes les énergies renouvelables, même celles qui ne se voient pas et dont on parle moins. Un livre pour les curieux qui ne veulent pas être affrontés à trop de détails techniques, pour les débutants dans ce domaine, un livre de base utile pour les élèves aussi.

En voici en PDF le sommaire et l’introduction. N’hésitez pas à réagir, vos commentaires, vos remarques et vos suggestions nous aideront à améliorer cet ouvrage.

Introduction

L’énergie, c’est quoi ? De quoi parle-t-on lorsqu’on évoque les énergies renouvelables ?

Les énergies renouvelables soulèvent un grand nombre de questions. Mais avant tout, pour comprendre ce petit document, il faut rappeler ce qu’est une énergie et pourquoi elle peut être renouvelable.

“En physique, l’énergie quantifie le changement. Dès que quelque chose change de forme, de position, de vitesse, de composition chimique ou atomique, rayonne, etc. il y a un transfert énergétique“.

Compliqué ? C’est normal, on va le dire autrement :

L’énergie, c’est un indicateur que quelque chose change.
On peut également dire que, dès qu’il y a eu un changement de quelque chose en autre chose, c’est qu’il y a eu un transfert d’énergie. Mais avant d’entrer dans le détail, rappelons qu’il existe plusieurs types d’énergies :

  • L’énergie primaire : c’est une forme d’énergie disponible dans la nature avant toute transformation. Les principales énergies primaires sont : le soleil, le vent, les marées, l’eau en mouvement, les courants marins, la chaleur des sols et des sous-sols, les réactions chimiques des matières organiques vivantes, la méthanisation, la combustion, le charbon, le pétrole, le gaz naturel, la désintégration atomique…
  • L’énergie secondaire ou vecteur énergétique : Une telle énergie est considérée comme un « véhicule » entre l’énergie primaire et l’énergie finale.
    (Ex : le pétrole qu’il faut transformer pour faire de l’essence. L’essence est bien un vecteur énergétique qui une fois dans le moteur lui permettra de fonctionner.)
  • L’énergie finale : C’est l’énergie au stade final de la chaîne de transformation, c‘est-à-dire au stade de son utilisation par le consommateur final.
    (Ex : La voiture avance grâce au mouvement mécanique donné par l’explosion de l’essence dans les cylindres du moteur qui le fait tourner.)

Le processus a donc été :

  • Transformer une énergie primaire : le pétrole en essence (vecteur énergétique).
  • Transformer l’essence en énergie mécanique donc en mouvement, c’est l’énergie finale (la voiture avance).

On a parlé d’énergie primaire, secondaire et finale, mais pas de renouvelable ?

On dit qu’une énergie est renouvelable si à notre échelle de temps, en l’utilisant, nous n’en diminuons pas la quantité initiale existante.

Exemple : Le vent, qui est issu de la rotation de la terre et des courants de convection dus au soleil à notre échelle est inépuisable. Lorsqu’il souffle, on peut donc récupérer son énergie par divers équipements indéfiniment. L’électricité produite par la force mécanique du vent sur les pales d’une éolienne est considérée comme une énergie renouvelable.

Par opposition :
Le pétrole qui provient de la décomposition d’organismes marins (principalement de plancton) accumulés dans des bassins sédimentaires, au fond des océans, des lacs et des deltas, est limité en quantité. Ce pétrole, a notre échelle, n’est donc pas renouvelable. On l’a nommé énergie fossile du fait de sa provenance.
Avant le début des années 1850 (début de l’ère préindustrielle), l’ensemble des civilisations de notre monde utilisait presque uniquement des équipements fonctionnant grâce aux énergies renouvelables utilisant le vent, le soleil, l’eau en mouvement et le feu. La seule autre énergie connue était l’énergie musculaire des animaux ou des humains ! On ne connaissait rien d’autre.

Tout change avec le début de l’ère industrielle.
Lorsque l’on a découvert et commencé à utiliser les énergies dites fossiles, essentiellement le charbon dans un premier temps (la machine à vapeur) et le pétrole. Elles ont bouleversé notre façon d’être par leur très grand pouvoir énergétique.
Il a fallu toujours plus d’énergie, et sous toutes les formes. Elles ont permis de faire avancer les tracteurs, les voitures ou les camions mais aussi les trains, de faire voler des avions, de s’éclairer, faire fonctionner les moteurs électriques utilisés dans l’industrie, se chauffer et tellement d’autres choses aujourd’hui considérées comme indispensables…, comme de faire fonctionner notre Internet, nos ordinateurs, les centres de données (data center), nos téléphones portables, etc.

