Contre les éoliennes, de belles victoires…

Cette semaine, dans l’Hérault et dans l’Aude, de belles victoires sont venues récompenser les luttes de longue haleine que nos associations mènent sur le terrain. C’est un encouragement pour toutes et tous…

Dans l’Hérault, une victoire pour la protection de la biodiversité

Si la protection de la biodiversité est devenue un enjeu national elle relève également de responsabilités territoriales. Lorsque les administrations font défaut, c’est le rôle des associations d’être des lanceurs d’alerte et de porter la lutte jusque devant les tribunaux.

Deux victoires pour les Avant-Monts (zone située à l’est de la Montagne Noire) Ferrières-Poussarou et Riols2.

Il y a à l’origine un projet de ZDE (Zone de développement éolien) comprenant un peu plus de 40 éoliennes, réparties entre le site de Riols dans l’Hérault (déjà 4 éoliennes construites dans le plus grand secret en 2004) et le Pic de Naudech (au-dessus d’Olargues).

A l’époque, il fallait que la ZDE soit approuvée à l’unanimité des communes impactées par le projet. Pour la ZDE des Avant-Monts la commune de Pardailhan s’est opposée et le projet de ZDE n’a pu se faire.

Plus tard, le principe des ZDE est abandonné et les promoteurs peuvent proposer des projets secteur par secteur. C’est ainsi qu’apparaissent les projets de Ferrière-Poussarou et un peu plus tard celui de Riols2.

Nous comprenons qu’en fait le promoteur est en train de nous refaire la ZDE mais il nous la vend à la découpe. On se doute que si les projets de Ferrières-Poussarou et Riols2 passent, c’est toute la zone des Avant-Monts qui sera couverte avec ces machines.

Après 10 ans de lutte et de procédures, l’association Sauvegarde des Avant-Monts avec le soutien de l’association Hurlevent, met un terme au projet de centrale éolienne sur la commune de Ferrières-Poussarou (les deux associations étant toujours soutenues par la commune de Pardailhan qui refuse au promoteur l’accès au site car il est obligé de passer par les chemins communaux du village).

Pour cela, il aura fallu aller jusqu’au Conseil d’Etat qui confirme la décision de la CAA de Marseille qui censurait la décision préfectorale d’autoriser, par dérogation, la destruction d’espèces protégées.

Le projet de parc éolien Riols2, autorisé en 2018, consistait à remplacer les quatre éoliennes existantes du parc de Riols1 (mis en service en 2004 d’une hauteur en bout de pales de 75 mètres) par des éoliennes d’une hauteur en bout de pales de 120 mètres et à édifier cinq nouvelles éoliennes de même hauteur.

Ces neuf éoliennes devant être implantées, selon un alignement d’environ 2 500 mètres celles-ci s’ajoutant aux 10 qui étaient prévues sur le site de Ferrières-Poussarou.

Il ressort des cartes et des photomontages que l’impact visuel cumulé de ces deux parcs éoliens, en imposant une ligne quasiment continue de dix-neuf éoliennes se détachait sur une dizaine de kilomètres sur les crêtes du massif des Avant-Monts, créant ainsi une rupture dans le vaste panorama des paysages du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc.

D’autre part, le site d’implantation du projet est inclus dans la zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique de la Montagne Noire centrale et dans une zone classée à enjeu fort en termes de biodiversité par le schéma régional éolien compte tenu de la présence de nombreuses espèces protégées sensibles au risque éolien.

De plus, les travaux de construction du parc éolien de Riols2, qui comportait outre l’implantation des neuf éoliennes de 120 mètres de hauteur en bout de pales et d’un poste de livraison, la création de voies nouvelles en zone naturelle, nécessitait des défrichements sur environ 96 hectares dont 12 de landes et 31 de bois de feuillus, en entraînant la destruction d’individus et d’habitats de nombreuses espèces protégées.

La société EDF Energies Nouvelles France a déposé (puis retiré) une demande de dérogation à l’interdiction de destruction des espèces protégées et de leur habitat ayant donné lieu le 7 août 2019 à un avis défavorable du Conseil National de la Protection de la Nature qui a estimé que les mesures d’évitement, de réduction et de compensation prévues dans le cadre de l’autorisation du 16 février 2018 d’exploitation de ce nouveau par éolien étaient insuffisantes. 

