Et ils osent se plaindre…

Le 24 novembre, le lobby éolien a mobilisé ses soutiens pour se plaindre auprès du président Macron au prétexte que l’industrie de l’éolien subit des attaques « bâties autour de propos inexacts, non vérifiés et parfois délibérément mensongers »

Ayant des relais influents au sommet de l’état, un poids financier redoutable appuyé sur les subventions publiques, ils ont obtenu satisfaction sur la plupart de leurs demandes : simplification des procédures d’autorisation environnementale, suppression du premier niveau de recours en cour d’appel, affaiblissement du comité national de protection de la nature ; à l’origine de près de 60 % des recours en justice, ils osent pleurnicher auprès de Macron.

Alors, preuve de faiblesse ou coup de pression supplémentaire sur les pouvoirs publics ? Aujourd’hui les programmes de repowering ouvrent une nouvelle phase du développement de l’énergie éolienne : il s’agit de rentabiliser des portefeuilles et de redonner des perspectives de gains et de profits.

La FED (Fédération Environnement Durable) a vite réagi et le 28 novembre, plusieurs associations publiaient un communiqué commun expliquant qu’Il faut changer de paradigme et s’attaquer vraiment à la baisse de consommation d’énergie fossile. “Ne laissons pas les affairistes confisquer le sujet de la transition écologique”.

Jean-Pougnet, co-secrétaire du collectif TNE-OE
nous fait part de sa réaction.
Au pied de la lettre

Etrange chose que cette lettre ouverte pour soutenir l’éolien industriel qui se fait au nom de « citoyens, élus de terrain (existe-t-il des élus hors sol ?), défenseurs de l’environnement, militants associatifs, syndicat et acteurs du monde économique».

Qui sont-ils ? Les syndicats patronaux de la discipline (FFE et SER), trois présidents ou vice-présidents de région, un fournisseur d’énergie dite verte et diverses associations de promotion d’énergie renouvelable dont les membres sont souvent les mêmes. Plus surprenant, la présence en tête des signataires de France nature environnement dont certaines fédérations régionales se joignent à des recours contre des parcs éoliens ou la fondation GoodPlanet qui, il est vrai, a Edf pour partenaire.

On peut aussi se demander de quoi parlent ces signataires quand ils affirment que les opposants à l’éolien industriel non seulement tiennent des propos mensongers mais en plus sont relayés sans retenues : par qui ? Les médias français sont-ils mis en cause ou est-ce un complot de plus ? Plus amusant ces pétitionnaires se préoccupent de ces attaques qui, je cite, discréditent le travail des travailleurs.euses (l’écriture inclusive c’est pour faire progressiste !). 

Et il y a d’autres phrases fielleuses comme celle dénonçant « certaines organisations » qui ont abandonné la critique constructive pour faire de la désinformation.  Le terme organisation est bien choisi, il recèle quelque chose de suspect qui s’oppose bien sûr aux gentilles associations de terrain, aux collectivités qui, elles, travaillent au lieu de manipuler l’opinion publique. Les signataires de cette lettre ouverte semblent ignorer qu’il y a face à leurs centrales éoliennes des milliers d’associations de terrain justement et qui se battent tous les jours en France. 

Au fait combien sont-elles ces nombreuses associations qui militent sur le terrain pour développer l’éolien industriel ? (Sans compter les associations d’actionnaires bien sûr). 

Enfin, comme si cela ne suffisait pas, les opposants intimident, insultent, menacent alors que l’éolien, pour les signataires, est « avant tout un projet de territoire qui se construit et se vit dans l’adhésion locale qui participe à la redynamisation de nos territoires ruraux ainsi qu’à la création d’emploi locaux… ». On se demande vraiment comment les gens peuvent être aussi pervers pour refuser une telle manne : les opposants doivent faire partie de l’anti-France. A l’aide Super Dupont !

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1 réponse à Et ils osent se plaindre…

  1. Attia dit :

    Bonjour,
    je partage tout ce qui est écrit ici à propos de la lettre ouverte des partisans des éoliennes géantes.
    J’ajoute un point qui me semble important : à l’heure où les mauvaises décisions prises par nos gouvernants ont transformé une menace épidémique en crise sanitaire, économique et politique, à l’heure où des millions de nos concitoyens sont obligés de se serrer sérieusement la ceinture, tandis que d’autres n’ont plus que les associations caritatives pour survivre, il est scandaleux de continuer à dépenser l’argent public en pure perte pour soutenir les promoteurs et les actionnaires des énergies intermittentes. Ces dernières n’ont pas de meilleur impact sur le climat que les énergies d’origine nucléaire et hydroélectriques, tandis que leurs impacts sur les paysages, la biodiversité, l’air et les sols en France et hors de France sont majeurs.

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