La perception des éoliennes par les ruraux : pas terrible !

Le Cérémé (Cercle d’Étude Réalités Écologiques et Mix Énergétique) a commandé un sondage pour apprécier la perception de l’éolien en milieu rural. Ce sondage réalisé par OpinionWay expose pour la 1ère fois que 60% des ruraux souhaitent arrêter ou limiter le développement de l’éolien terrestre. Et il qualifie les raisons de cette perception négative : menace sur la biodiversité, atteinte aux paysages et au patrimoine, détérioration cadre de vie et santé, déni de démocratie locale.


Cette étude a été réalisée auprès d’un échantillon de 1002 personnes, représentatif de la population des Français âgés de 18 ans et plus vivant dans des communes rurales de moins de 2000 habitants, du 9 au 11 mars 2022, résumée par Opinionway.

Les habitants des communes rurales sont favorables à un encadrement plus strict des déploiements de nouvelles éoliennes parce qu’ils sont préoccupés

  • Par l’impact des éoliennes sur les écosystèmes où elles sont implantées, en particulier les oiseaux perçus comme les plus vulnérables,
  • Par leur proximité avec les sites protégés, (Parcs Nationaux et Régionaux, Monuments historiques, sites inscrits au Patrimoine Mondial de l’Unesco,)
  • Par la trop faible distance entre les éoliennes et les habitations, la distance de 500 mètres devrait être augmentée
  • Par le manque de démocratie des décisions : les Conseils municipaux des communes concernées devraient avoir le droit de s’y opposer et les riverains devraient également avoir leur mot à dire.

L’implantation de nouvelles éoliennes sur le territoire français ne fait pas consensus : si 40% des habitants de communes rurales sont favorables à la poursuite de leur déploiement, 40% préfèreraient limiter ce développement et 19% se prononcent pour un arrêt complet. 

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Défendre le paysage, défendre le vivant (dans la presse, cette semaine)

La biodiversité et l’avifaune en première ligne

Alors que la Californie fournit un tiers de son électricité à partir d’énergies renouvelables, des chercheurs se sont penchés sur l’impact des éoliennes et des panneaux solaires sur les populations d’oiseaux réputées vulnérables.

Les oiseaux peuvent être tués par les pales en rotation des éoliennes. C’est connu. Mais ils peuvent aussi mourir de surchauffe lorsqu’ils survolent de grandes fermes solaires. Ils peuvent également ne pas supporter le déplacement de leur environnement naturel par ce type d’installation.
Les terribles conséquences des éoliennes et des panneaux solaires sur les oiseaux (The Epoch Times)

Parce que les paysages sont morcelés

Les morts peuvent être directes, mais les nuisances sont aussi dues en l’encombrement de l’espace, à la destruction des habitats et des zones de chasse aide migration.
La notion de fragmentation ou de morcellement des écosystèmes / des habitats / écopaysagère(er) / écologique englobe tout phénomène artificiel de morcellement de l’espace, qui peut ou pourrait empêcher une ou plusieurs espèces de se déplacer comme elles le devraient et le pourraient en l’absence de facteur de fragmentation. Avec le concept d’hétérogénéité, celui de fragmentation est une des bases théoriques de l’écologie du paysage. Les lignes d’éoliennes sur les crêtes, les hectares recouverts de panneaux solaires ont autant de pièges… Fragmentation (écologie) (Wiki How) 

Ce qui justifie nos batailles pour que les promoteurs respectent les zones protégées

Depuis longtemps, les chercheurs et les praticiens s’inquiètent de l’existence de “parcs de papier”, c’est-à-dire d’aires protégées qui sont conservées sur le papier mais qui ne bénéficient pas d’investissements ou d’une gestion appropriés pour aider à prévenir les impacts négatifs de choses comme la dégradation de l’habitat, la chasse ou les espèces envahissantes.