Enfin, l’exploitation du parc éolien de Riols2 entraînait la destruction d’individus et d’habitats de 54 espèces d’oiseaux dont l’aigle royal et le circaète Jean-Le-Blanc, 19 espèces protégées de chiroptères, dont le minioptère de Schreiber, la sérotine bicolore et le murin de Capaccini, deux espèces protégées d’amphibiens et deux espèces protégées de reptiles.

Le document de référence pour l’énergie éolienne du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc avait classé en zone de sensibilité moyenne le site des Avant-Monts. Ce document précisait également que, quel que soit le zonage, une attention particulière devait être portée aux impacts cumulatifs produits par les projets successifs d’implantation sur la biodiversité comme sur les paysages.

Compte tenu ainsi de sa situation au sein du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc et d’une zone naturelle protégée, sur une crête offrant un vaste panorama tout en le rendant visible lui-même à très grande distance, en particulier à partir des belvédères du Somail et du Caroux, le site d’implantation du projet présentait un intérêt paysager remarquable à protéger. Le PNRHL donne néanmoins son accord pour la construction des centrales de Ferrière-Poussarou et de Riols2.

C’est donc avec sagesse que le Conseil d’Etat pour le projet de Ferrière-Poussarou et la CAA de Toulouse (nous étions défendus par Maître Jean-Pierre Cabrol) pour le projet de Riols2 ont conclu que la protection de la biodiversité de ce territoire passait avant les intérêts du promoteur.

La CAA de Toulouse a été attentive aux avis d’organismes autorisés comme ceux de l’Autorité Environnementale et l’architecte des Bâtiments de France entre autres. Elle a tenu compte également des avis exprimés dans nos mémoires. Compte tenu des enjeux indéniables en matière de biodiversité des Avant-Monts, voilà une nouvelle qui ne peut que nous réjouir.

Dans l’Aude, un refus d’autorisation environnementale

Nous apprenons aujourd’hui que le Préfet de l’Aude a rejeté la demande d’autorisation environnementale présentée par la société SAS Parc des Ailles (Jean-Noël Alquier) sur la commune des Martys pour deux éoliennes de 3MW en complément du projet Ostwind. En pièce jointe un extrait de la décision destiné à l’affichage.  Nous attendons l’arrêté complet.

Ce projet n’ira donc pas en enquête publique.

Cette décision est en parfaite cohérence avec le refus d’autorisation du projet de 4 éoliennes sur les Moussels-Les Ailles, porté par OSTWIND qui fait aujourd’hui l’objet d’un recours du promoteur. L’association est en soutien volontaire du Préfet dans la procédure.

Une victoire de plus pour ceux qui s’étaient mobilisés contre ce projet, habitants, élus et association Vent mauvais.

Les pouvoirs publics ont entendu notre exigence devant la saturation de notre territoire :

Pas une éolienne de plus sur la Montagne Noire !

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L’intérêt économique contre la préservation de l’environnement …

La communauté de communes Lauragais Revel Sorezois a décidé d’apporter son soutien à la société Valorem, porteuse du projet d’extension du parc éolien d’Arfons, dans son recours hiérarchique contre le préfet du Tarn qui a refusé par un arrêté du 18 mars 2022 d’accorder son autorisation à ce projet d’extension sur la forêt de Ramondens. (voir en PDF).

“Le Préfet a pris sa décision sur des arguments plus écologiques qu’économiques” écrivent-ilsC’est plutôt bien non ?

Ce soutien est incompréhensible est scandaleux : l’association Vent mauvais et le Collectif d’habitants et d’élus de Lacombe et Arfons a adressé une lettre ouverte de protestation au Président de cette comcom, Laurent Hourquet, maire de Revel (voir en PDF).

La rigole qui alimente le canal du Midi

L’enquête publique avait recueilli plus de 450 avis défavorables dont l’opposition d’une sénatrice de l’Aude, la délibération de 5 conseils municipaux et l’avis de 6 conseillers municipaux ou maires à titre individuel – tous représentant des communes de la Montagne Noire limitrophes ou proches du projet.

