Le bilan du CO2 avec les panneaux photovoltaïques

Philippe Gouze est membre du conseil municipal de son village. Assiégé par des promoteurs photovoltaiques, il a voulu en savoir plus sur les avantages du photovoltaïque. Il a donc réfléchi au “retour sur investissement” en CO2 des systèmes photovoltaïques. Voici le résultat de ses recherches que nous publions aujourd’hui avec intérêt.

Apparemment, c’est top secret. Nul n’en parle, aucune démonstration dans internet. On n’arrive à trouver des informations qu’avec beaucoup de mal, et ce n’est jamais clair… L’exemple (le plus clair) sur le site de l’ADEME et de l’état (et qui fait la promotion du solaire) précise ceci :

« Lors de la fabrication, l’impact le plus important sur l’environnement est dû à la consommation d’énergie. En effet, une partie importante de l’énergie utilisée est issue de combustibles fossiles, à l’origine de l’épuisement des ressources fossiles, de l’émission de gaz à effet de serre et de l’émission de résidus de combustion provoquant pluies acides et dommages respiratoires. Dans le cas particulier du silicium cristallin, cette consommation est principalement due au très énergivore procédé de production de silicium polycristallin en réacteurs Siemens.
L’ensemble des dépenses énergétiques peut être exprimé en énergie primaire. L’énergie primaire est l’énergie puisée dans les ressources naturelles telles qu’on les trouve à l’état brut (pétrole, gaz, charbon, uranium, soleil, vent, biomasse etc.). Cette unité permet de prendre en compte les pertes inhérentes au mode de production d’énergie utilisée. Pour du silicium cristallin, il faut compter 
30 à 35 000 MJ d’énergie primaire par kWc pour un système photovoltaïque complet. Exprimé autrement, on comptera environ 2500 kWh d’énergie finale (l’électricité facturée au compteur par exemple) par kWc installé.
L’énergie grise d’un système photovoltaïque, exprimée en énergie primaire, permet de calculer 
le temps de retour énergétique, par rapport à l’énergie habituellement utilisée à laquelle se substitue la production photovoltaïque. Il est généralement admis qu’il faut en moyenne 2 à 3 ans à un système photovoltaïque pour produire autant d’énergie qu’il en a fallu pour le fabriquer, cette durée étant fonction de l’ensoleillement. Bien entendu, les technologies se perfectionnant sans cesse, l’impact environnemental diminue à mesure que le rendement des cellules augmente et que les concepteurs de systèmes prennent soin d’optimiser la production. »

Après, on a bien du mal à retrouver ses petits… Des graphiques, des comparaisons, mais pas de bilan complet…Nulle part, une information concernant le CO2 économisé sur le cycle de vie d’un panneau photovoltaïque. Finalement, nulle part une information concernant l’intérêt de produire des panneaux photovoltaïques pour économiser du CO2.
En fait, un seul élément (sans justificatif et « généralement admis ») permet d’avoir une approche rationnelle : « L’énergie consommée pour la fabrication de panneaux photovoltaïques est récupérée en 2 à 3 ans ». 

Ainsi on peut induire que le CO2 émis lors de sa fabrication sera compensé au bout de 2 ou 3 ans, et qu’ainsi on pourra ainsi éviter d’émettre du CO2 après ces 2 ou 3 ans. Les panneaux photovoltaïques contribueraient alors à la réduction des GES et de l’élévation de température de l’atmosphère.
Malheureusement, on fabrique en Chine avec de l’électricité qui émet 14 fois plus de CO2 qu’en France (760g/kWh en Chine, 56g/kWh en France). 

En considérant qu’on utilisera uniquement de l’électricité pour fabriquer les panneaux (hypothèse simplificatrice), on mettra donc 14 fois 2 à 3 ans, pour compenser en France, la production de CO2 en Chine. Soit de l’ordre de 28 à 42 ans. A comparer à la durée de vie annoncée des panneau (30 ans) et à la durée d’achat à tarif préférentiel (20 ans).
Cela sans compter tous les frais annexes : maintenance, démantèlement, etc…

Autrement dit, investir dans les panneaux photovoltaïques contribue à : 

  • Une augmentation du CO2,
  • L’utilisation de ressources fossiles (principalement lors de sa fabrication)

Ce n’est pas ce qu’on peut appeler une énergie verte !

Comment comprendre cet engouement pour cette énergie que la plupart des gens considèrent comme verte ?