Nous pensons que ce sont ces types de zones qui ne profitent pas à la faune.
Pour qu’une zone protégée participe réellement à la conservation de la faune et de la flore, elle a besoin de moyens et d’investissements plus qu’un label.
C’est le sens de nos combats dans les différents parcs naturels régionau où nous combattons l’implantation d’éoliennes industrielles.
Beaucoup de zones protégées ne sont en réalité pas bénéfiques à la vie sauvage (Atlantico)

Les associations se battent pour la défense de la biodiversité sous toutes ses formes

  • En montagne : une centaine de personnes se sont réunies le 26 avril à Forcalquier pour dénoncer la multiplication des projets photovoltaïques sur des zones forestières. Ils demandent un moratoire sur les projets au sol.
    D’où l’enjeu de parler de « transition sans addition » (de nouvelles énergies) et de sobriété. Le manifeste signé par les collectifs sud-alpins invite justement à questionner à la source les besoins en énergie et à cantonner les projets solaires sur les seules surfaces déjà artificialisées. Et pour maintenir la pression, un nouveau rassemblement a été annoncé le 18 juin près de Gap, dans les Hautes-Alpes.
    Dans les Alpes du Sud, ils défendent les forêts contre les projets solaires (Reporterre) 
  • Ou sur le littoral : les citoyens consultés pour identifier une zone préférentielle d’implantation du futur parc éolien au large de l’île d’Oléron souhaitent que la priorité soit donnée à la biodiversité. La zone proposée par l’État essuie donc un rejet presque unanime.
    Éolien en mer : le public rejette la zone proposée par l’État pour le parc d’Oléron (Actu-environnement)
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La biodiversité : un combat permanent et essentiel

La biodiversité désigne l’ensemble des êtres vivants et les écosystèmes dans lesquels ils vivent, ainsi que les interactions des espèces entre elles et avec leurs milieux. Ce ne sont pas seulement les espèces les plus emblématiques – rapaces, chasse-souris – mais tout ce qui est vivant, végétaux, bactéries, ver de terre, ….

La biodiversité répond à nos besoins primaires en apportant oxygène, nourriture et eau potable. Elle fournit matières premières et énergies indispensables t au développement des activités humaines.

En agriculture, la biodiversité est primordiale ; la contribution des animaux pollinisateurs ou des organismes participant au renouvellement des sols n’est plus à démontrer.

Elle protège aussi des risques environnementaux. La préservation et la restauration de prairies inondables permettent de diminuer l’impact des inondations en absorbant l’eau. Ce surplus d’eau alimente par la suite les nappes souterraines et pourra être utilisé lors de période de sécheresse… ce n’est qu’un exemple.

Dans notre refus du développement de l’éolien industriel sur nos territoires, la défense de la biodiversité a toujours été une préoccupation essentielle.

La commission “biodiversité” de notre collectif propose un dossier complet sur les enjeux en Occitanie de la défense et de la préservation de la flore, de la faune, des territoires. Ce dossier consacre une chapitre important aux ressources en eaux et aux zones humide.

Les zones humides – tourbières et prairies humides   sont nombreuses en Occitanie et constituent des réservoirs d’eau et des ralentisseurs des écoulements, grâce à leur grande capacité de rétention des eaux de pluie. Elles sont également un refuge pour la biodiversité. Les aménagements pouvant entraîner des réductions de surface de ces zones humides ou des altérations de leur fonctionnement contribuent immanquablement :  à une dégradation qualitative et quantitative de la ressource en eau à une accélération des écoulements lors des pluies torrentielles de printemps et d’automne. à l’érosion de la biodiversité

Biodiversité et respect des territoires (Collectif TNE-Occitanie Environnement) Novembre 2017

Le 1er février 2021 nous avons rencontré le directeur-adjoint de la DREAL Occitanie (Direction Régionale Environnement Aménagement Logement) et nous avons évoqué différents exemples concrets d’atteintes à la biodiversité, aux eaux et aux zones humides liés à la mise en œuvre de projets éoliens terrestres et le 23 février nous lui avons transmis quatre dossiers spécifiques illustrant cet enjeu insuffisamment pris en compte lors de l’instruction des dossiers.