Le maire de Revel est bien loin d’Arfons, la mise en danger des ressources en eau, la menace sur 53 espèces protégées, la détérioration du patrimoine historique, la dégradation des paysages et de la qualité de vie des habitants... ce n’est pas son problème… mais le fric oui !

Plus que jamais, avec l’association Vent mauvais et le Collectif d’habitants et d’élus de Lacombe et Arfons, restons mobilisés contre ce projet qui pourrait ressurgir si le Ministère fait droit au recours de Valorem.

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Quatre villages contre un promoteur éolien (Haute-Garonne)

Les communes de Aignes, Montgeard, Saint Léon et Nailloux en Haute Garonne, ne veulent pas de deux éoliennes de 180 mètres de haut qu’ABO Wind (1) veut installer devant leurs fenêtres.
Déjà cernés par celles de Saint-Félix de Lauragais et les 7 éoliennes de Calmont, élus et habitants leur reprochent, entre autres,

  • qu’elles gâcheraient un paysage sur fond de Pyrénées qualifié de remarquable,
  • que par leur bruit elles nuiraient à la tranquillité de leur commune
  • qu’elles menaceraient plusieurs espèces protégées.

 Les maires des quatre villages ont écrit dans ce sens au préfet pour lui signifier leur refus de voir s’implanter ces deux énormes machines (voir ici en PDF).

Comme le promoteur ABO Wind ne semble pas entendre la voix de la population et de leur association Vents Contraires, les gens sont venus le lui dire de vive voix lors des réunions dîtes d’information (3) que la société a organisée. 

Les industriels sont tenus à une concertation préalable pour présenter leur projet aux habitants des villages qui seront impactés ; la plupart du temps cela se limite à un stand « de pub » avec un ou deux commerciaux. Aucune autre donnée sur le projet n’est mis à l’attention du public, et certainement pas les avis critiques de la Dreal ou Mrae quand c’est le cas !

Celle-ci a alors entendu mais n’a pas bien compris, les assimilant à des opposants à la politique énergétique nationale !  En France, la démocratie veut que des débats contradictoires puissent se tenir… ce qui ne semble pas plaire à ce promoteur.

ABO Wind cherche donc maintenant de nouveaux outils de communication ainsi qu’elle l’a écrit à la mairie de Nailloux par mail et annule toute nouvelle réunion publique (notamment celle programmée le 6 juillet). 

Les promesses de contreparties financières ou les moments de propagande n’ayant pas marché, que va donc trouver ABO Wind pour faire passer un projet rejeté par la population et ses élus ? 

La suite prochainement !

Pour plus d’infos : Christophe Vinson, président de Vents Contraires 07 71 15 37 22 – ventscontraires31@gmail.com.
Avec le soutien du collectif régional Toutes Nos Energies – Occitanie Environnement toutesnosenergies.fr

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Une victoire méritée…

La société JPEE a indiqué le 9 juin 2022 sa volonté de mettre un terme à toute tentative d’initier un projet éolien sur la commune de Lombers dans le Tarn. Ce prospecteur privé d’éolien industriel avait signalé courant 2021, sa volonté d’étudier un projet de parc éolien industriel sur le Vallon de l’Agros, à Lombers.  

Nous avions relayé la constitution et les combats de l’association, LLPP- Lamillarié, Lombers, Poulan Pouzols qui regroupe des riverains des communes de Lombers, 

Profondément inquiets et opposés à l’implantation d’éoliennes industrielles, ils s’alarmaient des risques sanitaires, de la défiguration du paysage et de leur cadre de vie, des contrariétés multiples qu’un site industriel de cette envergure créerait immanquablement. Le voisinage de ce petit vallon agricole, va pouvoir enfin respirer et retrouver un quotidien apaisé, libéré de cette menace d’installation industrielle ! 

Cette victoire est en grande partie due à l’alliance que l’association a su créer avec les propriétaire fonciers.