Les industries financent des bureaux de recherche ou d’études qui produisent des brevets et inventent des procédés nouveaux. L’application de ces ‘inventions’ permet d’avoir un avantage concurrentiel qui débouche sur la commercialisation de produits destinés à augmenter le chiffre d’affaire et la marge.

Les lobbys industriels peuvent aussi convaincre les politiques non spécialistes ni techniciens, de l’intérêt de favoriser une filière avec par exemple des subventions.
Les industriels utilisent à la fois le lobbying et la recherche technique en général.

En France, il n’y a pas d’industrie finançant de la recherche technique sur les sujets du solaire et de l’éolien. Les lobbys (promoteurs solaires ou éoliens) sont donc les seuls acteurs économiques de ce système. Ainsi, avec une dépense minimale (le lobbying), ils bénéficient des subventions, et ils en vivent très correctement.

Leur discours est le suivant : 

  • C’est une énergie propre : les panneaux solaires ne rejettent pas de CO2 (ce qui est parfaitement vrai pendant leur utilisation),
  • C’est rentable (en 2 à 3 ans suivant le raisonnement de l’ADEME),
  • C’est une énergie renouvelable,
  • C’est mieux que le nucléaire qui rejette des déchets et qui utilise une ressource non pérenne. En plus, il y a eu Fukushima et Tchernobyl.

Autrement dit : de la bonne conscience, de l’argent, du durable et c’est propre.
Mais dans la réalité, les choses ne sont pas aussi belles :

  • C’est une énergie sale car elle émet plus de CO2 qu’elle en économise car les panneaux sont fabriqués dans un pays qui rejette beaucoup de CO2 et utilisé dans un pays qui en rejette peu, 
  • Ce n’est pas rentable pour les consommateurs : les subventions obligatoires finançant les installations sont payées par tous les utilisateurs d’électricité via la CSPE de chaque facture,
  • Cela utilise des ressources minières non renouvelables principalement lors de la fabrication,
  • Cela peut être dangereux « Lors d’un incendie, le tellurure de cadmium nécessaire dans la fabrication des panneaux dégage un gaz hautement toxique », ce que tous les spécialistes n’ignorent pas.

Tout n’est pas négatif pour autant : les panneaux photovoltaïques peuvent être utiles lorsqu’il n’y a pas de réseau disponible (mais il faut lui adjoindre des batteries). 
Si l’on fabrique les panneaux au même endroit qu’on les utilise : dans ce cas, il y a une réduction du CO2 émis dans l’atmosphère.
Ils peuvent aussi permettre à la France de se décarboner localement en exportant son CO2 en Chine.

C’est vrai qu’on peut aussi profiter des subventions pour se faire de l’argent facilement… Ca rapporte davantage que la vigne et c’est moins fatigant ! Difficile de résister !

Ce contenu a été publié dans Informations diverses. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

3 réponses à Le bilan du CO2 avec les panneaux photovoltaïques

  1. Claire Moussalli-Martinet dit :

    Merci pour cette étude !!!!!!!!!!!!

  2. REBOURG Jean-Jacques dit :

    Merci pour ces explications claires et précises, je penses qu’il ne nous reste plus qu’à pédaler pour entraîner une génératrice pour produire de l’électricité et surtout réfléchir sur le bien fondé de notre consommation personnelle et collective.

  3. Mulliez dit :

    Monsieur Gouze écrit :
    “car les panneaux sont fabriqués dans un pays qui rejette beaucoup de CO2 “. Il ne faut considérer que le CO2 produit pour la fabrication des panneaux, et non pour le pays considéré.
    “Ce n’est pas rentable pour les consommateurs”. Certes ils participent à son financement via la CSPE, mais ils bénéficient bien plus de la diminution des sommes considérables dépensées résultant du réchauffement climatique.
    “Cela utilise des ressources minières non renouvelables principalement lors de la fabrication”. .D’abord le silicium est un élément quasiment inépuisable, présent dans la silice.Ensuite lors de la fabrication si des “ressources minières”sont utilisées ( lesquelles?) ,justement on en utilise de moins en moins avec les énergies renouvelables.
    “Cela peut être dangereux « Lors d’un incendie… “. Effectivement, mais il convient de relativiser : il y a bien d’autres gaz “hautement toxiques” et les capteurs solaires ne brulent pas comme ça.
    Restent les 4 points cités en faveur des panneaux.

Répondre à REBOURG Jean-Jacques Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *