Annulation de l’autorisation d’exploiter un parc éolien projeté sur la commune de Verrières dans l’Aveyron, au cœur du PNR des Grands Causses
Par un arrêté du 28 décembre 2022, le préfet de l’Aveyron a autorisé la société V’éol à réaliser et exploiter un parc de cinq éoliennes au lieu-dit « Bois de Vinnac », sur le territoire de la commune de Verrières (Aveyron).

La cour, saisie de deux requêtes présentées par plusieurs associations de protection de l’environnement ainsi que par des personnes physiques et un groupement foncier agricole, s’est prononcée sur la légalité de cette autorisation environnementale par deux arrêts rendus le 28 mai 2025.
Après avoir estimé que tous les requérants étaient recevables à demander l’annulation de cet arrêté, la cour a fait droit à leurs demandes en relevant que le projet de parc éolien est de nature à porter atteinte à l’objectif de protection de la nature en ce qui concerne huit espèces de rapaces. Elle a ainsi prononcé l’annulation de cette autorisation environnementale.
La cour a relevé que la zone d’implantation retenue pour la réalisation de ce parc éolien se situait au sein ou à proximité d’un grand nombre de zones de protection ou d’inventaire identifiées pour leurs enjeux de conservation des oiseaux et, notamment, pour la protection de plusieurs rapaces à haute valeur patrimoniale tels que les vautours, le circaète Jean-le-Blanc, le milan royal, le busard Saint-Martin l’aigle royal et le gypaète barbu.
La cour a constaté que l’étude d’impact présentée par la société pétitionnaire mentionnait la présence plus ou moins régulière de l’ensemble de ces rapaces dans la zone d’implantation projetée, ainsi que l’existence de voies de migration, de territoires de chasse attractifs et de sites de nidification au sein même de cette zone ou à proximité de celle-ci.
Après quinze années de travaux, d’études, d’instructions, de réunions et d’échanges, le Conseil d’État vient, ce jeudi 15 octobre 2026, de rejeter le pourvoi, validant ainsi l’annulation de l’autorisation du projet éolien porté par la commune de Verrières, via la SAS V’éol.
Ce sont finalement des associations nationales de protection des grands rapaces qui sont venues nous rappeler que de tels projets n’avaient pas leur place sur notre territoire et que, malgré les mesures mises en place pour limiter la mortalité des oiseaux, le risque était jugé trop important pour permettre à un tel projet de voir le jour.
Le fait qu’un projet soit participatif et présenté comme écocitoyen ne donne pas le droit aux citoyens de détruire l’environnement dont ils ont hérité : la protection de la biodiversité est une cause nationale, la plus importante de toutes car elle engage l’avenir des générations futures. Surtout dans un département déjà comptabilisé comme étant largement à « Énergie positive. La législation sur l’environnement ne doit pas être bafouée pour servir des intérêts financiers quels qu’ils soient.