Le 19 mai une rencontre conviviale avec les propriétaires  avait permis que chacun exprime ses inquiétudes, illustrant combien ce projet était générateur de discordes, de fortes tensions et était réellement anxiogène. À l’issue de cette rencontre, les propriétaires présents avaient indiqué leur volonté de refuser la proposition de l’installateur éolien et de ne pas signer la proposition de bail.  

Forte du positionnement négatif des propriétaires qui se sont engagés pour préserver les terres agricoles, le cadre de vie et la santé de toute une population, l’association LLPP a  pu interpeller le prospecteur éolien JPEE qui a finalement jeté l’éponge. 

Cette mobilisation citoyenne pacifique portée par l’association LLPP illustre la volonté de toute une population de sauvegarder un bien commun, leur attachement à la qualité de leur quotidien de vie et à leur campagne. 

L’association remercie tous les soutiens qu’elle a reçu, celui des propriétaires foncier,  celui du conseil municipal de Poulan Pouzols … Ses membres resteront mobilisés et vigilants pour s’assurer que les intérêts des habitants soient protégés dans le futur contre toutes nouvelles tentatives de projets de parcs éolien industriel sur l’Agros ou sur les communes environnantes. 

Contact & infos : Association LLPP- Préserver notre environnement
Mail : non.eolienneslombers@gmail.com  

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Manif régionale contre les grands projets inutiles et imposés, à Toulouse (Haute-Garonne)

Samedi 25 Juin, à Toulouse, l’Union des Luttes appelle à se rejoindre à 14h00 à Jean Jaurès pour marcher contre les Grands Projets Inutiles d’Occitanie, pour montrer notre détermination à faire face à leur projet criminel. VENEZ NOMBREU.SES !!!!

D’une autoroute à un élevage industriel, d’un barrage à une plateforme logistique géante, de l’abattage d’arbres, isolés ou non, à des fermes photovoltaïques, d’une réouverture de mine à des éoliennes industrielles, du réaménagement d’un port à la destruction d’un site protégé, d’un golf avec son complexe immobilier à l’installation d’un méga transformateur et de ses lignes THT, du déploiement de la 5G à son envahissante technologie numérique, de la criminalisation des luttes à l’injustice sociale… longue est la liste des projets, (actions ou travaux) qui s’approprient et détruisent nos territoires et nos vies.

Dans cette période de crise climatique aux effets toujours plus dramatiques, dans cette période où nous avons acquis la certitude que c’est bien l’humain qui par son action économique et industrielle est le seul responsable de ce profond dérèglement de la mécanique météorologique, dans cette période, qui peut donc comprendre l’entêtement criminel de nos ‘élites’ à maintenir ce cap suicidaire ?
Et l’avenir s’assombrit. En effet notre jupitérien président en nommant sa première ministre, en lui confiant la responsabilité de la planification écologique nous adresse un augure désastreux. Madame Borne ne déclarait-elle pas, alors qu’elle était ministre de la Transition écologique : nous voyons dans la transition écologique une source majeure d’activité, d’innovation, et d’emplois ainsi qu’un puissant levier de réindustrialisation et de compétitivité pour les entreprises.

Et, en Occitanie, ce n’est pas l’activité de ‘Carole aux dents longues’ qui nous rassurera. Son implication dans les projets les plus délétères de la région, comme le réaménagement du port de Port-la-Nouvelle ou l’autoroute Castres-Verfeil, ne laisse planer aucun doute sur ses choix politiques, leurs incidences sur l’aggravation du bouleversement climatique et son mépris pour le peuple.

Pour ces gens là, le changement se pense en fin de mandat au moyen d’éléments de langage savamment construits par quelques experts de la manipulation, de médias entièrement acquis à leurs destructrices causes, et au moyen d’argent, de beaucoup d’argent. Cette masse d’argent n’étant que le renvoi d’ascenseur de grosses entreprises, pas ingrates, pour le petit personnel politique.

De leur coté, les populations rêvent de changement depuis longtemps. Mais comment dans ce monde corseté, réaliser un changement qui soit social, écologique, démocratique ?
Peut-être faut-il expliquer à nos élus qu’ils ne sont pas indispensables. D’ailleurs, un peu partout sur nos territoires des gens tous les jours le leurs démontrent. Ensemble, ils se rassemblent pour contrer leurs projets insensés. Ensemble, ils réfléchissent, agissent et montrent, qu’ils sont responsables et capables d’analyser, proposer, s’opposer, produire de l’intelligence. Cette intelligence qui semble faire défaut à nos vaniteuses élites.