  • Présence d’éoliennes en fonctionnement sur le PPR (périmètre de protection rapproché) et le PPE (périmètre de protection éloignée) du captage du Teil (parc éolien du Sambrès en Montagne Noire, Aude)
  • Tarissement puis suppression du captage de Lou Paou II (commune de Servières, Lozère)
  • Assèchement de la zone humide du Puech Méjié à la hauteur de l’éolienne E9 et disparition d’un ru (commune d’Arques, Aveyron)
  • Déclassement d’une zone Natura 2000 par effilochement, avec détournement d’une source (commune du Cambon-et-Salvergues, Hérault)

Dans le courrier que nous lui avons adressé nous lui demandons de nous faire connaître

  • Les mesures prévues pour chacun de ces quatre dossiers afin de respecter l’objectif de zéro perte nette de biodiversité, 
  • Les instructions que vous entendez donner aux services concernés, pour faire valoir la logique visant à “éviter” plutôt que celle visant à “compenser” dans l’instruction des dossiers.

Voir l’article : Pourquoi il faut interdire la compensation

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Pourquoi il faut interdire la compensation

Cet article est inspiré d’un document publié par l’Atelier d’Écologie Politique (ATÉCOPOL). L’Atelier d’écologie politique (Atécopol) participe, depuis son lancement à l’automne 2018 à Toulouse, à la construction d’une communauté pluridisciplinaire de scientifiques travaillant ou réfléchissant aux multiples aspects liés aux bouleversements écologiques.

Nous souhaitons par le présent projet participer à la construction, à Toulouse et en région Occitanie, d’une communauté pluridisciplinaire de scientifiques travaillant sur tous les aspects liés aux bouleversements écologiques, pour tisser des liens entre ces connaissances dispersées et réfléchir à la façon de les partager avec l’ensemble de la société ; afin de travailler avec elle aux moyens de changer en profondeur les modes de fonctionnement socio-économiques actuels.

Présentation des hypothèses de travail d’ATÉCOPOL sur leur site

La compensation est le troisième volet de la doctrine « éviter-réduire-compenser » (ERC) adoptée par la plupart des pays occidentaux et conçue comme une séquence ordonnée dans le sens des priorités décroissantes pout tout projet d’aménagement ou d’installation ayant un impact sur l’environnement : il faut d’abord éviter les projets non indispensables, sinon réduire leurs impacts et enfin compenser les impacts résiduels.

Le principe de compensation repose sur le postulat qu’une dégradation infligée à la biosphère à un instant donné et en un lieu donné peut être contrebalancée par une action compensatrice, qu’elle soit locale et simultanée ou délocalisée dans le temps et l’espace. La compensation permettrait ainsi d’annuler l’impact écologique d’un point de vue global.

ATÉCOPOL

Typiquement, on construit l’ouvrage mais en parallèle on met en place des moyens pour préserver une espèce qui serait affectée par le projet ou pour régénérer un écosystème ailleurs. Séduisant en théorie, ce principe de compensation – qui est aujourd’hui très répandu et privilégié par les entreprises – ne prend pas en compte la complexité du vivant, le temps que la nature a pris pour développer toute la richesse de sa biodiversité. Par exemple, replanter des arbres, même si quantitativement le compte y est, ne compensera pas la perte d’une forêt ancienne.

Ce processus de compensation aboutit à une forme de marchandisation de la biodiversité : il laisse penser qu’il serait possible de créer des équivalences économiques entre certaines dégradations de la biosphère et certains projets écologiques de façon vertueuse ; l’évaluation de ces équivalences étant laissée à la libre appréciation. des entreprises, des projets d’aménagement, ou des banques de compensation

Comme le détaille longuement le texte d’ATÉCOPOL, les conséquences néfastes sont multiples et déjà bien documentées.