Mais, tout n’est pas si simple.

Depuis les années 30 (loi Morizet), les problèmes de pollution sont bien connus. On sait que les énergies fossiles sont émettrices de particules et de gaz à effet de serre (GES) dont le fameux CO2.
Si dans les années 1950/60 on se préoccupait uniquement de nettoyer les façades parisiennes noircies par la suie des chauffages au bois et/ou au charbon, ou de s’inquiéter de l’émission des fumées noires s’échappant par les grandes cheminées de l’industrie ou même de la pollution des autos qui à l’époque n’étaient pas performantes et qui étaient surtout très consommatrices, on sait aussi depuis les années 1970, que les combustibles fossiles ne sont pas inépuisables.

La Terre, étant une entité finie, ne pourra pas donner plus de pétrole, de gaz ou de charbon qu’elle n’en contient

(rapport Meadows 1972 pour le club de Rome).

Évidemment, l’évolution de notre société et la croissance économique sont essentiellement dues à l’augmentation de la consommation des énergies qui, quelles qu’elles soient, génèrent beaucoup d’avantages. Mais alors que l’on est seulement dans les années 60/70, on parle déjà de pollution et de pénurie.

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La protection de l’environnement et de la biodiversité est une priorité nationale…

La semaine dernière nous avons lancé un appel à participer à une enquête publique concernant le projet éolien à Verrières dans l’Aveyron. Un projet délirant, de 5 machines de 180 mètres de haut dans une zone forestière non loin de l’A 75.

Voici le dossier que la Fédération des Grands Causses, SOS Busards et Co 27-12 Environnement ont déposé jeudi auprès du Commissaire-Enquêteur. Ces associations, connues et légitimes, ont exposé pas à pas les insuffisances de l’étude d’impact, qui sont nombreuses et rédhibitoires.

Le Midi Libre Millau s’en est fait l’écho dimanche matin. (voir ici en PDF) Et comme il convient il fait la part des points de vue des uns et des autres. Deux éléments tout de même apparaissent :

 – l’argument du maire ” on peut imaginer que lorsqu’un rapace décède à la suite d’une collision, on se serve de l’argent généré par les éoliennes pour en réintroduire deux” est inédit, inouï et strictement non recevable, car la protection de la biodiversité – grande cause nationale ne peut pas être monétisée.

Busard cendré

Cette petite tambouille à base de compensations financières montre combien la séquence ERC (Eviter-Réduire-Compenser) est mal comprise. Il s’agit pourtant ici d’espèces à cycles de reproduction longs et incertains : toute disparition d’individu adulte a un impact définitif et durable.

– on sent bien qu’à haut niveau personne ne veut reconnaître la difficulté – indéniable – d’une commune qui s’est très imprudemment engagée au plan financier dans un projet alors que celui-ci n’avait pas été approuvé. La commune n’en ignorait rien, car les services de l’Etat et la mission régionale d’autorité environnementale ont toujours été réticents sur ce projet et le lui ont écrit.

Nous pensons que la mairie n’a pas pour autant le droit de mettre les pouvoirs publics devant le fait accompli en expliquant qu’on ne peut plus revenir en arrière, car le fait qu’un  projet est participatif ne donne pas tous les droits par rapport à la protection de l’environnement, a fortiori dans une zone aussi sensible.

La protection de l’environnement est de niveau constitutionnel (Charte de l’environnement), dans l’ordre des priorités elle passe donc au-dessus de l’énergie, a fortiori pour un territoire déjà à énergie positive qui doit donc privilégier le photovoltaïque et sur des lieux déjà artificialisés.

Faut-il enfin rappeler l’engagement pris par le Président de la République à Belfort le 10 février 2022 de freiner l’éolien terrestre (report à 2050, dans quasi 30 ans,  de son objectif initial 2028 de 37 GW) ?

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Nous comptons sur vous !

Contre toute attente, la Préfète de l’Aveyron a décidé de lancer une enquête publique sur le projet éolien de Verrières : un projet délirant, de 5 machines de 180 mètres de haut (autrement dit cinq immeubles de 60 étages chacun) situé dans une zone forestière non loin de l’A 75.

Cette mise à enquête publique a longtemps été repoussée, car les pouvoirs publics étaient sous la pression contradictoire de toutes les associations environnementales, toutes profondément contre le projet et cette unanimité est assez rare : nous mais aussi la LPO, la Fédération des Grands-Causses (pas le PNR-Grand Causse donc, mais la Fédération), SOS Busards, la SFEPM (Société française de protection des mammifères) etc.