Pour s’opposer à tous les représentants de cet État qui a pris fait et cause pour la destruction, la ruine, la misère… Tous ces groupes se retrouveront le 25 juin à Toulouse pour marcher de Jean Jaurès au Conseil Régional en passant par la Préfecture. Ils en profiteront pour partager leurs expériences, leurs projets, leurs espoirs et, surtout, lancer un NON retentissant aux dures oreilles des prédateurs de la Vie.”

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Transition écologique, ou transition énergétique ?

Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, la France dont le mix électrique est décarboné a deux objectifs prioritaires : réduire les gaspillages d’une énergie rare et chère tout en investissant dans l’efficacité énergétique, et développer les renouvelables non électriques (réseaux de chaleur) tout en encourageant les circuits courts.

Avec pour fil rouge le respect de l’environnement, selon la décision du Conseil Constitutionnel qui a confirmé le 31.01.2020 la primauté de la protection de la santé et de la protection de l’environnement, patrimoine commun des êtres humains https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2020/2019823QPC.htm 

Or, implantées à marche forcée en s’appuyant sur un corps procédural spécifique dérogatoire, ignorant les règles d’harmonie qui président à l’aménagement du territoire, les électricités renouvelables impactent de manière négative l’environnement. Pourtant, le respect de la Charte de l’Environnement, de niveau constitutionnel, s’impose à la politique sectorielle de l’énergie.

En réalité, chacun sait que l’éolien et le solaire ne seront acceptés que s’ils sont mieux encadrés au plan procédural afin de respecter l’environnement et en particulier la biodiversité. C’est pourquoi le moment est venu de renforcer les exigences envers les opérateurs en matière d’évaluation environnementale et d’application rigoureuse de la séquence ERC (Eviter-Réduire-Compenser).

  • Il est temps de renforcer le droit pour l’Etat de refuser un projet tout en informant parfaitement le public sur la base d’études incontestables.
  • Un autre projet majeur est de créer un Défenseur de l’Environnement, sur le modèle du Défenseur des Droits.
  • Former également à la question environnementale les autorités décisionnaires mais aussi les juges.

C’est un peu tout cela qui figure dans l’interview de notre ami Bruno Ladsous publié par le Cérémé https://www.youtube.com/watch?v=9o4noZk1PRs , interview diffusée par Radio Avallon et réalisée par Christophe Normier, conseiller régional de Bourgogne-Franche Comté.

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Les énergies renouvelables contre la biodiversité : l’Europe fait un mauvais choix….

Pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles russes, la Commission européenne souhaite exempter les énergies renouvelables des évaluations d’impact sur l’environnement et faciliter les autorisations de destruction d’espèces protégées. Ce choix affaiblit gravement la législation sur la protection de l’environnement. 

Voici les dispositions les plus contestables de la recommandation du 18/5 relative à l’accélération des procédures d’octroi de permis pour les projets dans le domaine des énergies renouvelables et à la facilitation des accords d’achat d’électricité. (Ici la traduction en français)

