Le livre sur les énergies renouvelables (1° chapitre)

Et d’abord, économiser l’énergie…

Ce chapitre est volontairement court. Il est indispensable certes d’évoquer cet aspect du problème, mais notre objectif est surtout la production d’énergie.On ne peut aborder la question des énergies renouvelables, souvent budgétivores, sans envisager d’abord d’économiser l’énergie. « La meilleure des énergies, c’est celle qu’on ne consomme pas ».

Et la première des solutions, c’est l’isolation thermique des bâtiments. Un immeuble bien isolé consomme cinq fois moins d’énergie. Et évite qu’on ait à en produire.
La mise en œuvre de solutions architecturales, comme par exemple la maison bioclimatique, et l’utilisation de certains types de panneaux solaires translucides renforcent les économies et permettent d’aboutir à des immeubles à énergie positive, indépendants pratiquement à 100 % des réseaux de distribution d’énergie. De même, il existe des quartiers à énergie positive.

Mais il en existe bien d’autres façons d’économiser l’énergie :

  • i.rechercher une sobriété optimale de matière et d’énergie de façon à aboutir à une économie économe…
    favoriser le frêt ferroviaire, la navigation fluviale…
    acheter local, éviter le gaspillage de nourriture…
    multiplier les bourses d’échange, les ressourceries…
    utiliser de nouveaux procédés technologiques dans les industries énergivores (cimenteries,pétrochimie…)
    On peut aussi économiser en rendant les moteurs et les machines plus efficaces (diminution de la consommation de carburant aussi bien dans les véhicules sur terre que dans les avions…). C’est ce qu’on appelle l’efficacité énergétique.
  • ii.des choix techniques dans différents domaines, comme le traitement de déchets, l’agriculture, l’architecture (cf. plus haut : les éco-quartiers, les immeubles à énergie positive …), les écogestes…, les ampoules LED, les aspirateurs sans sacs, le low-tech… de solutions permettant de capter la chaleur, dont les murs capteurs et les murs-trombes (un espace sous verre à peu de distance d’un mur permet d’accumuler la chaleur)…
  • iii. des choix de vie : il faut ré-examiner le gigantisme, celui des villes, des agglomérations de plus en plus tentaculaires…, le tourisme de masse qui implique un trafic aérien démesuré, des navires de taille démente et hyper-polluants, la sursaturation de sites et de zones touristiques. La simplicité et la modestie seraient de mise et permettraient d’éviter d’avoir à gérer de manière coûteuse des problèmes de déchets et de pollution. On a pris la mauvaise habitude de mettre en place des monstres et de vouloir encore les développer davantage.
  • iv. envisager la décroissance ? Il est de plus en plus difficile d’admettre qu’on consomme indéfiniment plus que la planète ne contient de ressources…
  • v. On pourrait aussi faire des choix d’investissements qui tireraient la consommation d’énergie vers le bas, comme par exemple, l’aménagement de pistes cyclables, une nouvelle structuration des transports en commun… promouvoir le télétravail, le co-voiturage…,
  • vi. Au total, on peut aboutir à des résultats intéressants en recherchant la sobriété et l’efficacité.

La difficulté, cependant, est le trop peu de volonté des populations de renoncer à leur mode de vie ou à leurs aspirations au développement. Seule une contrainte, provoquée par une grave pénurie d’énergie par exemple, semble pouvoir changer la donne dans ce domaine.

Nous pourrions développer tous ces thèmes qui sont parfois aussi importants que le développement des énergies renouvelables lui-même, mais tel n’est pas notre choix. Cette tâche est immense et nous avons décidé de nous limiter à celle qui consiste à analyser les sources d’énergie renouvelables et à essayer de déterminer dans ce domaine ce qui est bon pour nos besoins et pour la planète.

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3 réponses à Le livre sur les énergies renouvelables (1° chapitre)

  1. Mulliez dit :

    Très bien, mais la dernière phrase ( “SEULE une contrainte”) est problématique: plutôt s’orienter par des incitations, notamment par une tarification par tranches progressives ( comme l’impôt …) , la démonstration par des réalisations modèles, une prise en charge par un service public plutôt délocalisé ( régies municipales par exemple) etc., etc… et au bout du compte une véritable Démocratie, surtout directe par projet ( notamment RIP).
    Les méga(lo)poles ne résultent elles pas des systèmes de production d’énergie énormes , qui favorisent le gaspillage et l’augmentation de la population ( voir les 4 articles récents sur ce thème dans le journal en ligne Reporterre) ??

  2. Attia jean-jacques dit :

    Bonjour,
    mon commentaire sur l’introduction du livre n’est toujours pas publié, mais la période des congés n’est peut-être pas favorable…
    Sur le chapitre “d’abord économiser l’énergie”, je relève la même phrase que M. Mulliez, qui annonce l’écologie punitive…, mais le début de la phrase me pose aussi problème :
    “La difficulté, cependant, est le trop peu de volonté des populations de renoncer à leur mode de vie ou à leurs aspirations au développement. ”
    Peut-on mettre sur le même plan l’employé de bureau, l’ouvrier professionnel, le chômeur, le chef d’entreprise, le détenteur de capitaux, le boursicoteur, l’élu politique … ?
    Peut-on confondre les associations, les syndicats, les partis… qui défendent des intérêts totalement distincts ?
    La prise de décisions dans notre société, à quelque niveau que cela soit (même celui de la commune), n’est absolument pas partagée.
    Les responsabilités ne sont pas partagées.
    Les défenseurs de l’environnement n’ont aucun intérêt à se placer en dehors de cette réalité là.
    Demandez à celui qui n’a pas de travail, demandez à celui qui a un travail qui ne lui assure qu’une vraie pauvreté à vie, demandez à celui qui renonce à soigner ses dents faute de moyens (comme l’avait si finement relevé M. Hollande) s’ils ne sont pas prêts à “changer de vie” !
    Demandez à celles et ceux qui, en 1936, ont pris leurs premiers congés payés si changer de vie leur a été si difficile !
    Une contrainte supplémentaire, quelle qu’elle soit, ne touchera jamais que ceux et celles qui n’en peuvent déjà plus.
    Aborder les économies d’énergie sans aborder les questions d’économie tout court est un exercice périlleux : de qui et de quoi parle-t-on quand on écrit “renoncer à leur mode de vie” ? ou “renoncer à leurs aspirations au développement” ?

  3. villey-migraine dit :

    Le pb n’est pas là, et la réalité est là :
    Tout le monde va se serrer la ceinture, même ceux qui se la serrent déjà.. à cause de la montée des prix.
    Pour ceux qui ne consomment pas, ou pratiquement rien, peu de changement
    car ils sont déjà dans la sobriété “forcée”.
    La sobriété choisie, c’est une bonne idée pour les gens qui gagnent> de 2000€ par mois, qui mangent trop de viande etc…
    Donc la phrase “ La difficulté, cependant, est le trop peu de volonté des populations de renoncer à leur mode de vie ou à leurs aspirations au développement. ” est vraie, car seulement un minimum de la population environ 8% a conscience qu”il faut changer les choses..

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