Pour protéger le vautour moine

Dans le cadre de la stratégie nationale pour la biodiversité, la France consacre un effort particulier à la préservation des espèces les plus menacées présentes sur son territoire, par le moyen de PNA (plan national d‘action) régulièrement actualisés : le Vautour Moine, espèce réintroduite en France d’abord dans nos Grands Causses à partir de 1992, et plus récemment dans les Pré-Alpes en bénéficie.

Avec une population de 50 couples reproducteurs en 2020, cette espèce pour laquelle la France a une responsabilité patrimoniale particulière reste « précaire » selon les termes figurant dans le résumé du dossier. Elle est très menacée, car exposée aux collisions avec les câbles électriques et avec les éoliennes, sans oublier les empoisonnements et les dérangements sur ses sites de nidification.

Photo : Bruno Berthémy ©

Afin de consolider le rétablissement de la population de vautours moines en France, un nouveau PNA est engagé sur la période 2021-2030. Elaboré par la LPO et coordonné par la DREAL Occitanie, il vise à favoriser l’implantation durable de cette espèce sur notre territoire, qui à ce jour comporte 29 couples dont 26 reproducteurs.

Lire l’analyse plus complète de ce plan national d’action
concernant le vautour moine.

Comme l’indique une des fiches actions : l’essor de l’éolien industriel “n’est pas sans conséquence sur les populations de grands rapaces et représente un risque important pour le vautour moine. En effet, l’implantation des parcs éoliens a été autorisée, notamment en Aveyron, à un moment où les domaines vitaux étaient encore mal connus et les besoins spatiaux sous-estimés. Malgré la mise en ligne de zonages de référence sur le noyau principal de V. Moine en Occitanie (le plus confronté à cette menace) et leur mise à jour à partir de suivis télémétriques en 2017, des projets continuent d’être autorisés au sein des domaines vitaux de l’espèce (et leurs refus par l’administration attaqués par des développeurs, le cas échéant), entrainant une perte d’habitat et des risques de collision. Cette menace, déjà établie antérieurement en Espagne et en Grèce, s’est confirmée en France avec le premier constat d’un cas de mortalité par collision avec une éolienne en janvier 2020.

Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) a donné un avis favorable le 18 décembre 2020 sur ce Plan national d’actions (2021-2030), en insistant avec raison sur la demande suivante : informer les promoteurs de l’énergie éolienne en amont des projets sur les incompatibilités d’installation des parcs dans certains secteurs à risques, notamment au cœur des domaines vitaux actuels et futurs prévisibles (et obtenir que l’administration fasse respecter cette interdiction), et les exigences écologiques des vautours en général.

Le collectif régional TOUTES NOS ÉNERGIES/OCCITANIE ENVIRONNEMENT approuve ce plan national d’action en faveur du Vautour Moine :

  • Ce PNA est à la hauteur des enjeux.
  • Les PNA en faveur d’autres espèces relevant des mêmes exigences de protection ( gypaète barbu, vautour percnoptère…)  mériteraient également d’être actualisés.
  • Il est fondamental que les administration concernées fassent strcitement respecter l’application de ce PNA.
  • Il est souhaité que les juges administratifs en soient informés, afin que leurs décisions relatives notamment à des projets éoliens contribuent à en renforcer l’application au nom du principe de reconquête de la biodiversité stipulé par la loi.

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