  • 2 Les États membres devraient veiller à ce que la planification, la construction et l’exploitation d’installations de production d’énergie à partir de sources renouvelables, le raccordement de ces installations au réseau d’électricité, de gaz et de chaleur et au réseau connexe proprement dit, ainsi que les installations de stockage, soient présumés relever d’un intérêt public supérieur et d’un intérêt de sécurité publique  et puissent bénéficier de la procédure la plus favorable parmi leurs procédures de planification et d’octroi de permis,
  • 6. Afin de faciliter l’adoption de technologies innovantes, les États membres devraient permettre aux demandeurs de mettre à jour les spécifications technologiques de leurs projets entre le moment où la demande de permis est introduite et celui de la construction des projets
  • 9. Les États membres devraient mettre en oeuvre des procédures simplifiées d’octroi de permis pour les communautés d’énergie renouvelable, 
  • 13. Les États membres devraient introduire des règles selon lesquelles l’absence de réponse de la ou des autorités compétentes, dans les délais impartis, entraîne l’acceptation d’une demande donnée
  • 21. Les États membres devraient rapidement recenser les zones terrestres et maritimes adaptées aux projets dans le domaine des énergies renouvelables,
  • 22. Les États membres devraient limiter au minimum nécessaire les «zones d’exclusion», dans lesquelles les énergies renouvelables ne peuvent pas être développées.
  • 23. Les États membres devraient rationaliser les exigences en matière d’évaluation des incidences sur l’environnement
  • 24. Les États membres devraient veiller à ce que la mise à mort ou la perturbation d’espèces données d’oiseaux sauvages et d’espèces protégées au titre de la directive 92/43/CEE du Conseil(12)ne fasse pas obstacle au développement de projets
  • 28. Les États membres devraient établir des procédures simplifiées pour le rééquipement des installations existantes

« Nous sommes très inquiets », réagit Yves Vérilhac, directeur général de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Le déploiement des énergies renouvelables devrait se faire « en supprimant les barrières bureaucratiques, et non en affaiblissant la législation sur le protection de l’environnement », estimait Green 10, coalition de dix associations de protection de l’environnement, dans un courrier adressé la veille de la présentation du plan REPowerUE au vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans.

« Nous sommes profondément préoccupés par le fait qu’une exemption générale des énergies renouvelables des évaluations d’impact sur l’environnement (EIE) dans les zones prioritaires et la proposition de déclarer toutes les énergies renouvelables comme étant d’intérêt public supérieur risquent de saper les réalisations de l’UE et de faciliter la déréglementation »,

La recommandation ayant été publiée, il reste à voir comment le nouveau gouvernement français va s’en emparer. On pourra s’en faire une première idée après la réunion organisée, le 13 juin, par la Commission européenne en vue de décliner ses annonces. Seule la sobriété énergétique peut concilier limitation du réchauffement climatique et préservation de la biodiversité, aussi nécessaire l’une que l’autre. 

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Attention … REPOWERING !

Renouvellement des éoliennes terrestres et « repowering »

Le développement de l’éolien industriel en Occitanie s’est effectué sous la pression constante des opérateurs de la filière et a profité d’un encadrement bienveillant et souvent déficient de la part des autorités. La publication récente des arrêtés RIET (Réduction des Impacts de l’Eolien Terrestre) par les préfets de trois départements de la région manifeste une prise de conscience, certes tardive, de cette situation sur laquelle nos associations alertent depuis bientôt deux décennies.

La Région affiche la perspective 2050 d’un triplement des capacités se traduisant par un doublement des éoliennes plus un certain « repowering » ; le renouvellement des plus anciennes se met en place progressivement ; l’Etat dessine une carte des « zones favorables à l’éolien », ; il est urgent de voir comment les autorités publiques pourraient éviter les erreurs de la période précédente.

Le « repowering » peut certes permettre d’augmenter la puissance installée sans augmentation du nombre des installations, encore faut-il vérifier qu’il ne génère pas de nouvelles nuisances. De même faut-il d’ores et déjà envisager de supprimer certaines implantations dont les impacts se seront avérés particulièrement forts (couloirs de migrations et zones sensibles) ou inappropriés (présence dans des Biens Unesco)

Afin de ne pas aggraver la situation des habitants, de la biodiversité et du patrimoine naturel et paysager à l’occasion du renouvellement des éoliennes industrielles, le repowering ne peut se concevoir que moyennant les garanties suivantes :

  • L’opérateur doit s’engager à ne pas augmenter les émissions sonores
  • L’opérateur doit s’engager à ne pas augmenter les hauteurs, compte tenu de l’impact paysager
  • Toute augmentation du diamètre du rotor devra faire l’objet d’une nouvelle étude d’impact, 
  • Le remplacement des éoliennes doit se réaliser sans augmentation de la surface de sol artificialisé et d’espace naturel modifié
  • Tout renouvellement d’éoliennes industrielles au sein d’espaces à forts enjeux de biodiversité ou proches d’habitations, doit désormais être considéré comme présentant un caractère de modification substantielle.
  • Le repowering devrait permettre d’augmenter la production tout en réduisant le nombre des installations. 
  • L’information des habitants, et particulièrement les riverains d’un projet de repowering, doit être garantie par les autorités.