  • La compensation est d’abord un droit à dégrader pour les entreprises et les collectivités qui la mettent en œuvre.
  • Certains avancent que c’est un moyen de régulation du capitalisme basé sur le principe du pollueur-payeur, alors que la compensation est un outil de greenwashing mis à la disposition du capitalisme pour le libérer des contraintes écologiques : on repeint en vert les projets les plus nocifs.
  • La compensation, qui prend souvent la forme d’une restauration d’un milieu dégradé, peut être mise en œuvre ailleurs en particulier dans les pays du Sud, terrain idéal pour la compensation à grande échelle et peu importe si les territoires considérés sont effectivement dégradés ou non ou si les populations doivent en pâtir. Ces projets de compensation renforcent encore l’injustice climatique, puisque ceux qui souffrent le plus des dérèglements climatiques et sont les moins émetteurs de GES doivent maintenant subir les projets de compensation des pays émetteurs. 

Beaucoup de solutions alternatives sont possibles, passant par la planification et la régulation par l’Etat ou par des organisations plus démocratiques et horizontales impliquant tous les citoyens. Nous ne devons pas gérer la « Nature » comme un ensemble d’objets extérieurs que l’on peut comptabiliser (les « externalités »), mais de mettre en place une gestion des communs qui ferait une place à tous les agents qui la composent (nous y compris) et toutes les relations d’interdépendances qui en font la trame.

Enfin, renoncer à l’idée même de compensation implique de prendre conscience de notre appartenance à ce tissu et de notre responsabilité dans ses dégradations. Assumer pleinement cette responsabilité est aujourd’hui indispensable pour ne plus se laisser illusionner par de fausses solutions et préserver l’habitabilité de notre planète.

ATÉCOPOL
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Victoire dans la forêt de Ramondens à Arfons !

Nous avons été informé par la DREAL du Tarn que le Préfet avait rejeté la demande d’autorisation concernant le projet de construction de 6 éoliennes par VALOREM dans la forêt de Ramondens à Arfons et que l’arrêté de rejet avait été signé le 18 mars 2022.

L’association Vent Mauvais qui se bat depuis des années contre l’industrialisationde la Montagne Noire communique

“Nous avons gagné donc, malgré le Commissaire-enquêteur et son avis scandaleusement favorable. Dans son rapport comme dans ses conclusions et avis, en effet, ni équité, ni intégrité, ni impartialité. La neutralité et l’impartialité en particulier sont absentes de sa rédaction, les erreurs et omissions sont nombreuses, les exemples donnés parfois erronés, la réalité tordue ou les chiffres manipulés, comme lorsqu’il s’agit de décompter les avis défavorables au projet.  Il va jusqu’à accuser les opposants au projet d’avoir une « démarche politique », considération bien éloignée de sa mission.

Le Préfet, à qui nous avions dénoncé ces manquements et les mensonges du promoteur dans son étude d’impact, ne s’y est pas trompé et a donc rejeté ce projet nuisible au cadre de vie, mais aussi au paysage, à la biodiversité, à la ressource en eau.

C’est la victoire de la mobilisation et de la détermination de chacun. C’est aussi celle de la solidarité en Montagne Noire. Merci à tous les élus qui ont donné un avois défavorable et/ou délibéré contre ce projet, LES MARTYS, SAINT-DENIS, SAISSAC, LASTOURS et MAS-CABARDES, LES ILHES-CABARDES, BROUSSES-ET-VILLARET, LABASTIDE-ESPARBAIRENQUE, MAZAMET, LAPRADE, FONTIERS-CABARDES, PEZENS et LACOMBE, merci à tous ceux qui se sont déplacés et/ou ont participé à l’enquête publique et rejoint le Collectif des habitants et élus de Lacombe et Arfons. Cela nous renforce pour les combats que nous aurons encore à mener.

Attendons maintenant de savoir si le promoteur VALOREM décidera, comme OSTWIND pour Les Martys, de déposer un recours contre l’arrêté préfectoral de rejet. Nous préfèrerions que ce ne soit pas le cas mais nous y sommes prêts, pour rester fidèles à notre engagement “

PAS UNE ÉOLIENNE DE PLUS SUR LA MONTAGNE NOIRE !