=> IL EST NECESSAIRE QUE NOUS PARTICIPIONS TOUS A CETTE ENQUETE PUBLIQUE, qui se tient JUSQU’AU 30 JUILLET 17H Le périmètre de cette EP est large : il concerne tout le bassin millavois, Séverac et plus à l’ouest jusqu’à St Laurent de Lévezou et Castelnau-Pégayrols.

 Principaux arguments contre :

1. paysages : – cinq machines tournantes de 180 m de haut, ça se verra de partout, qu’on vienne de Rodez et du Lévezou, de Séverac, ou du sud, ou des Gorges du Tarn. Tout le bassin millavois sera impacté, c’est un projet industriel très invasif dans le grand paysage. – situé en extrême bordure du Bien Unesco Causses et Cévennes, et en proximité immédiate du Grand Site de France Gorges du Tarn-Gorges de la Jonte : donc doublement inacceptable, d’aucuns diraient que c’est de la provocation.

2. patrimoine :– proche de Micropolis et de Saint Léons (même si on ne les verrait pas de là-même)- très visible du château de Cabrières- très visible de Compeyre, Paulhe, Puech d’Andanetc…

3. biodiversité :– la richesse en biodiversité est exceptionnelle, incluant l’espace vital de :. quatre espèces protégées majeures bénéficiant d’un plan national d’action (PNA ) qui fréquentent le site : vautour moine, vautour percnoptère, gypaète barbu, aigle royal. deux espèces de busards appelées à bénéficier d’un PNA . de nombreuses espèces de chauves-sourisetc.Quand on pense à l’investissement que représente les réintroductions et le suivi de ces espèces, ici aussi c’est quasi de la provocation. En tous les cas ce serait une incohérence majeure dans les politiques publiques. Avec le risque d’effets cumulés avec les parcs éoliens existant déjà dans le secteur (Montfrech, Castelnau-Pégayrols, La Baume, où la Préfète prend régulièrement des arrêtés de mise en demeure à cause de la mortalité constatée des espèces protégées) ou avec les parcs en projet (Saint Beauzély), 

4. aucun intérêt public majeur de ce projet : – l’Aveyron est déjà un Département à énergie positive = il produit plus de renouvelables qu’il ne consomme d’énergies au total (y compris carburant , fuel ou gaz de chauffage) 

=> l’Aveyron demande à ce qu’on arrête ces projets inutiles et destructeurs de l’environnement.

Le pétitionnaire est V’éol, société détenue par 3 actionnaires : commune de Verrières dont le maire est président à 50% (sic !!) + GEG ENR -Grenoble (que vient faire ici cet organisme public loin de L’Isère ?? !! voir notre article) à 35% et Soleil du Midi 15%

N’oubliez pas de conclure avec votre avis… a priori défavorable !

VOUS AVEZ DEUX MOYENS 

Nous comptons sur vous !

Pour l’Aveyron, Bruno Ladsous – 06 49 69 39 59

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L’enfer est pavé de bonnes intentions

La ville de Grenoble s’est engagée à produire une quantité d’énergie renouvelable équivalente à la consommation de sa population par le biais de la société d’économie mixte GEG (Gaz énergie Grenoble) où elle détient la majorité avec l’agglomération. Son partenaire à hauteur de 49% n’étant autre qu’Engie. Il s’agit de frapper un grand coup au moment où la ville va être capitale verte européenne.

Contrairement à ce que dit sa communication, les Grenoblois ne consommeront pas cette énergie « verte » car comme tous les Français raccordés au réseau national de l’électricité, ils utiliseront l’énergie produite par l’ensemble des centrales qu’elles soient à gaz, à charbon, nucléaires, hydroélectriques, éoliennes, photovoltaïques et j’en passe. 

Le but n’est pas de décrire une réalité mais de faire passer un message : 100% renouvelable c’est possible. 

Malheureusement pour produire cette énergie « verte », il faut de la place et des conditions favorables. L’agglomération ou même l’Isère peuvent produire de l’hydroélectricité mais le potentiel est saturé donc il faut chercher ailleurs. 

Pour l’éolien cela ne semble pas vraiment favorable, la grande région Auvergne Rhône Alpes a une puissance installée trois fois inférieure à l’Occitanie et elle est essentiellement à l’Ouest. Quasiment rien en Isère. 