Pour lire texte complet : voir ici le PDF. N’hésitez pas à faire remonter vos expériences et vos suggestions.

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Greenwashing : une note de lecture

Emmanuel Forichon a lu GREENWASHING Manuel pour dépolluer le débat, par Aurélien Berlan, Guillaume Carbou et Laure Teulières, Anthropocène SEUIL mars 2022

Le greenwashing, nous baignons dedans, parfois sans nous en rendre compte, souvent par l’effet de la « fabrique du consentement ». On flatte notre besoin de « zone de confort » :

  • – On va seulement changer la motorisation de notre bagnole individuelle,
  • – On va seulement coller sur la bouffe des étiquettes HVE et autres nous garantissant une alimentationsaine, etc.
  • – Pas d’angoisse, on sait capturer le CO2, la croissance verte va créer plein d’emplois, etc., etc.

Le greenwashing opère subtilement par vérouillage de la pensée qui se traduit par une logique reposant sur 3 piliers : économisme, solutionnisme technologique et pensée en silo.

1. L’économisme : on finit par nous faire croire que seuls les mécanismes de marché peuvent faire fonctionner la société (rentabilité, compétitivité, concurrence libre et non faussée, croissance…), qu’on peut tout marchandiser, transformer en « produits financiers » y compris des « services écosystémiques » de la nature, faire de chaque collectivité un investisseur et de chaque citoyen un actionnaire.

2. Le « solutionnisme technologique » vient en complément pour nous rassurer parce qu’il trouve des solutions à toutes les menaces climatiques et autres qui sont autant d’opportunités pour les investisseurs.
La recherche, par les grands investisseurs, de produits financiers dans le secteur porteur de la « transition énergétique industrielle » a pour principale raison la crainte de voir leurs actifs mis en difficulté parce qu’ils ne répondraient pas aux « enjeux du changement climatique » . Le volume de ces investissements et la dimension industrielle des solutions ainsi financées, ont pour effet de ridiculiser toute les tentatives d’alternatives. En même temps ces investisseurs et leurs partenaires industriels font le lobbying nécessaire pour déréguler le secteur de l’énergie.

3. La pensée en silo : c’est le contraire d’une pensée systémique et ça laisse croire qu’on peut traiter les problèmes par secteur.
On développe du PV ou de l’éolien pour produire de l’énergie « décarbonée » et on ne prend pas en compte le CO2 produit par les centrales thermiques compensant l’intermittence, ni les problèmes posés par l’extractivisme minier ;
On produit des agrocarburants au détriment de la production agricole vivrière, ou encore on prétend que le photovoltaïque sur terres agricoles fournit des « services agronomiques », et on artificialise des sols et on déprécie des activités agricoles, etc.

Le greenwashing récupère tout, même la biodiversité, transformée en outil de gestion :

  • Une bande enherbée en bordure de champ permet d’épandre des phytosanitaires sur des centainesd’hectares,
  • La compensation permet de détruire ici en restaurant là,
  • La « neutralité carbone » de l’aviation est assurée en faisant planter des arbres clonés et en chassant leshabitants des zones de reboisement industriel, etc.

Ce que les greenwashers ne nous disent pas : par exemple il faudrait un département français entièrement couvert d’éoliennes pour fournir en hydrogène les seuls vols au départ de Roissy… ou 10 % de la surface agricole française pour les faire voler en agrocarburant.

Tout réduire à l’empreinte carbone et pire encore au CO2 comme unique cible de réduction des impacts de la prédation industrielle, c’est laisser le champ libre à de nouvelles menaces sur la santé de la Planète et de la population : nouvelles pressions sur les ressources naturelles, sur la biomasse, sur les fonctionnalités des sols agricoles et forestiers, etc.

