Nous avons rencontré la DREAL Occitanie…

Le 1er février 2021 à Montpellier, 4 membres du collectif TNE Occitanie Environnement ont rencontré une délégation de la DREAL Occitanie conduite par Sébastien Forest directeur-adjoint.  L’objectif était de faire le point sur le développement éolien dans la région, en particulier la saturation d’un certain nombre de territoires occitans et les menaces sur la biodiversité, les conditions du repowering, le respect des plafonds dans les PNR.

Voir ici le compte-rendu partagé que nous avons rédigé

Après une présentation de la carte décrivant la saturation de l’Occitanie par les éoliennes terrestres :trois points sont abordés : menaces sur la biodiversité, repowering, et les plafonds du PNRHL.

1/ biodiversité, rôle du CNPN, et cartographie éolienne :

TNE rappelle que l’Occitanie est la région où les centrales ont été implantées le plus en contradiction avec les contraintes à la fois multiples (oiseaux nicheurs, couloirs de migration, espèces particulièrement protégées etc.) et fortes en matière de biodiversité, une situation unique en France source Ademe :

La DREAL reconnaît que c’est le fruit de l’histoire et qu’aujourd’hui certaines de ces centrales ne pourraient plus être installées dans ces endroits. L’Occitanie représente 65% des dossiers présentés au CNPN, et la DREAL mène un plan d’actions pour imposer des mesures correctrices aux parcs en activité pour tenir compte de ces contraintes et des avis du CNPN : il est prévu 26 contrôles dédiés en 2021, ainsi qu’une mise à niveau des systèmes de réduction d’impact sur une cinquantaine de centrales. Et un renforcement des suivis environnementaux, afin de les rendre plus fréquents et plus rigoureux.

TNE donne acte de ce plan d’actions, tout en constatant que les contrôles sont tardifs, non communiqués dans les délais, trop espacés dans le temps, et décalés par rapport aux enjeux réels (ex. de la centrale du Sambrès faisant apparaître une diminution de la mortalité, possiblement en raison de l’hécatombe des premières années.

La DREAL note avec intérêt la demande de TNE que, au-delà du minimum prévu par l’arrêté du 22.06.2020, ce souci de renforcer les suivis se matérialise par un suivi dès la 1ère année et tous les 3 ans ensuite.

Cartographie : Une circulaire demandera aux préfets de région et aux DREAL de cartographier les « zones propices » en relation avec une déclinaison des objectifs chiffrés de la PPE au niveau régional puis au niveau subrégional (EPCI). 

Tout en exprimant la crainte que cette volonté féroce du ministère de décliner les objectifs de la PPE ne conduise à densifier les secteurs déjà saturés voire à programmer un nombre de mâts par EPCI, TNE prend note de la proposition que la DREAL Occitanie fera au Préfet de Région d’organiser une concertation qui inclura le tissu associatif, à quoi TNE ajoute les conseils départementaux, en charge de l’attractivité économique et du tourisme.

La DREAL n’est pas favorable à un moratoire par principe sur ces zones sensibles, mais s’engage à veiller aux enjeux de biodiversité et aux espèces sensibles à l’éolien, qui  font partie du paysage, mention que la DREAL note. TNE prend acte du souci de vigilance exprimé quant à la protection de la biodiversité et des paysages.

L’entretien fait apparaître la nécessité de veiller à la préservation des zones Natura 2000 mais aussi des zones humides, qui ne devraient jamais être investies par des éoliennes, ex. ci-dessous et quelques autres pour lesquelles des dossiers seront envoyés à la DREAL :

De même, TNE demande qu’il soit travaillé à la création d’aires d’influence paysagères larges pour protéger notamment les biens Unesco au-delà des seules zone cœur et zone tampon (Causses et Cévennes, Canal du midi, et Pont du Gard), ainsi que les zones relevant de la Loi Montagne où ne devrait pas être compatible quand aucune nécessité technique impérative ne l’impose.

2/ Le repowering

TNE décrit les difficultés d’accès aux documents appelés « Porté-à-Connaissance » et les dangers d’une procédure pouvant (1) déboucher sur  le risque que le porteur de projet décide lui-même du caractère non substantiel de son projet (2) ne permettant pas aux riverains de faire valoir la réalité du caractère substantiel du projet. Sur le premier point il sera recherché une solution.

TNE rappelle au passage l’opportunité qu’il y aurait à ne pas repowerer les éoliennes du Mont Tauch, emblème des Corbières, tous responsables admettant que ce fut une erreur que de les implanter à cet endroit.  Il est également évoqué une décision de sagesse prise sur le Lévezou : ne pas repowerer les projets amenant une réhausse des hauteurs ou mettant en évidence une élévation du niveau des nuisances sonores. 

3/ Le PNR-HL et ses plafonds :

La réunion n’a pas permis de déboucher sur une solution concrète à la problématique du respect du plafond des 300 mâts existant dans la Charte en vigueur du PNRHL, en cours de révision.

La DREAL souligne que les PNR les plus récents (Aubrac, Corbières-Fenouillèdes) ont pris des options très précises dans leurs Chartes afin de maîtriser l’éolien : au vu des enjeux pour la biodiversité elle laisse entendre que pour les PNR les plus anciens elle renforcera ses exigences en lien avec les élus.

4/ enquêtes publiques à venir :

SRADDET : l’enquête publique n’est toujours pas lancée..

S3REnR : La DREAL n’avait pas au jour de la réunion d’informations actualisées.

Si TNE a ressenti une écoute, le collectif déplore cependant que la DREAL ne soit  pas prête à faire valoir en haut lieu les spécificités de nos pays d’Occitanie en matière de biodiversité, des spécificités notoires et reconnues y compris par l’ADEME,  et qu’elle appliquera les instructions du pouvoir central. La DREAL  s’engage cependant à faire en sorte de protéger l’environnement tant au niveau de la cartographie que des suivis : TNE en prend acte.

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