Manifestation contre le projet industriel photovoltaïque SOLARZAC-ARKOLIA sur le Larzac

SOLARZAC ça redémarre, aussi la Fédération des Grands-Causses nous alerte-t-elle pour une manifestation : RDV Samedi 10 septembre 2022 à partir de 9h30, sur la route de Calmels à 34520 Le Cros

Le Larzac est menacé d’être impacté par un projet industriel et foncier de 200 hectares de photovoltaïque au sol  (soit 286 terrains de foot !) sur la Ferme de Calmels, commune de 34520 Le Cros. Un projet réduit de moitié par rapport au projet de 2019, qui demeure énorme.

Une journée Portes Ouvertes est organisée par l’opérateur Arkolia sur la ferme de Calmels le samedi 10 septembre 2022. 

Ce jour-là, à partir de 9h30, sur la route de Calmels à 34520 Le Cros, les défenseurs du Larzac seront bien présents pour manifester contre ce projet industriel aberrant, projet illégal sur des terres agricoles et sur des sites maintes fois inscrits, classés et protégés (UNESCO, Natura 2000, Causses & Cévennes, Grand Site de France…).

Face à la menace de plusieurs sites protégés, à la mise en danger de l’agriculture paysanne, à la destruction de la biodiversité, l’association « Terres du Larzac » comptera la présence de médias radio, télévision, réseaux sociaux… De nombreuses associations dont la Confédération Paysanne viendront fermement en soutien.

Le combat continue. Gardarem Lo Larzac ! Venez nombreux !

RDV Samedi 10 septembre 2022 à partir de 9h30,
sur la route de Calmels à 34520 Le Cros

Oui à la transition énergétique raisonnée et la sobriété énergétique,

Non aux projets industriels et à la spéculation foncière.

Association Terres du Larzac – Terres de Biodiversité – Terres du Larzac. Site internet : terresdularzac.org 

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Le livre sur les énergies renouvelables (suite)

Nous poursuivons la publication en ligne de l’ouvrage consacré aux énergies renouvelables. Ce livre est rédigé par la commission énergie du collectif Toutes Nos Énergies – Occitanie Environnement, il est coordonné par Marcel Caron.
Toutes vos remarques et tous vos commentaires sont les bienvenus. Les auteurs en tiendront compte et les intègreront dans la version finale. (Ici en PDF)

Chapitre 2 Les énergies intermittentes

2ème partie L’énergie solaire

C’est aussi une énergie intermittente, puisque les installations solaires, par définition, ne fonctionnent que pendant la journée, et bien sûr seulement quand il y a du soleil, mais…
Les centrales solaires ont un profil de production beaucoup plus attractif que celui des parcs éoliens, car les consommateurs ont besoin d’énergie surtout pendant la journée (lorsque le soleil brille), alors que le vent qui peut aller et venir à tout moment de la journée est très aléatoire.

L’énergie solaire bénéficie d’un jugement plutôt favorable. Mais surtout, la plus usitée, le photovoltaïque (PV), est vue, par les particuliers, comme une alternative à l’achat de l’électricité à EDF, puisqu’on peut en installer en autoconsommation et donc tendre vers l’autonomie, en couplant cette production avec des moyens de stockage : batterie, ballon d’eau chaude. Et l’Etat leur alloue aussi de larges subventions.

Cette énergie, à l’utilisation, ne pollue pas, n’émet de gaz à effet de serre, mais il n’en est pas de même pour la fabrication et le démantèlement.
Elle a le grand avantage cependant d’être immobile et surtout non bruyante, elle n’a pas d’effets négatifs sur l’environnement pendant son utilisation, contrairement à l’éolien.

L’énergie solaire permet de répondre à deux types de besoins, à savoir essentiellement la production d’électricité et la production de chaleur.

Le solaire thermique

Le plus simple pour récupérer la chaleur du soleil est encore l’utilisation de baies vitrées dans les bâtiments ; elles peuvent apporter une chaleur non négligeable surtout en intersaison.

Fondé sur l’ensoleillement, le solaire thermique utilise les rayons du soleil de manière directe : c’est une énergie renouvelable consistant à produire de la chaleur ou de l’eau chaude à partir de capteurs solaires, le plus souvent posés sur toiture. Le rendement des panneaux est intéressant : il dépasse aisément 50 %.

Donc, pour la production d’eau chaude sanitaire, chacun peut installer chez soi un chauffe-eau solaire qui peut remplacer pendant une bonne partie de l’année un ancien chauffe-eau électrique (ou à gaz). C’est intéressant. Cependant l’installation est encore coûteuse au départ et nécessite une quinzaine d’années d’amortissement.

De plus, il est possible de raccorder cette production au circuit d’un chauffage central (c’est un système solaire combiné), en relève d’une chaudière quelle qu’elle soit, ce qui permet d’économiser l’électricité (ou le fuel, ou le gaz…). Dans ce cas, le panneau solaire thermique chauffe aussi l’eau d’un ballon au travers duquel passe l’eau du chauffage (sur le circuit retour). L’économie d’énergie réalisée dépend de la quantité d’eau stockée dans le ballon, c’est-à-dire de la capacité du réservoir.

Ce qui est possible dans un logement individuel l’est aussi dans des immeubles ou des locaux commerciaux, voire industriels, de quelque taille qu’ils soient…Il est possible d’utiliser aussi le solaire thermique pour des réseaux de chaleur.