Il est urgent de rappeler qu’une conception systémique de la transition écologique doit redonner toute sa valeur au travail humain face à la financiarisation et à la dématérialisation généralisées, rendre leur rôle aux processus agrobiologiques face à l’artificialisation des sols et à l’industrialisation de la chaîne alimentaire, enfin, laisser s’épanouir la biodiversité et restaurer ainsi la santé des milieux de vie et la santé des humains.

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Pas de projets photovoltaïques sur des terres agricoles, forestières et naturelles

La position de France Nature Environnement-Midi Pyrénées

Les enjeux climatiques et de préservation de la biodiversité fondent les positions de FNE MP sur le principe de sobriété notamment énergétique, sur la nécessité de l’abandon des énergies fossiles et nucléaires, sur le recours aux solutions fondées sur la nature.
Confrontée aux questions posées par le développement du photovoltaïque et plus particulièrement à la multiplication de projets sur sols agricoles, forestiers et naturels :

  • FNE MP souhaite que, pour limiter les conflits d’usage des sols et préserver la biodiversité, l’implantation du photovoltaïque se réalise et soit encouragée uniquement sur les réserves foncières considérables, à moindres enjeux environnementaux , que sont : toitures et façades des bâtiments résidentiels, publics, agricoles et tertiaires, parkings et ombrières, friches industrielles (certaines friches pouvant toutefois présenter un grand intérêt écologique), sites et sols pollués, mais aussi, réseau de transport, tranchées routières ou ferroviaires, gares ferroviaires, zones d’activité économique, etc., dont les potentiels sont suffisants pour assurer les objectifs de production photovoltaïque en Occitanie.
  • FNE MP s’interroge sur le fait que, malgré une problématique particulièrement marquée en Occitanie, d’artificialisation des sols et d’érosion de la biodiversité, de nombreux projets visent des zones naturelles, agricoles et forestières.
  • FNE MP alerte sur cette situation, d’autant plus problématique qu’aucune statistique ni aucun observatoire n’ont été mis en place pour documenter la nature des terrains choisis, ni pour maîtriser cette tendance, ni pour mesurer d’une manière indépendante ses impacts environnementaux, sociaux et économiques.
  • FNE MP tient à rappeler la vocation première, nourricière, de l’activité agricole et les véritables services agronomiques de l’agroécologie, notamment en matière d’atténuation climatique, d’amélioration des sols, de biodiversité et de production agricole.
  • FNE MP affirme qu’une conception systémique de la transition écologique doit permettre d’éviter qu’un impératif énergétique ne vienne imposer un modèle d’agriculture. La notion d’ « agrivoltaïsme » que nous récusons, entre en contradiction avec les démarches de transition écologique dans le monde agricole, la recherche, les circuits alimentaires, impliquant des rapports renouvelés avec la terre nourricière, l’eau, la biodiversité et les paysages, et de nouveaux types de relations entre ces divers acteurs.
  • L’« agrivoltaïque » présenté dans le récent rapport de l’ADEME comme une opportunité s’inscrit dans la liste des trop nombreuses injonctions faites au monde agricole, dont celle de produire de l’énergie. De nombreux agriculteurs et agricultrices se tournent vers l’agriculture paysanne, l’agroécologie et le bio ; ils y trouvent un sens à leur métier et une raison de confiance dans l’avenir. En faire des « énergiculteurs », c’est vouloir les rendre dépendants d’une technologie, de tout un système industriel et de risques, notamment financiers, pour leur avenir.Conserver les terres agricoles c’est garantir leur vocation nourricière. Préserver les terres naturelles et forestières, c’est permettre à la biodiversité de s’épanouir et réduire les risques environnementaux. On génère ainsi des bénéfices pour la santé physique et mentale des agricultrices et agriculteurs comme de l’ensemble de la population. Ces espaces et les rapports que nous entretenons avec eux, nourrissent notre culture et font partie de notre patrimoine commun.

Un document plus complet , avec analyse du rapport de l’ADEME, des projets de textes réglementaires sur le PV sur “sols NAF” ainsi que de nombreuses citations pouvant être utiles à des associations en lutte contre des projets PV au sol, est accessible sur https://www.fne-midipyrenees.fr/2022/05/20/note-de-positionnement-quant-aux-projets-photovoltaiques-sur-des-terres-naturelles-agricoles-et-forestieres/

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