Mortalité des oiseaux et des chauve-souris…

… des études d’impact notoirement insuffisantes

Depuis les années 2010, les impacts significatifs de l’éolien terrestre sur les oiseaux et les chauves‑souris sont établis, alors même que l’obligation légale de ne pas détruire des espèces protégées demeure. 

Signalement à la DREAL effectué par l’association audoise Vent Mauvais après l’euthanasie d’un circaète dont une partie de l’aile avait été amputée par la collision avec les pales d’une éolienne.

Pour réduire ces impacts, la filière a généralisé les bridages chiroptères et surtout les systèmes de détection‑arrêt (SDA), utilisés pour requalifier des impacts bruts importants en impacts résiduels « non significatifs ». 

Or, tant la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) que l’OFB (Office Français de la Biodiversité) au regard des mortalités persistantes dans des parcs équipés de SDA d’une part, les travaux scientifiques d’autre part, mettent en doute l’efficacité réelle de ces dispositifs. 

Le programme MAPE (du CNRS) de réduction de la Mortalité Aviaire dans les Parcs Éoliens en exploitation a ainsi montré que les SDA souffrent de limites structurelles : détection insuffisante selon les espèces, difficultés d’identification, faible performance sur les petites espèces ainsi que sur les migrateurs nocturnes, et forte dépendance aux conditions environnementales (caractéristiques de l’environnement du projet X caractéristiques des espèces fréquentant la zone du projet).

Il est à déplorer que les outils mis à la disposition des porteurs de projets et des DREAL par le programme MAPE (EOLDIST pour calculer les distances de détection, EOLPOP  pour prédire l’impact démographique des mortalités aviaires causées par les collisions avec les éoliennes) ne soient jamais utilisés dans les dossiers.

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Le Parc naturel régional du Haut Languedoc a t-il un avenir ? 

L’avis du Conseil National de Protection de la Nature (CNPN), sur le projet de renouvellement de la charte du PNR Haut Languedoc, a été publié le 25 mars 2026.

Avant sa visite sur le terrain, une délégation du collectif Toutes Nos Énergies 34-81 avait été attentivement auditionnée par les deux experts du CNPN. La délégation leur a fait part des contractions et manquements du projet du PNR. 

« Le CNPN émet un avis favorable au projet d’extension territoriale et de charte du Parc naturel régional du Haut Languedoc par 12 voix favorables, 5 voix défavorables et 0 abstention, sous trois réserves qui valent chacune avis défavorable si elles ne sont pas levées ».

Si les experts ont laissé sa chance à la nouvelle charte (2028-2043), ils n’en indiquent pas moins des manques à combler et des choses à rectifier.

  • Avant toute chose, ils pointent les prescriptions (et pressions irrespectueuses sur le vote raisonnable des élu-es en février 2025) des préfets de l’Hérault et du Tarn sur le volet énergies renouvelables adressées dans un courrier particulièrement virulent au Parc. Car si ces préconisations sont adaptées hors des zones protégées elles ne peuvent s’appliquer à un PNR. 
  • Ils rappellent la hiérarchie des missions selon le code de l’environnement : en premier, de protéger les patrimoines naturel et culturel, et les paysages, notamment par une gestion adaptée et seulement en troisième position de contribuer au développement économique.

 « Il importe de hiérarchiser la mission de contribution des parcs naturels régionaux à celle fondamentale et première de protection. En conséquence, ce courrier préfectoral s’inscrit en contradiction avec ces dispositions » ajoute le CNPN qui insiste sur le fait que ce courrier préfectoral « a perturbé de façon manifeste la concertation engagée par les instances du PNR dans son processus de renouvellement de sa charte. »

  •  Plus grave, il recommande à l’État de « réaffirmer la mission première de protection des patrimoines et des paysages au PNR. L’absence de prise en compte de cette demande de clarification pourrait conduire à s’interroger sur le maintien de ce classement concernant l’un des plus anciens PNR français ».

Après ce premier avertissement suivent trois réserves qui, si elles n’étaient pas prises en compte, rendraient l’avis du CNPN défavorable.