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Manifestons notre opposition au projet éolien porté par Engie Green « Puech Moncamp »

Le projet de parc éolien de Puech Moncamp – qui impactera les communes de Viane Espérausses Berlats – est composé de cinq éoliennes, d’une hauteur totale de 125m et d’une puissance maximale unitaire de 2,2 MW (soit 11 MW au total), et d’un poste de livraison. Ce projet est porté par la société ENGIE Green Puech Moncamp, filiale détenue à 100% par ENGIE Green, et dont le siège social se situe à Montpellier.

Quelques points d’appui pour contribuer à l’enquête publique qui sont détaillés dans le document en PDF ci-joint

  • Il est difficile de parler ici de concertation limitée de fait aux élus.
  • Aucune alternative n’a été présentée par l’opérateur qui n’a pas répondu sur ce point à l’avis de l’autorité environnementale (MRAE) considérant que seul un projet éolien pourrait répondre localement aux besoins de production énergétique 
  • Les mesures de compensation des impacts sur les espèces protégées – création et restauration de haies, création d’îlots de sénescence en forêt, installation de gîtes artificiels pour les chauves-souris. – se révèlent faibles ou incertaines.

De nombreux avis recensent les insuffisances du projet : 

  • Le PNR du Haut Languedoc souligne que les mesures de bridage et d’effarouchement dont les impacts directs et indirects sont insuffisamment intégrés.
  • L’avis de l’ARS – Agence Régionale de Santé – comporte plusieurs préconisations qui laissent entendre qu’un captage d’eau potable pourrait être menacé par les travaux et  davantage encore par l’implantation des éoliennes

La liste des espèces vivantes et de leurs habitats naturels sur le site, justifie que l’on s’interroge sur l’opportunité de ce projet éolien. à cause de la présence de plusieurs espèces à enjeux de conservation moyens à forts.

  • Oiseaux (Bondrée apivore, Circaète Jean-le-Blanc, Milan noir et Milan royal Alouette lulu, Busard Saint Martin)
  • Chiroptères (Grande Noctule, Minioptère de Schreibers, Molosse de Cestoni, Petit Rhinolophe, Murin à oreilles échancrées, Vespère de Savi et Barbastelle d’Europe, dont plusieurs espèces bénéficient d’un plan national d’action (PNA). 

Enfin rappelons que la <Convention de Florence, ratifiée par la France, énonce que le paysage « constitue un élément essentiel du bien-être individuel et social, et … sa protection, sa gestion et son aménagement impliquent des droits et des responsabilités pour chacun. » Les éoliennes, plantées sur les lignes de crêtes, seront présentes à tout instant. Le jour du fait de leurs hautes silhouette métalliques dénatureront un paysage paisible, et leurs flashes rouges lancinants briseront métronomiquement la sérénité nocturne. 

Ces considérations nous conduisent à émettre un avis défavorable au projet éolien de Puech Moncamp sur les communes de Viane, Espérausses et Berlats. Nous vous invitons à faire de même sur le site de l’enquête publique. N’hésitez pas à vous inspirer de la note que nous vous proposons.

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Les appels d’offre pour les projets d’éolien flottant en Méditerranée doivent être différés !

Parce que les conditions de publication des appels d’offre concernant l’éolien flottant en Méditerranée ne nous semblent pas convenables, Jean Blin et Bruno Ladsous, au nom du collectif TNE-Occitanie Environnement, ont écrit à la CRE (Commission de Régulation de l’Énergie). (Voir ici en PDF)

Parmi les missions, précisées dans le Code de l’énergie, de la Commission de Régulation de l’Energie, autorité indépendante chargée de garantir le bon fonctionnement des marchés français de l’énergie au bénéfice du consommateur, figure la mise en oeuvre de certains dispositifs de soutien aux énergies renouvelables en instruisant des appels d’offre.

Or nous avons le sentiment que les appels d’offres visés par la décision de la ministre de la transition écologique du 17 mars 2022 publiée au JORF du 20 mars 2022 concernant l’éolien flottant en Méditerranée devraient être différés, en ce que leur mise en œuvre dans le contexte précis ne répondrait pas aux principes d’indépendance (vis à vis des industriels et de l’administration), de transparence (des procédures et des décisions) et d’impartialité de cette instance.