Dans certains pays, le stockage inter saisonnier (voir dans notre chapitre sur le stockage de l’énergie) et la relève par gaz ou pompe à chaleur permet d’assurer plus de 60 % des besoins d’un réseau. Il offre l’avantage d’un coût de la chaleur compétitif grâce aux économies d’échelles réalisées.

Les panneaux photovoltaïques (ou capteurs solaires) pour la production d’électricité

Ils sont utilisables à la ville comme à la campagne, en petites (sur un camping-car ou un bateau) ou en grandes installations (au sol, ou sur toitures et parkings de grandes surfaces, sur des ombrières, des toits d’usines ou de bâtiments agricoles…).

Ils résistent au froid et aux intempéries et ont une durée de vie de 20 à 35 ans. Si on ajoute à cela que le coût des installations a fortement baissé du fait de la surproduction en Chine, il ne faut pas s’étonner que beaucoup de particuliers aient adopté cette solution pour leur propre maison, pour leur propre consommation, avec éventuellement revente du surplus de production à EDF, ce qui permet d’amortir les investissements réalisés lors de l’installation.

Cette énergie bénéficie aussi d’aides de l’Etat, ce qui la rend très attractive pour des particuliers. De plus, c’est une énergie silencieuse, contrairement à l’éolien par exemple.
Ce tableau serait quasi idyllique s’il n’y avait quelques inconvénients dont le plus important est l’intermittence.

Inconvénients

Le premier est que les panneaux photovoltaïques voient leurs performances se dégrader avec l’élévation de leur température de surface : la chaleur détériore leurs performances. Plus la température est élevée, plus les photons traversent les cellules photovoltaïques arrachant au passage des électrons aux atomes de silicium et réduisant la production d’électricité. Sous des températures ambiantes de 35 degrés, les cellules peuvent atteindre 80 degrés en surface et perdre jusqu’à 30% de leur rendement. Un panneau photovoltaïque dont la température de surface dépasse 25 degrés perd 0,45% de rendement par degré supplémentaire.

De plus, le soleil ne brille pas de la même manière à Oslo qu’à Ouagadougou. La production n’est possible que pendant la journée (courte ou longue, selon l’endroit où on se trouve et selon les saisons). L’énergie non consommée le jour doit être stockée pour la nuit et pour les moments où le ciel se voile de nuages.

C’est un problème récurrent qui concerne toutes les énergies intermittentes.La solution individuelle de stockage est la batterie, qui est source et occasion de pollution (voir à ce sujet la partie de ce livre qui y est consacrée) et est très chère. D’autres solutions existent (production et stockage de chaleur dans des ballons par exemple), mais restent très partielles et demandent encore des efforts sérieux de recherche et de développement en raison du coût et des problèmes de sécurité.

Pour l’instant, même s’il y a eu des progrès importants, les rendements des panneaux photovoltaïques sont encore faibles et de l’ordre de 20 %, ce qui constitue un handicap important encore en raison de la surface nécessaire pour leur implantation.
Mais la recherche en cours en Pologne, en Grande-Bretagne et en Suisse permet d’espérer de meilleurs rendements ainsi qu’une baisse des coûts de production grâce à la perovskite (matériau plus écologique (qu’on ne chauffe qu’à 100 °C et pas à 900 !), moins cher que le silicium et donnant de meilleurs rendements), ce qui aurait pour conséquence la miniaturisation progressive despanneaux et un gain appréciable pour la surface d’installation (voir plus loin).

Ce qui est certain, c’est qu’il y a une grande marge de progrès et que contrairement à l’éolien qui, lui, est arrivé à maturité et ne peut gagner en puissance qu’avec l’augmentation de la taille des mâts et des pales, on peut s’attendre à une très grande amélioration dans les années qui viennent. 

Par ailleurs, si pendant le temps d’exploitation, le photovoltaïque (PV) n’entraîne pas de pollution, il n’en est pas de même avant et après. Les conditions d’extraction, en Chine ou en Afrique, du silicium et autres métaux lourds (cuivre, chrome, cadmium et tellure) qui sont utilisés pour la fabrication des panneaux photovoltaïques, sont très souvent épouvantables.

En outre, ce sont surtout les centrales au charbon chinoises (très polluantes, rappelons-le) qui sont utilisées pour traiter le silicium qu’il faut chauffer à des températures de 900°C, voire davantage. Enfin, les déchets toxiques des panneaux en fin de vie nécessitent un traitement particulier. Une usine est programmée à cet effet en France, mais combien de temps aura-t-il fallu attendre ?

Les centrales solaires thermodynamiques (appelées aussi «four solaires à concentration »)

Le fonctionnement de ces centralesLes centrales solaires thermodynamiques utilisent une grande quantité de miroirs qui font converger les rayons solaires vers un fluide caloporteur chauffé à haute température. Pour ce faire, les miroirs réfléchissants doivent suivre le mouvement du soleil afin de capter et de concentrer les rayonnementstout au long du cycle solaire quotidien.

Le fluide produit de l’électricité par le biais de turbines à vapeur ou à gaz. Il existe plusieurs types de centrales solaires thermodynamiques, dont les centrales à miroirs cylindro-paraboliques et leur variante à miroirs de Fresnel, les centrales à tour et enfin les concentrateurs paraboliques Dish-Stirling (du type Font-Romeu, Odeilho dans les Pyrénées Orientales qui est un système de concentration par foyer.