Alors, l’idée surgit : pourquoi ne pas implanter ou acheter des centrales éoliennes ailleurs, en Occitanie par exemple, à Rivesaltes ou à Verrières à lisière de l’A75 près de Millau ? (1)

Pour ce village de l’Aveyron, pas de souci car la commune investit dans le projet, c’est donc suivant la novlangue en vigueur un projet citoyen (2). Il faut dire que ses habitants ne verront pas les géants de 180 mètres, ils sont masqués par une colline, ce sont ceux de Compeyre et de Paulhe, de l’autre côté de la vallée, qui seront aux premières loges, eux et beaucoup d’autres vu le gigantisme des machines. Les oiseaux ne seront pas oubliés, la MRAE note le fort impact attendu sur les couloirs migratoires.

Pour un objectif de communication, monsieur Piolle et sa municipalité vont donc porter atteinte à la biodiversité et au bien-être des habitants d’un territoire situé loin de chez eux. 

Si les grandes métropoles de ce pays se mettent à vouloir devenir vertueuses en terme de « transition énergétique » en exportant leurs responsabilités – c’est à dire en allant produire toujours plus d’énergie ailleurs plutôt que de faire toutes les économies possibles chez elles – alors les territoires ruraux peuvent se faire du souci.  Ce sont eux, une fois de plus, qui vont supporter les nuisances de cette soi-disant politique verte.

  1. l’enquête publique sur ce projet à Verrières est ouverte jusqu’au 30 juillet 2022 
  2. le pétitionnaire est V’éol, société détenue par 3 actionnaires : commune de Verrières dont le maire est président à 50%, GEG ENR (Grenoble) 35% et Soleil du Midi 15%
  3. Pour déposer une observation, rendez vous sur le site de l’enquête publique.

Une délégation d’associations environnementalistes contre ce projet se rendra à la mairie de ce village, à partir de 10h le jeudi 21 juillet remettre leurs avis au commissaire-enquêteur. Les journalistes y sont invités.

VOTRE CONTACT PRESSE : Bruno Ladsous – 06 49 69 39 59 – ladsousbruno@gmail.com 

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Un projet de livre sur les énergies renouvelables…

Un livre sur les énergies renouvelables ? Mission impossible ? A tout le moins un exercice semé d’embûches. Toute opinion court le risque d’une suspicion : « Vous êtes contre les éoliennes ? Alors vous êtes pour le nucléaire ? ». Ce n’est pas facile.

Les énergies renouvelables sont un sujet récurrent dans les médias. Elles intéressent en effet un grand nombre de personnes parce qu’elles sont présentées comme des technologies relativement nouvelles, et à ce titre elles constituent un grand espoir pour nos concitoyens, essentiellement à cause de la faible émission de CO2 pendant leur cycle de vie par rapport à celle des énergies fossiles.

En effet, même si la pétition de principe de la nécessité d’une transition écologique bas carbone n’est pas considérée comme indispensable par un nombre non négligeable de scientifiques, il est maintenant accepté par la plupart des français qu’il faut trouver des solutions pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES), dont le principal est le dioxyde de carbone CO2 (69% des GES), pour éviter le réchauffement trop rapide de notre climat planétaire, déjà bien entamé (Il convient toutefois de ne pas perdre de vue les autres émissions de gaz à effet de serre, en particulier le méthane (CH4) responsable à lui seul de 24% des émissions de GES, de même que le protoxyde d’azote (N2O), 5% ).

Ce petit livre est destiné à toute personne qui s’intéresse à toutes les énergies renouvelables, même celles qui ne se voient pas et dont on parle moins. C’est un livre pour les curieux qui ne veulent pas être affrontés à trop de détails techniques, pour les débutants dans ce domaine, un livre de base utile pour les élèves aussi.

Donc, un livre pour les lecteurs de 9 à 119 ans, qui non seulement présente les différents thèmes liés aux EnR, mais aussi pose des questions pour le présent et l’avenir. Les auteurs donnent aussi parfois leur avis (qui s’appuie sur des avis d’experts, bien sûr) sur certaines d’entre elles, avis qu’ils n’avaient pas forcément prévu avant leur investigation. Un livre de vulgarisation, sérieux, nos sources scientifiques ayant été vérifiées et discutées, avant d’être utilisées.