Nous attirons également l’attention de la Commission sur l’équation économique inappropriée de ce projet, le rapport de la CPDP/CNDP, qui mènent le débat public, exprime son étonnement par les mots suivants : « Le coût du projet lui-même a été peu abordé par les porteurs de projet ». 

Notre collectif associatif a relevé tout au long du débat public que le facteur de charge moyen annoncé par le maître d’ouvrage du projet, à savoir 50%, est strictement impossible en mer Méditerranée. Et faute d’un retour clair et documenté, TNE Occitanie Environnement a officiellement demandé au maître d’ouvrage de prouver son affirmation.

Aucune réponse n’a été apportée, formellement. Il apparaît ainsi que l’intérêt économique du projet a été volontairement surestimé. Dès lors qui va payer tout ça, sinon le consommateur ? Nous en revenons ainsi à un des objectifs permanents de la CRE, VEILLER à ce que les consommateurs obtiennent le meilleur service et paient le juste prix, un objectif qui en l’espèce ne sera pas atteint. 

De plus, sur le plan environnemental nous n’avons aucune assurance raisonnable que l’environnement sera protégé, contrairement à ce qu’affirme le ministère sans jamais le prouver. 

Ajoutons qu’aucune solution alternative plus favorable aux consommateurs n’a été présentée, ce qui est contraire aux directives européennes. Des alternatives pouvaient être présentées : 

  • Certaines solutions terrestres, donc sans impact sur un environnement marin mal connu, par surcroît plus nettement décarbonées comme le démontre un bilan carbone spécifiquement « éolien flottant » établi à la demande du public par la CPDP. 
  • Un renforcement des solutions en circuit court, ne nécessitant par conséquent aucuns raccordements, des raccordements au prix élevé et aux externalités environnementales fortes résultant de leur multiplication. 

Tout converge donc vers cette idée simple : les appels d’offres visés par la décision de la ministre de la transition écologique du 17 mars 2022 publiée au JORF du 20 mars 2022 concernant l’éolien flottant en Méditerranée doivent être différés. 

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Les collectif TNE-Occitanie Environnement sur les ondes …

Notre collectif a été invité à participer à une émission spéciale de Radio Pays d’Hérault, et RPH Sud en partenariat avec le site https://www.envieabeziers.info/. Une première pour ces animateurs, puisqu’ils se sont spécialement déplacés, avec leur studio, en Haut Languedoc !

Écoutées du littoral à la Haute Vallée de l’Hérault, associatives et ouvertes sur le monde, les Radios Pays d’Hérault travaillent en partenariat avec Radio France Internationale. 

Extraits de l’émission, enregistrée à Goutine de Maur le samedi 12 mars.

Dans ce premier extrait, Emmanuel Forichon y présente le territoire du Haut Languedoc, son lien avec « les gens d’en bas »  et sa biodiversité ;

Dans le second extrait, Jean Pougnet, Michèle Solans, Raymond Alègre et Emmanuel y parlent du « sujet qui fâche » : l’éolien industriel dans nos montagnes.

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Éolien flottant en Méditerranée : un communiqué de TNE-Occitanie Environnement

Un premier ministre qui méprise les concertations que son gouvernement met lui-même en place !

Après nous avoir annoncé, en pleine enquête publique, que la LGV entre Montpellier et Perpignan allait se faire, Mr Castex se permet, en plein débat public sur le sujet, d’annoncer le lancement d’appels d’offres pour construire à l’horizon 2030 des parcs éoliens flottants en mer Méditerranée !

L’annonce se fait le mardi 15 mars, alors que la veille la Commission nationale du débat public (CNDP) invitait à une des dernières phases de discussions sur le sujet ce jeudi 17 mars (1). Ainsi, les 2 appels d’offres lancés par M. Castex s’assoient sur le processus recommandé par la CNDP.

Or, la Commission particulière du débat public avait recommandé un report de ces projets afin de mieux étudier leurs effets sur l’environnement.