Nous développerons ce seul exemple : les « systèmes de concentration par foyer » : le rayonnement solaire est concentré environ 1 000 fois à destination d’un foyer unique de taille réduite. La température peut atteindre de 500 à 1 000°C. Dans ces centrales à tour: des centaines de miroirs suivant la course du soleil (les « héliostats ») réfléchissent et concentrent le rayonnement solaire sur un récepteur central situé au sommet d’une tour, dans lequel circule le fluide caloporteur. La chaleur du fluide est alors transférée à un cycle classique à vapeur pour générer de l’électricité.

L’électricité produite grâce à l’énergie solaire thermodynamique devrait être compétitive économiquement face aux énergies fossiles d’ici 10 à 15 ans. L’avantage pour ces installations qui peuvent durer de 25 à 40 ans, c’est qu’elles peuvent aussi utiliser la cogénération, c’est-à-dire l’utilisation de la chaleur résiduelle après génération électrique. 

De plus, la capacité à stocker de la chaleur rend la production d’électricité moins « saccadée » que laproduction d’électricité photovoltaïque. C’est le cas à Ouarzazate (au Maroc) où la chaleur stockée permet de produire de l’électricité pendant 6 à 7 heures la nuit.

Mais… il faut un ensoleillement direct, pas une irradiation diffuse. Or l’ensoleillement direct français n’est pas suffisant pour envisager des projets substantiels en métropole. C’est donc plus indiqué pour les zones équatoriales et tropicales, encore que pour celles-ci, le manque d’eau peut constituer un handicap : certaines technologies requièrent une grande quantité d’eau à disponibilité, essentiellement pour nettoyer les miroirs.

Selon les estimations, une centrale à concentration thermodynamique à tour d’une puissance de 50 MW consomme 300 000 m3 d’eau par an. Cette double contrainte soleil/eau rend délicat le choix de la localisation de ce type de centrales.En France, c’est tout de même réalisable dans les régions les plus ensoleillées, mais de fait, il y a très peu de réalisations : une à Llo dans les Pyrénées Orientales, et une à Aspres-sur-Buech dans les Hautes Alpes, qui sont en fait des installations expérimentales.

L’avenir du photovoltaïque

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Analyse critique du nouveau protocole de mesure du bruit éolien 

Bonjour à tous,

Dans l’impossibilité d’avoir des explications claires des experts et des acousticiens (et qui, en plus, se vexent quand on leur dit qu’ils sont incompréhensibles), j’ai pris sur moi de réaliser un dossier simple et complet sur les questions du bruit éolien et du nouveau protocole ministériel de mesure.

Il n’y a rien de confidentiel dans ce dossier. Je pense que nous pouvons donc l’utiliser et le diffuser comme nous le souhaitons.

J’espère que cette fois, nous réussirons à faire enfin comprendre les honteuses manipulations acoustiques auxquelles se livre cette filière éolienne, soutenue par nos hauts fonctionnaires. En faisant annuler ce protocole nous porterons un coup dont les conséquences peuvent être terribles.

Nous n’en serons que plus fort pour aborder une rentrée qui s’annonce agitée…

Bien à vous,

Fabien Ferreri (Association Echauffour Environnement)

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Une loi en trompe-l’oeil

Parmi les entreprises visées par le projet de loi du gouvernement, intitulé « mesures d’urgence pour accélérer les projets d’énergie renouvelable et les projets industriels nécessaires à la transition énergétique » figurent les activités économiques considérées comme durables sur le plan environnemental au sens de l’article 3 du règlement 2020/852 du Parlement européen.

Quels sont les critères de durabilité qu’énonce ce règlement ?

L’activité de l’entreprise doit contribuer à l’une de ces missions :

  • l’atténuation du changement climatique,
  • l’adaptation au changement climatique,
  • ’utilisation durable et la protection des ressources aquatiques et marines,
  • la transition vers une économie circulaire,
  • la prévention et la réduction de la pollution,
  • la protection et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes.

Jusque là tout va bien mais ça se gâte un peu quand on regarde en détail ce que le Parlement européen entend par là.

On prendra trois exemples

  • Une activité économique pour laquelle il n’existe pas de solution de remplacement sobre en carbone réalisable sur le plan technologique et économique est considérée comme apportant une contribution substantielle à l’atténuation du changement climatique lorsqu’elle favorise la transition vers une économie neutre pour le climat. On remarquera que si la solution n’est pas réalisable sur le plan économique, autrement dit si ça coûte trop cher, on se contentera de favoriser la transition vers une économie neutre pour le climat. La contrainte n’est pas vraiment énorme pour bénéficier du « label » activité économique durable. 
  • Pour ce qui de l’adaptation au changement climatique l’activité doit contribuer de manière substantielle à prévenir ou à réduire le risque d’incidences négatives du climat actuel et de son évolution attendue sur une population, la nature ou les biens, sans accroître le risque d’incidences négatives sur une autre population, une autre nature ou d’autres biens. 
    Ici la formulation est totalement incompréhensible : quel est cette autre nature qui pourrait être affectée par des incidences négatives ?
  • Enfin pour la transition vers une économie circulaire, il suffit par exemple que votre activité réduise au minimum l’incinération des déchets ou évite les décharges sauvages pour prétendre au label économie durable.
    En clair le règlement du Parlement européen sur l’établissement d’un cadre visant à favoriser les investissements durables qui définit les activités éligibles est un véritable fourre-tout qui peut accueillir à peu près toutes les entreprises. 

