La croissance verte contre la nature, critique de l’écologie marchande

Françoise Marchand nous propose la lecture d’un ouvrage qui nous permet de réfléchir aux enjeux des politiques “environnementales actuelles”.

Hélène Tordjman est économiste, maître de conférences-HDR (Habilitation à Diriger les Recherches) à l’université Sorbonne Paris-Nord et membre du Centre de Recherche en économie de Paris-Nord (CEPN, UMR-CNRS 7234)

Hélène Tordjman ouvre son livre par une citation de Victor Hugo (Carnets, 1870) : “ C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas ”

Les solutions envisagées aujourd’hui par les gouvernements pour répondre à la crise écologique témoignent du rapport à la nature qui domine nos sociétés. Rapport caractérisé par une volonté de maîtrise, une instrumentalisation de toutes les formes de vie sur Terre, en sus d’une foi inébranlable dans le mécanisme de marché. Or c’est justement une telle perspective anthropocentrique qui a engendré la catastrophe écologique.

Depuis le début de l’ère moderne en Occident, la nature a été envisagée comme un réservoir de ressources dont l’Homme pouvait faire ce que bon lui semblait. L’émergence et l’approfondissement du capitalisme industriel il y a un peu plus de deux siècles se sont inscrits dans ce paradigme et ont renforcé sa légitimité.

Les “ solutions ” envisagées aujourd’hui sous la bannière de la transition écologique, du Pacte Vert ou du “ Green New Deal ” pour répondre à la fois à la crise climatique, au déclin de la biodiversité et à la dégradation de la biosphère sont-elles vraiment en mesure de préserver la planète ?

Dans son ouvrage, Hélène Tordjman tente de cerner les contours du régime de capitalisme qui se met en place sous le nom de “ croissance verte ” ou de “ capitalisme vert ”, en fait apparaître les ressorts et montre en quoi il s’inscrit dans la droite ligne du capitalisme financiarisé apparu au tournant des années 1980. 

En disséquant les ressorts idéologiques, techniques et économiques de ce nouveau régime de “ croissance verte ”, Hélène Tordjman montre que ses promoteurs s’attachent plutôt à sauvegarder le modèle industriel qui est la cause de la catastrophe en cours.
Refuser cette fuite en avant est le premier pas à engager pour tracer enfin une autre voie.

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1 réponse à La croissance verte contre la nature, critique de l’écologie marchande

  1. Mulliez dit :

    C’est justement ce que j’indiquais hier en commentaire de l’interview de Mr Pouyanné PdG de Total, indiquant son orientation pour les énergies renouvelables :
    “Bonjour
    Ce qui guide Mr Pouyanné, comme presque tout le monde, c’est la recherche de la maximisation des profits: tant mieux pour la réduction des GES, tant pis pour la sauvegarde de l’environnement .
    Mais cela ne marche qu’ avec la persistance de consommateurs captifs ( de surcroit souvent conditionnés dans le gaspillage), et la globalisation. Cela pourrait être évité en traitant la question de l’Énergie à l’échelle locale ( voir pièce jointe) pour assurer l’autonomie.
    Mais cela présuppose l’usage de la Démocratie, notion de plus en plus vidée de son sens … Justement: Pour Pâques il y aurait la résurrection , avec le lancement d’un RIP ? ( mais, on connait l’expression: “Pour Pâques ou la Trinité”) “. ( voir site sepra81).
    J’ajoute aujourd’hui que, encore plus fondamentalement, c’est la croissance de la population humaine qui est en question.

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