Rappel : un point central de la demande du public lors du débat EOS MED – remarquablement animé par la CNDP – était de suspendre l’ensemble du projet dans l’attente d’un retour (sous 3 ans environ) des fermes expérimentales concernant leur impact “réel” sur la biodiversité marine, les oiseaux marins, les cétacés comme le grand dauphin, et bien sûr la pêche ; impacts qui restent méconnus, donc sous réserve d’études environnementales complémentaires. 

Or, ces études préalables sont faibles ou pas réalisées, estiment unanimement les associations environnementales d’Occitanie.

On mène le public en bateau

La Commission Nationale du Débat Public (CNDP) avait précisé que « si l’État décide de poursuivre le projet, la participation du public devra se poursuivre. La CNDP nommera un ou plusieurs garants de la concertation pour cette nouvelle étape. Le rôle du garant est de veiller à ce que les recommandations de la CNDP sur les modalités de la concertation soient suivies d’effet et d’en rendre compte (…) ».

Ce processus pourtant clair semble ici avoir été oublié, et tout se passe comme si le ministère se sentait obligé de jouer à demander l’avis des gens tout en estimant que leur manque de compétences obérait leur jugement. Cette manière de penser n’est pas compatible avec les directives européennes et ne peut conduire qu’à éloigner un peu plus les citoyens qui ont compris qu’on ne les consulte que pour qu’ils valident des décisions déjà prises.

Cette frénésie éolienne que l’on retrouve sur l’éolien terrestre – réf. circulaire Pompili du 26 mai 2021 – ce « quoi qu’il en coûte » et ce passage en force permanent pour servir des intérêts privés qui ne vivent que de privilèges exorbitants du droit commun, sont insupportables.

D’autant plus insupportable que cet éolien ne diminue nullement les émissions de CO2 comme il est apparu lors du débat public.

Nous avons un gouvernement qui vante ses méthodes de concertation et qui n’a aucun respect des avis des citoyens et des professionnels de la mer, puisqu’il n’attend pas que la concertation soit menée à bonne fin pour lancer les appels d’offres.

Pourquoi se précipiter, alors que les fermes expérimentales ne sont toujours pas installées, et alors même qu’au plan national il va s’engager un débat public pour réorienter la Stratégie Énergie Climat en prolongement du débat présidentiel ?

Un chef de gouvernement sans convictions

Etrangement nous avons un premier ministre qui sur le tard promeut l’éolien industriel, alors qu’en tant que conseiller départemental des Pyrénées-Orientales il votait fin 2017 une demande de moratoire, à l’unanimité au sein du conseil départemental.

Ce qui est insupportable dans cette histoire, c’est que tout un chacun sait que ces décisions sont prises la veille de la démission, de fait, de ce gouvernement et du retour probable de Mr Castex dans son village de Prades !!

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Éolien flottant en Méditerranée : pour quoi faire ?

Le 1er Ministre annonce son soutien et le lancement des appels d’offres en 2023 pour l’éolien flottant en Méditerranée (voire ici Éolien flottant en Méditerranée : le gouvernement se décide et organise la filière (Actu Environnement)
En déplacement à Port-La-Nouvelle (Aude), le chef du gouvernement a renouvelé son soutien à cette nouvelle filière stratégique, dans la lignée de son discours de Saint-Nazaire, l’été dernier. « Notre premier objectif doit être de produire de l’énergie issue de l’éolien flottant et notre second objectif est de produire les composants industriels nécessaires en France. » Dans cette optique, le locataire de Matignon a annoncé le lancement de l’appel d’offres pour les deux premiers parcs flottants commerciaux en mer Méditerranée.

Kevin Jeanroy réagit et nous fait part de ses réflexions. 

Cette annonce est un argument électoral, le gouvernement annonce son soutien au projet peu importe si le retour d’expérience des fermes pilotes ne sera pas encore palpable, puisque les premières devraient être mises en service cette même année 2023. 

La décision est donc belle et bien prise depuis longtemps, au moins depuis l’extension du port de Port-La-Nouvelle, la concertation, utile et riche en débat, n’influera pas sur la décision. Par cette annonce, le gouvernement fait du pied à la majorité régionale et aux écologistes “éolien compatibles”. 