Or ce sont ces entreprises qui au nom de cette nouvelle loi d’exception pourront passer en force au mépris des règlementations environnementales « trop contraignantes ».  La cible mise en avant du développement des EnR est un leurre destiné à faire consensus mais c’est en fait la majorité des entreprises que l’on veut libérer des contraintes du droit environnemental.

Note concernant le soit disant retard du déploiement de l’éolien industriel terrestre en France 

Les trop longs délais pour la validation des projets de centrales éoliennes justifieraient le nouveau projet de loi « accélération de la transition énergétique » qui vise à bâillonner les citoyens qui s’y opposent. 

La justification de ce projet liberticide repose sur deux contre-vérités.

  • En ce qui concerne les délais : selon une étude de World Wind Energy ils sont les mêmes en Suède, Pays-Bas, Italie ou Autriche qu’en France (7 ans). En Allemagne, pays souvent cité en exemple pour le développement des éoliennes, ils sont de 6 ans, juste une année de moins. 
  • Et en ce qui concerne la responsabilité de ces retards ou des échecs de déploiement de l’éolien terrestre, c’est l’imprévoyance, l’inconséquence ou les tergiversations plus ou moins spéculatives des opérateurs qui souvent sont la véritable cause ; et pour info, 61% des recours en Occitanie sont du fait des promoteurs qui contestent des décisions préfectorales ou de justice en leur défaveur, bien sûr !

En tout cas, rien ne justifie de l’accélérer en bafouant davantage les droits des citoyens et de l’environnement déjà terriblement réduits. 

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Le livre sur les énergies renouvelables (2° chapitre, 1° partie)

Nous avons lu avec attention les remarques formulées sur l’avant-propos et l’introduction. Elles nous paraissent pertinentes et nous en tiendrons largement compte pour une rédaction ultérieure. En particulier, il est juste qu’il n’est pas nécessaire de faire le travail d’un scientifique et qu’il vaut mieux se borner à la formulation de questions.
Sur le premier chapitre, la formulation à l’emporte-pièce qui a déclenché des réactions (sur le « manque de bonne volonté » des citoyens à propos de sobriété) était extraite d’une revue qui voyait les choses dans les grandes masses et qui négligeait le fait qu’une bonne partie des populations sont astreintes à une sobriété forcée. Cette formulation sera donc nuancée. 
Voici maintenant ce qui concerne les énergies intermittentes. Nous aimerions connaître vos réactions sur ces deux textes. Ici le texte en PDF.

Quelles sont les énergies renouvelables ? Comment peut-on les classer ?

On distingue les énergies intermittentes, variables et aléatoires et les énergies pilotables, réglables et pérennes (fonctionnant en permanence ou à la demande). Nous traiterons donc d’abord les énergies intermittentes.

Et d’abord l’éolien et le solaire qui ne fonctionnent, pour l’un que lorsqu’il y a du vent, pour l’autre que lorsqu’il y a du soleil.

Pourquoi focaliser sur l’intermittence ? d’abord parce que lorsqu’il y a interruption de production, et qu’on doit se passer d’électricité, il y a un manque difficile à supporter pour la plupart des êtres humains. Cela prend même vite l’allure d’une catastrophe lorsqu’il y a un black-out, surtout lorsqu’il dure plusieurs heures (problème de congélateur, de chauffage…). L’habitude a été prise depuis des décennies de ne jamais manquer de courant électrique. Des coupures seraient vite insupportables pour l’immense majorité de la population.

Et donc, pour compenser le manque dû à l’interruption quand le vent cesse et que le soleil vient à manquer, il faut disposer de moyens de production de substitution (qui sont très souvent polluants et générateurs de CO2) et le jonglage entre les énergies intermittentes et les énergies de substitution ne laisse pas de poser des problèmes pour le gestionnaire du réseau français RTE.

Le problème avec les renouvelables intermittentes est aussi que leur production est aussi parfois trop abondante, quand il y a beaucoup de vent et un ensoleillement important. Les réseaux se retrouvent ainsi avec trop d’électricité renouvelable dont ils ne savent que faire, qu’on vend donc à perte, et qu’il est aujourd’hui difficile et coûteux de stocker. On reviendra sur ce sujet plus loin.

De plus, les EnR intermittentes seules sont loin de pouvoir produire les quantités nécessaires d’électricité pour couvrir les énormes besoins actuels (8000 éoliennes, c’est seulement 7% de la production française)

Le handicap de l’intermittence pourrait-il trouver une solution dans le stockage de l’énergie ? Où en est-on dans ce domaine ?

Puis nous présenterons les autres sources d’énergie renouvelables que nous appellerons pilotables, par opposition aux intermittentes.

  • Ce sera d’abord l’hydroélectricité, bien connue.
  • Puis la géothermie sous toutes ses formes et tout ce qui s’y rattache, dont les pompes à chaleur. 
  • Et enfin la biomasse avec ses aspects très divers.

Chapitre 2 Les énergies renouvelables intermittentes 

1ère partie : L’éolien terrestre, un vecteur d’énergie électrique

C’est le vent qui en est l’énergie primaire, une énergie intermittente, variable et peu prévisible. L’énergie éolienne n’est pas nouvelle : les moulins à vent existent depuis des siècles, et ont fait très longtemps partie des paysages et du patrimoine, jusqu’au début du 19ème siècle. .

