Les associations dénoncent les reculs du gouvernement et l’appellent à ouvrir une discussion sérieuse

Dans une précédente édition nous vous disions notre espoir de nous faire entendre. Nous n’avons pas pour habitude de personnaliser nos critiques, estimant qu’il faut toujours juger les actes plutôt que les personnes. Mais cette fois, à l’évidence la nouvelle ministre, Barbara Pompili, a donné des instructions à ses services pour durcir l’application coûte que coûte du décret PPE de sa prédécesseur.e.

En clair, les opérateurs ont eu tout ce qu’ils voulaient, et les associations ont été strictement non écoutées : le  ministère s’est montré en connivence avec les opérateurs, et en éloignement absolu des perspectives ouvertes par Mme Wargon en août 2019 à Rullac (Aveyron).

Que faut-il retenir ?

1. la direction énergie est inféodée à FEE et SER :

Elle ne s’en rend plus compte tant elle est animée par un seul objectif : réaliser les objectifs éoliens du décret PPE. Notre ami Bruno Ladsous qui participait à la réunion a marqué dans son intervention combien les interpellations “Sophie par ci, Jean-Louis par là” marquaient une proximité qui n’était pas acceptable. Les intéressé.es n’ont pas aimé, au moins aura-ce été dit.

Il a également rappelé combien étaient regrettables les Infox délibérément fournies par la ministre au Président de la République, ainsi de ces fort improbables “15 Mt de CO² évitées en 2019 grâce à l’éolien”, avec pour réponse : “écoutez, nous avons pris les calculs de RTE, contestez-vous les chiffres de RTE ?”  “Mais oui, Madame la directrice, nous contestons ce chiffre.”

2. les associations ont été amenées à réagir dans les termes suivants :

  • Ce GT éolien est l’histoire d’une occasion manquée, une chance de perdue : vous aviez la chance d’avoir des associatifs du patrimoine et des riverains, des gens vous faisant des propositions, il fallait les écouter.
  • Le cœur de cible de ce GT éolien, c’était l’acceptabilité (réf. Wargon/ Borne 2019, Macron 14 janvier 2020 à Pau). Vous avez malheureusement transformé cet objectif de travailler l’acceptation en un autre objectif : libérer des territoires aux opérateurs et inventer des procédures dirigées sur le seul objectif de faire du chiffre.

D’autant plus regrettable que l’éolien ne réduisait pas les émissions de CO² bien au contraire.

  •  19 projets et propositions n’ont pas été traités, et certains projets positifs ont en outre été détournés, ainsi de la cartographie des enjeux soudainement passée sous la responsabilité du préfet de région alors qu’il était convenu que ce serait piloté par le préfet de département.
  • Au bout du compte, il y a dans ces décisions du 8 décembre tout pour les opérateurs, et strictement rien pour les riverains et les associations. 

Cette réunion-ci ne peut donc pas être conclusive. Vous ne mesurez pas assez le rejet total et croissant de la population de ces projets. Ni leur impact sur la biodiversité et l’environnement. Il vous faut donc repartir sur de nouvelles bases et ouvrir une discussion pleine et sincère sur les 19 sujets que vous avez écartés. 

La directrice, un peu embarrassée, n’a pas répondu, bien que certains participants notamment la LPO, aient fortement abondé sur deux points majeurs : pas de cartographie au niveau du préfet de région sous la férule de la ministre, et nécessité de reprendre la discussion sur de nouvelles bases.

La filière a alors fait semblant – ça se voyait – de se fâcher sur un sujet : le correctif envisagé par la DGEC sur la densité éolienne, calculé en nombre de mâts/ km² dans un rayon de 5 km autour du parc. Un correctif qui ne répond nullement aux demandes de nombreux élus régionaux et départementaux (y compris le Conseil départemental des Pyrénées-Orientales).

Le plus grave est ici : un projet d’introduire dans le projet de loi “Climat et résilience” une déclinaison régionale des objectifs chiffrés de la PPE, sur la base des zones propices que les préfets de région auront «proposé » à la ministre. 

Extrait du diaporama du ministère :

La combinaison de ces deux diapos constitue un retour en arrière (il avait été acté que l’élaboration des cartographies serait assurée au niveau du préfet de département) et un passage en force pour imposer des quotas dans les territoires jusqu’au niveau intercommunal, ce qui ne peut qu’aboutir à exacerber les résistances. Le ministère fournit ainsi aux préfets de région et à leurs DREAL une tenaille qu’ils n’avaient pas, donnant à la PPE qui n’était pas opposable en tant que telle une dimension prescriptive qu’elle n’avait pas vraiment jusqu’ici.

3. les associations, rejointes par les VMF (Vieilles maisons françaises, 20 000 adhérents)  ont publié un communiqué dénonçant les projets du gouvernement :

  • D’une manière générale son refus d’entendre les populations
  • Qu’il ait écarté les 19 projets présentés par les associations
  • Ce nouveau projet de quotas éoliens dans les territoires

Leur appel à reprendre les discussions, cette fois sérieusement, sera-t-il enfin entendu ?
À ne pas écouter le peuple, le gouvernement et la ministre prennent des risques immenses.

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