Malgré cette affirmation, le lecteur éventuel se départira sans doute difficilement d’une certaine circonspection, car c’est un sujet sur lequel l’unanimité est loin d’être atteinte. Les débats sont tendus à beaucoup de niveaux, y compris celui des états, de l’Union Européenne, des Etats-Unis… L’idéologie a une forte prise dans ce domaine que pourtant peu de personnes appréhendent dans saglobalité. Ainsi les écologistes les plus connus, qu’ils soient militants de partis politiques ou d’associations, véhiculent des idées qui quittent parfois le rationnel : l’objectif, sauver le climat, doit être atteint très vite, au mépris d’un certain nombre de précautions élémentaires. Par exemple, il faut atteindre 100% d’EnR, exigent-ils, il faut cesser immédiatement les recherches de pétrole, abandonner totalement et très vite le nucléaire…

Ils ne sont pas les seuls à peser sur l’opinion, loin s’en faut. Celle-ci est largement dominée par les milieux les plus divers dont la caractéristique commune est de protéger des intérêts et qui font en sorte que les choses bougent peu ou pas. Ainsi des entreprises qui se donnent une image écologique en sponsorisant des associations, ce qui est une des façons de mettre de la peinture verte sur les dégâts environnementaux qu’elles provoquent.

De même de nombreuses publicités et articles qui peuvent paraître sensés sont en réalité de la manipulation mentale et visent à fabriquer du consentement. Ce matraquage idéologique est d’autant plus aisé que le souci de l’environnement est partout, provoquant un sentiment de saturation. Le green washing, car c’est ainsi que cela s’appelle, brouille les pistes, de telle sorte que la moindre idée écologique donne immédiatement prise dans l’espace public à des discours et des pratiques au caractère fumeux, l’objectif étant de tromper pour préserver le statu quo.

Dans ces conditions, faire un nouveau livre sur ce sujet est une entreprise difficile et de longue haleine. Nous tenons à souligner qu’il a été élaboré sans aucun soutien, ce qui garantit une absence totale de conflit d’intérêt et l’objectivité nécessaire à ce type de travail, ce qui contraste avec un livre publié récemment qui s’intitule « les énergies renouvelables pour les nuls ». Celui-ci a été écrit par deux personnes dont la première est en train de faire fortune dans le secteur des énergies renouvelables et la seconde un des responsables de l’ADEME, agence d’Etat, qui, à ce titre devrait faire preuve de neutralité, organisme officiel qui a publié des textes (scénarii pour l’avenir) qui ont été très fortement critiqués par de nombreux spécialistes pour leur absence de réalisme, de sorte que pour ces raisons, malgré d’évidentes qualités, cet ouvrage n’apporte rien de réaliste sur les grandes questions, car entaché d’idéologie.

Comment nous situons nous ? Nous sommes des pragmatiques qui tentons de trouver des solutions réalistes et raisonnables à partir de données scientifiques. Nous vérifions d’abord le bien-fondé des affirmations sur les questions environnementales et climatiques et par ailleurs, nous sommes guidés par au moins deux principes forts : celui de la sécurité électrique (ce qui est d’autant plus important, comme on le verra dans le présent livre, qu’on s’oriente vers le « tout électrique »), et celui de la lutte contre le réchauffement climatique.

Nos informations, nous les avons puisées dans de nombreux sites internet, celui d’EDF, bien sûr, celui de Wikipédia, mais aussi : Planète Energie, Futura-sciences, PV Magazine, l’Ademe, Connaissance des Energies, le Monde de l’énergie, le Cérémé, le Montchampot, Carbone 4, le Shift Project, et bien d’autres…

Nous avons également lu de nombreux livres, dont « La transition énergétique : la France en échec » (par un groupe de travail), « Eolien et PV en Europe : la trahison des clercs » par Bernard Durand et Jean-Pierre Riou… et également de nombreux rapports : ceux de l’Agence Internationale de l’Energie, de France Stratégie…, de RTE (réseau de distribution de l’électricité), de l’Ademe… ainsi que d’innombrables articles dans des quotidiens nationaux et régionaux, mais aussi dans des revues comme les Annales des Mines, la Révolution Energétique, Transitions et Energies, European Scientist, Sciences et pseudo-sciences, pour ne citer que les principales.

Marcel CARON et son équipe que constitue la commission « Energies Renouvelables » du collectif d’associations situées dans l’Hérault et l’Aveyron (Collectif pour la Protection des Paysages et de la Biodiversité 34-12), membre d’un collectif régional « Toutes nos Energies Occitanie Environnement », remercie tous les lecteurs, relecteurs et commentateurs, et tout particulièrement Gérard, Henri, Marjolaine, Dominique, Emmanuel, Kevin, Jean….

Nous vous tiendrons au courant de l’avancée de cette entreprise audacieuse en publiant régulièrement les bonnes feuilles de cet ouvrage collectif. En comptant bien évidemment sur vos remarques, vous suggestions et vos commentaires.

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