Jusqu’à l’apparition des machines à vapeur, les meuniers se sont contentés du vent qu’il pouvait y avoir et cela leur allait très bien. Mais cette énergie « renouvelable » a été vite abandonnée au profit du charbon et par la suite, d’autres combustibles fossiles utilisables à tout instant. A la fin du vingtième siècle, on a imaginé d’utiliser à nouveau cette source d’énergie pour produire de l’électricité.

Evoquons d’abord le petit éolien domestique : il est très peu souvent choisi par les par culiers, parce que les aides ou subven ons de l’Etat ne su sent pas à a eindre une rentabilité économique dans la majorité des cas. Il a un faible potentiel, est sensible à la foudre et surtout dérange le voisinage. Enfin, si on les installe sur toiture, il est patent que les éoliennes domestiques font vibrer les bâtiments.

L’éolien terrestre industriel.

Très souvent, les éoliennes industrielles, qui atteignent à certains endroits 200 m de haut et s’élèveront sans doute dans l’avenir jusqu’à 300 m, symbolisent les EnR dans leur ensemble :on en voit sur le bureau de tel ministre, on les situe en arrière-plan de beaucoup de documents publicitaires, de sujets à la télévision. Ce sont comme des messages subliminaux. C’est ce à quoi pense d’abord l’homme de la rue lorsqu’on lui parle d’énergies renouvelables.

Et pourtant, aucune EnR n’a rencontré autant d’opposition : il y a en France des milliers d’associations qui luttent contre des projets d’installation d’aérogénérateurs, notamment par des recours juridiques (la plupart des projets sont suivis de recours par des centaines d’associations adhérentes à des fédérations nationales) Notons aussi que de nombreux recours sont déposés par les opérateurs mécontents d’avoir essuyé un refus. Cela gêne les pouvoirs publics et les opérateurs. Que penser de cet aspect des choses ? Nous verrons plus loin pourquoi ce type d’énergie est rejeté, bien plus que les autres.

Objectivement, une éolienne peut produire de l’énergie, sous certaines conditions qu’il y ait du vent, que celui-ci soit à une bonne vitesse (50 km/h et jusqu’à 90 km/h, mais pas davantage parce qu’on est obligé d’arrêter les machines : ce serait trop dangereux). Il arrive souvent qu’il n’y ait pas de vent et même parfois sur des périodes un peu longues, de quelques jours à une quinzaine.

Pour être plus précis, la relation entre la vitesse du vent et la production éolienne est loin d’être linéaire. Schématiquement, la production d’une éolienne évolue de la façon suivante

  • Si le vent est inférieur à la vitesse de démarrage (environ 10 km/h), la production est nulle
  • Entre la vitesse de démarrage et la vitesse nominale (environ 50 km/h), la production augmente rapidement avec la vitesse du vent,
  • Au-delà de la vitesse nominale, la production reste approximativement constante…jusqu’à la vitesse de coupure (autour de 90 km/h) alors l’éolienne se met en drapeau et la production cesse.

La variabilité du vent, quand il y en a, constitue aussi un problème. Une modification même mineure du régime des vents va avoir un impact disproportionné sur la production.

  • Si la vitesse moyenne du vent baisse de 1%, la production d’électricité baissera de 3% environ,
  • Si le vent baisse de 5%, la production chutera de 14%….
  • Donc, à chaque fois que le vitesse double, la puissance est multipliée par 8, idem pour l’inverse.

La variabilité signifie que quand y a du vent, la quantité d’électricité varie suivant le cube de la vitesse du vent ! Donc, très souvent, les trois quarts du temps, il n’y a pas de vent ou pas assez et les machines produisent peu ou pas du tout d’électricité et en période de temps stable, de hautes pressions l’été et l’hiver, elles restent immobiles, en berne.

Les variations de la météo produisent donc d’énormes déficits, mais aussi d’énormes surplus. Un exemple très caractéristique nous est fourni par RTE avec le graphique de la production d’électricité par les éoliennes pendant plus de deux mois en 2019 : 4 % de sa capacité nominale pour tout le territoire français !

Il arrive aussi que la production des éoliennes coïncide avec les besoins du pays, avec les périodes de travail, avec les moments forts de l’économie, de la vie quotidienne. C’est donc utile, mais d’une manière très ponctuelle. Dans ces cas-là, les centrales nucléaires sont obligées de baisser leur production, car l’énergie éolienne est, selon la règlementation, prioritaire sur le marché européen de l’électricité. Du coup, le matériel de ces centrales nucléaires s’use plus rapidement du fait de la fréquence de la baisse de production et de sa relance en fonction du vent et bien sûr, EDF gagne moins d’argent (on reviendra plus loin sur ce sujet), ce qui peut avoir un impact à long terme sur ses dépenses de sécurité.

Ainsi la plus grande partie du temps, il faut recourir à une puissance fossile ou fissile d’urgence, de réserve, déclenchée en cas d’absence de vent.

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Le nouveau projet de loi “Accélération de la transition énergétique” ALERTE ROUGE …

Le gouvernement vient de concocter un projet de loi révélateur de sa fébrilité face au risque de ralentissement économique que provoquerait une pénurie et un renchérissement de l’énergie. On y trouve pêle-mêle pour justifier de nouvelles règles d’exception : le changement climatique, la guerre en Ukraine ou encore les lourdeurs administratives et contentieuses. 

Alors que l’état de la Planète devrait inviter au ralentissement de la prédation anthropique et à la sobriété, on veut encore privilégier à tout prix la croissance industrielle. On évoque une planète vivable (pour qui ?), sans grand souci de préciser qu’elle doit aussi être vivante pour toutes et tous. 