L’extension du port de Port-La-Nouvelle va quintupler les capacités de transit de marchandises et cette extension, en grande partie déjà réalisée, n’est en fait justifiée par la région Occitanie que par ce projet d’éolien flottant en mer. Concertation ou pas, l’infrastructure est déjà réalisée, il faudra bien la “rentabiliser” au final. (A lire absolument à ce sujet le dossier sur l’extension du port de Port-La-Nouvelle et le collectif  Balance Ton Port dans le journal trimestriel L’empaillé n°4 dans tous les kiosques d’Occitanie.)

Concernant les zones choisies, ce sont celles les plus proches des infrastructures stratégiques : Fos-sur-Mer et Port-la-Nouvelle, logique, mais on nous a quand même invité à réfléchir à différentes options de zones. Il y a la zone au large du Barcarès et de Leucate qui reste en option pour les futures extensions ou si Fos-sur-Mer se désiste. Rappelons aussi que Port-la-Nouvelle est destiné à devenir le nouveau “hub” de l’éolien flottant … et terrestre car les éoliennes en mer ne sont pas destinées à remplacer celles sur terre.

Nous avons de grande inquiétudes, nous associations de défense de l’environnement et de la biodiversité : nous l’avons dit et redit durant le débat EOS : le danger des pales fait craindre une hécatombe sur l’avifaune marine, l’avifaune migratrice et les chiroptères qui sont aussi des migrateurs. En période venteuse et nuageuse, certains oiseaux ont des techniques de vol qui les met gravement en péril. 

Il y a aussi l’impact sur la faune marine, les poissons, les mammifères marins etc. : les sons produits par ces installations vont perturber nombre d’espèces, (l’eau transporte les sons avec une très grande amplitude), se pose aussi la question des ondes et pertes électromagnétiques mais je ne suis pas ingénieur… 

Le débat public aura tout de même révélé la méconnaissance profonde des services de l’État sur la vie marine et sous marine des espaces potentiellement impactées par les projets.

Il faudrait réfléchir à un mode de production décentralisé pour l’usage des énergies renouvelables, avec de petits générateurs permettant d’adapter sa consommation aux périodes de production. Dans ce cas, les EnRs font vraiment sens et sont synonymes d’émancipation et de modération de la consommation car le soleil et le vent ont tout de même le mérite d’être disponibles quasi partout et à l’infini, mais c’est un modèle qui est à l’opposé du modèle productiviste industriel engendrant dépendance et monopoles.

L’électricité produite par des générateurs utilisant l’énergie du vent et du soleil est par nature intermittente et aléatoire : exploiter ces énergies de manière centralisée, avec des centrales géantes pour alimenter un réseau national et international qui doit être toujours stable et adapter en permanence la production à la consommation, n’est pas le plus logique. 

L’usage pertinent de ces énergies dites renouvelables demanderait un changement complet de notre rapport à la consommation d’énergie. Par contre si c’est pour continuer à surconsommer et à gaspiller comme avant, alors toutes ces installations n’ont rien d’ “écologique” et peu importe si le réseau et les compteurs deviennent “intelligents”.

La déperdition (gros gaspillage d’énergie) liée au transport de l’électricité soulève  un autre vaste débat, celui du stockage de l’électricité par électrolyse via l’hydrogène “vert”.

Les paysages, le calme et la plénitude que l’on peut ressentir en regardant simplement l’horizon marin, l’aménité de la beauté naturelle de ces rivages, n’auront plus rien à voir quand une vingtaine puis une centaine d’éoliennes clignoterons en permanence au large de la côte, ici ou ailleurs. L’inquiétude des acteurs du tourisme et des amoureux des bords de mer est donc aussi tout à fait justifiée.

Quel peut être l’avenir de ces grosses centrales éoliennes géantes tripales, surpuissantes ? Très loin au large et flottant ? Pour faire quoi ? Pour quel modèle énergétique ? Pour alimenter des panneaux de pub télévisuels géants ? 

Kevin Jeanroy

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