On nous serine à nouveau le fameux « retard » de la France dans le déploiement des énergies renouvelables alors que nos délais d’instruction des projets sont les mêmes qu’en Suède, Autriche, Pays Bas ou Italie. 

Ce projet de loi présente des aspects liberticides, portant atteinte au droit de participer à l’élaboration des projets. Il contient des risques d’écocide en donnant la priorité à la production d’énergie sur le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.

Sous le titre : Analyse du projet de loi « accélération des énergies renouvelables » Bruno Ladsous nous propose une lecture détaillée et critique du projet de loi. Il reprend les étapes du Sommaire :

  1. Exposé des motifs – présentation générale du projet
  2. Titre I – mesures d’urgence temporaires pour accélérer les projets d’énergie renouvelable et les projets industriels nécessaires à la transition énergétique
  3. Titre II – mesures spécifiques à l’accélération du photovoltaïque
  4. Titre II – mesures spécifiques à l’accélération de l’éolien en mer
  5. Titre IV – mesures transversales de financement des EnR

Voici les trois textes qui précisent les intentions du gouvernement

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Lettre ouverte à madame Corinne Lepage

Madame Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement a publié dans le Monde du 4 août 2022, une tribune intitulée “Le pari sur le nucléaire nous expose à une pénurie d’électricité”. Plutôt que d’investir dans le nucléaire, inadapté au changement climatique, il faudrait combler notre retard dans les énergies renouvelables.

Nous publions la lettre ouverte que Jean Pougnet lui adresse.

À madame Corinne Lepage

Votre tribune intitulée « Le pari sur le nucléaire nous expose à une pénurie d’électricité » publiée dans Le Monde du 4 août, illustre une fois de plus le discours des spécialistes qui n’envisagent aucun changement de société juste une évolution des moyens pour produire l’énergie dont elle a besoin pour survivre. Il rejoint en cela le discours des pro-nucléaires qui rêvent de nouvelles générations de réacteurs toujours plus performants.

La première phrase donne le ton :  il s’agit de faire des choix fondés sur la rationalité écologique et la rationalité économique. Que sont ces rationalités ?

La première consiste à faire un effort massif de sobriété, ce qu’on ne peut qu’approuver, cependant vous associez cette sobriété de façon « naturelle » à la production d’ENR. Cette association naturelle n’a rien de rationnel, c’est un choix que vous devriez assumer en tant que tel. 

Plus étonnant, vous vous félicitez que les ENR intermittentes associées avec la production d’hydrogène vert devraient permettre la production d’acier et d’ammoniac de façon massive. La sobriété et la conversion de l’agriculture ne semblent plus au programme. 

Plus loin vous semblez plaider pour une décentralisation énergétique – là aussi une piste intéressante – mais vous voyez dans la croissance mondiale des ENR une traduction de cette logique. 

Or c’est totalement faux, en témoigne les concentrations des constructeurs et des exploitants dans ce domaine. Pensez-vous que Total qui mise beaucoup sur le photovoltaïque est un apôtre de l’autoconsommation ? Croyez-vous qu’EDF au Mexique avec ses parcs éoliens géants, se préoccupe de l’autonomie énergétique des populations ?

En ce qui concerne la rationalité économique, la messe est dite dès le début : il s’agit de produire au moindre coût. C’est justement cette idée de produire au moindre coût qui est la tarte à la crème que se renvoient partisans et adversaires du nucléaire versus les ENR. 

Pour que le nucléaire ne soit pas cher on a évité d’inclure dans ses coûts de production le traitement des déchets et les coûts de démantèlement des centrales (que personne ne peut chiffrer vu qu’on ne sait pas le faire) sans parler du prix de la sauvegarde de nos sources d’approvisionnement en uranium dans nos ex-colonies. 

Pour que les ENR ne soient pas trop chères, on les a subventionnées et on les a faites fabriquer là où la main d’œuvre est corvéable à merci et, comme pour le nucléaire même si le problème est moins grave, on n’a pas chiffré le recyclage des déchets (en particulier pour l’éolien).

Le débat du coût est sans aucun intérêt. Il masque juste le fait qu’on ne veut pas sortir du système productiviste. 

Là où ça va devenir amusant avec les changements climatiques qui combinent chez nous longues périodes anticycloniques sans vent, chaleur et sécheresse qui assèchent les cours d’eau,  et donc des éoliennes et des centrales nucléaires en panne et des barrages à la peine, c’est de voir quelle nouvelle solution miracle les techniciens vont nous sortir. 

Enfin et pour terminer, je voudrais connaître votre sentiment sur les projets gouvernementaux concernant les ENR, visant à affranchir les énergéticiens des contraintes environnementales dans le but d’accélérer les procédures de délivrance de permis de construire : ne pensez-vous pas que ce genre de loi d’exception censée ne s’appliquer que dans un périmètre précis et pour un temps déterminé ne peut, comme cela se passe très souvent, que se pérenniser et s’étendre au nom du fameux « intérêt public majeur » à d’autres domaines et mettre en péril toute défense de la biodiversité.

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L’éolien terrestre et le soit-disant « retard de son déploiement »

Rien ne justifie de l’accélérer en bafouant davantage les droits des citoyens et de l’environnement déjà terriblement réduits. N’en déplaise à notre Première ministre. (Communiqué du collectif TNE-Occitanie Environnement)

Les trop longs délais pour la validation des projets de centrales éoliennes justifieraient le nouveau projet de loi intitulé « accélération de la transition énergétique » qui vise à bâillonner les citoyens qui s’y opposent. 

La justification de ce projet liberticide repose sur deux contre-vérités.

  • En ce qui concerne les délais :  selon une étude de World Wind Energy ils sont les mêmes en Suède, Pays-Bas, Italie ou Autriche qu’en France (7 ans). En Allemagne, pays souvent cité en exemple pour le développement des éoliennes, ils sont de 6 ans, juste une année de moins. 
  • Et en ce qui concerne la responsabilité de ces retards ou des échecs de déploiement de l’éolien terrestre, c’est l’imprévoyance, l’inconséquence ou les tergiversations plus ou moins spéculatives des opérateurs qui souvent sont la véritable cause. En témoignent trois exemples dans notre région Occitanie. 

1. La centrale éolienne de St Amans Valtoret (81240) : prorogée pour raisons techniques (2013-2025 ?)

Août 2013 : demande d’autorisation d’une centrale éolienne de 10 machines portée par St Amans Énergies filiale de Valorem. L’arrêté préfectoral du 7 novembre 2014 autorise l’installation, aussitôt contestée par une association locale devant le tribunal administratif puis la Cour d’appel de Toulouse, recours définitivement débouté en 2020. Ce « retard contentieux » n’explique pas tout, tant s’en faut.

Juin 2020 : Valorem scinde sa filiale en deux, St Amans Énergies et Valtoret Énergies et cette dernière  répond à un appel d’offre pour ses 5 machines. Pour accroître ses recettes et ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ?

En 2021 : demande d’autorisation modificative pour des machines plus puissantes avec garde au sol réduite de 25%, ce qui augmente les risques de mortalité pour les chiroptères en particulier. Mais la Dreal, bienveillante pour l’opérateur, estime qu’il n’y a pas de modification substantielle. 

Depuis, pour l’acheminement des éoliennes sur le site d’implantation très éloigné, Valorem tente de trouver des accords avec les riverains, car les routes trop étroites nécessitent des aménagements qui empiéteront sur des propriétés privées. Un pont devra être élargi. Personne n’y avait pensé avant de donner les autorisations !

En août 2022 : l’administration qui s’efforce de suivre, accorde au projet une prorogation jusqu’en 2025.

Énedis anticipe cependant, en défonçant 19 kms de route pour enterrer les lignes qui relieront ce parc éolien au poste source, mais refuse d’en communiquer le coût, pourtant assumé en partie sur fonds publics. 

2. La centrale éolienne de Lacaze (81330) : abandonnée après 3 rachats successifs (2012-2022 ?)

Juillet 2012 : demande d’autorisation portée par Raz Énergie (Toulouse) pour une centrale éolienne de 10 machines sur les hauteurs de la commune de Lacaze, autorisée par arrêté préfectoral du 28 juin 2013. Un recours a été formé par les associations locales et riverains, recours rejeté en 2014 pour irrecevabilité par le TA de Toulouse.

La société Saméole (Caen) ayant racheté Raz Énergie, a obtenu un permis modificatif daté du 9 mai 2016

En septembre 2018 Engie rachète Saméole. Début 2021 la société Volkswind France (eux-mêmes rachetés par l’énergéticien suisse Axpro) aurait repris le projet éolien de Lacaze.

Il semble que ce projet ait été considéré comme « peu rentable ». Depuis cette date, on n’en entend plus parler et l’autorisation initiale est devenue caduque.

3. La centrale éolienne de Montredon-Labessonié (81360) : irréalisable (2016- 20??)

En 2016, la société EDF EN a déposé une demande d’autorisation pour 5 éoliennes sur la commune de Montredon-Labessonnié. L’autorisation a été accordée par arrêté préfectoral du 20 octobre 2016, aussitôt suivi d’un recours par les associations locales devant le TA de Toulouse.

Exceptionnellement, le juge et une partie du tribunal administratif de Toulouse sont venus sur place le 11 octobre 2018 pour se rendre compte de la situation du possible futur projet éolien. Le TA a finalement demandé le retrait de l’une des éoliennes de ce projet. Par la suite l’un des propriétaires fonciers n’ayant pas souhaité renouveler au porteur de projet sa promesse de bail arrivée à expiration, c’est une nouvelle éolienne qui se trouvait empêchée de fait. 

Depuis, l’autorisation de cette centrale éolienne est devenue caduque.

Entre temps, l’enfouissement d’une ligne Haute Tension 63kV sur 20 km pour 25 millions € a été réalisé aux frais des contribuables, en vue du raccordement des 15 éoliennes de Lacaze et de Montredon Labessonié, qui ne verront pas le jour avant longtemps dans les conditions actuelles. 

Contact presse :  

Jean Pougnet – presse.tne@gmail.com – 06 46 03 19 15 – 04 67 97 51 27 – site : toutesnosenergies.fr

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Dans quel sens tourne le vent ? Échos de presse

Le gouvernement y tient…

  • Il veut alléger les formalités administratives pour les projets d’énergie renouvelable, réduire l’influence et le poids des associations et la place des débats démocratiques…
  • Diminuer les exigences environnementales, au détriment de la préservation de la biodiversité, de l’artificialisation des sols
  • Soudoyer les futurs riverains … une reconnaissance implicite des nuisances que nous dénonçons,
  • Au nom d’un intérêt public majeur (qui est surtout celui des promoteurs) il veut engager une vraie libéralisation du secteur des EnR.

Comme l’écrit le le Journal du Dimanche : le gouvernement prévoit une loi d’exception, conduisant à une libéralisation du secteur et une simplification de ses procédures. Voici ce qu’il y aura dans le plan bientôt dévoilé d’Élisabeth Borne sur les énergies renouvelables 

Mais les associations et les collectifs sont vigilants, et l’adoption d’un “plan d’urgence temporaire” ne nous découragera pas ! Sud Ouest estime que ce plan « d’urgence » risque de faire des vagues.  Énergies renouvelables : le plan du gouvernement pour doubler la production française 

Bien sûr, les promoteurs n’en ont jamais assez, leur porte-voix Révolution Énergétique, se plaint que l’éolien terrestre ne soit pas traité avec autant de faveurs que l’éolien maritime ou le photovoltaïque. Pourquoi l’État veut freiner sur l’éolien terrestre ? 

Cette fois-ci, “pas de « grand débat », pas de « consultation citoyenne » : l’inefficacité des outils de la démocratie participative est-elle désormais trop criante pour qu’ils figurent encore parmi les mesures cosmétiques permettant de poursuivre une politique industrielle en apaisant les conflits qu’elle génère ?” Comme l’écrit Métropolitiques, dans un article de janvier 2022. Éoliennes, la transition sans débat 

Nous sommes prévenus, la rentrée sera agitée… préparons-nous à de nouvelles batailles, battons le rappel de nos alliés pour défendre la biodiversité et l’attractivité de nos territoires… unissons nos forces à tous ceux qui se battent pour une véritable démocratie citoyenne, pour renouveler nos façons de consommer, de produire, de travailler, de vivre ensemble et, ainsi, répondre aux grands enjeux actuels.

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Le livre sur les énergies renouvelables (1° chapitre)

Et d’abord, économiser l’énergie…

Ce chapitre est volontairement court. Il est indispensable certes d’évoquer cet aspect du problème, mais notre objectif est surtout la production d’énergie.On ne peut aborder la question des énergies renouvelables, souvent budgétivores, sans envisager d’abord d’économiser l’énergie. « La meilleure des énergies, c’est celle qu’on ne consomme pas ».

Et la première des solutions, c’est l’isolation thermique des bâtiments. Un immeuble bien isolé consomme cinq fois moins d’énergie. Et évite qu’on ait à en produire.
La mise en œuvre de solutions architecturales, comme par exemple la maison bioclimatique, et l’utilisation de certains types de panneaux solaires translucides renforcent les économies et permettent d’aboutir à des immeubles à énergie positive, indépendants pratiquement à 100 % des réseaux de distribution d’énergie. De même, il existe des quartiers à énergie positive.

Mais il en existe bien d’autres façons d’économiser l’énergie :

  • i.rechercher une sobriété optimale de matière et d’énergie de façon à aboutir à une économie économe…
    favoriser le frêt ferroviaire, la navigation fluviale…
    acheter local, éviter le gaspillage de nourriture…
    multiplier les bourses d’échange, les ressourceries…
    utiliser de nouveaux procédés technologiques dans les industries énergivores (cimenteries,pétrochimie…)
    On peut aussi économiser en rendant les moteurs et les machines plus efficaces (diminution de la consommation de carburant aussi bien dans les véhicules sur terre que dans les avions…). C’est ce qu’on appelle l’efficacité énergétique.
  • ii.des choix techniques dans différents domaines, comme le traitement de déchets, l’agriculture, l’architecture (cf. plus haut : les éco-quartiers, les immeubles à énergie positive …), les écogestes…, les ampoules LED, les aspirateurs sans sacs, le low-tech… de solutions permettant de capter la chaleur, dont les murs capteurs et les murs-trombes (un espace sous verre à peu de distance d’un mur permet d’accumuler la chaleur)…
  • iii. des choix de vie : il faut ré-examiner le gigantisme, celui des villes, des agglomérations de plus en plus tentaculaires…, le tourisme de masse qui implique un trafic aérien démesuré, des navires de taille démente et hyper-polluants, la sursaturation de sites et de zones touristiques. La simplicité et la modestie seraient de mise et permettraient d’éviter d’avoir à gérer de manière coûteuse des problèmes de déchets et de pollution. On a pris la mauvaise habitude de mettre en place des monstres et de vouloir encore les développer davantage.
  • iv. envisager la décroissance ? Il est de plus en plus difficile d’admettre qu’on consomme indéfiniment plus que la planète ne contient de ressources…
  • v. On pourrait aussi faire des choix d’investissements qui tireraient la consommation d’énergie vers le bas, comme par exemple, l’aménagement de pistes cyclables, une nouvelle structuration des transports en commun… promouvoir le télétravail, le co-voiturage…,
  • vi. Au total, on peut aboutir à des résultats intéressants en recherchant la sobriété et l’efficacité.

La difficulté, cependant, est le trop peu de volonté des populations de renoncer à leur mode de vie ou à leurs aspirations au développement. Seule une contrainte, provoquée par une grave pénurie d’énergie par exemple, semble pouvoir changer la donne dans ce domaine.

Nous pourrions développer tous ces thèmes qui sont parfois aussi importants que le développement des énergies renouvelables lui-même, mais tel n’est pas notre choix. Cette tâche est immense et nous avons décidé de nous limiter à celle qui consiste à analyser les sources d’énergie renouvelables et à essayer de déterminer dans ce domaine ce qui est bon pour nos besoins et pour la planète.

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