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Nouveau décret pour éviter des contentieux aux industriels. 

Du vite fait, façon « Notre-Dame de Paris » appliqué aux enjeux environnementaux.

Sébastien Lecornu avait déjà sévi en 2018, lorsqu’il était simple ministre du Gouvernement d’Édouard Philippe en rédigeant un premier décret visant à limiter la durée des contentieux autour des projets d’éolien industriel. La recette était simple : supprimer un niveau de recours. 

  • Jusqu’alors, les plaignants s’adressaient au tribunal administratif qui examinait les motifs au fond puis s’ils étaient déboutés, ipouvaient faire appel. 
  • Désormais, seule la Cour d’appel devenait compétente. Plus de première instance. Leur seule possibilité : porter l’affaire devant le Conseil d’État. Problème, cette institution n’examine que la procédure, pas le fond.
  • Autre inconvénient, alors qu’au tribunal administratif les associations pouvaient se présenter sans avocat, en Cour d’appel il est obligatoire.

Au bout du compte, des procédures accélérées, au moins de 1 à 2 ans et des charges financières accrues pour les pétitionnaires. 

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L’agrivoltaïsme quoiqu’il en coûte

Le 26 septembre et 17 octobre 2024 deux projets d’agrivoltaïque sont déposés dans la procédure au cas par cas pour des puissances de 8 mégawat (Mw) à Villemolaque et 10 Mw à Banyuls dels Aspres deux communes voisines (soit 40 000 mètres carrés de panneaux chacun).

On est largement au-dessus de la grande majorité des dossiers au cas par cas qui sont habituellement de moins de 1 Mw (la procédure simplifiée du cas par cas dispense le porteur de projet d’une étude d’impact environnemental). Mais l’astuce consiste à présenter ces installations comme des ombrières (ici du photovoltaïque couvrant des cultures) qui, elles, peuvent passer au cas par cas.

Dans ces deux installations, les surfaces sont cependant démesurées

  • Logiquement les deux dossiers sont refusés par le préfet suivant l’avis de la Dreal (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) qui demande les études d’impact le 24 mars 2025. 
  • Il pointe l’insuffisance de l’étude faunistique, l’implantation dans le périmètre protégé de trois captages d’eau potable, l’effet cumulatif aves d’autres installations dans cette zone et l’impact paysager. 
  • Les deux dossiers sont traités au même moment. Les porteurs de projet font appel au Tribunal administratif de Montpellier qui invalide la décision du préfet le 24 mars 2026 (juste un an plus tard). 

Le préfet ne fait pas appel et accorde la dispense d’étude d’impact le 17 avril 2026.

Les motivations de la décision sont instructives quant à l’incompétence des juges sur les sujets qu’ils traitent

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Le photovoltaïque en 10 chiffres

Les Amis de la Montagne de Lure, une association amie, nous a communiquée cet article. Leur position est claire :

Le photovoltaique doit bien évidemment faire partie du mix énergétique du futur, mais nous militons pour un développement des EnR qui mobilise en priorité les surfaces déjà artificialisées (toitures, parkings, friches), qui s’inscrit dans une logique de sobriété, qui s’aligne sur les besoins réels (c’est le point principal de cet article), et qui exclut la destruction d’espaces naturels, agricoles ou forestiers encore préservés. Un développement, enfin, qui respecte les territoires et les habitants, plutôt que de leur être imposé.

Il suffit parfois de quelques chiffres pour éclairer un débat.

  • 30,7 gigawatts : c’est la puissance totale des installations photovoltaïques en France continentale, fin 2025 (SDES). Un peu moins de la moitié (44%) correspond à de grands parcs au sol d’une puissance supérieure ou égale à 500 kilowatts.
  • 36,3 gigawatts : c’est la puissance des projets solaires en attente de raccordement, fin 2025 (SDES). Cet embouteillage reflète les limites d’un réseau électrique non adapté à une production intermittente et décentralisée.
  • 3,3 gigawatts : c’est la puissance des grands parcs photovoltaïques (hors projets agrivoltaïques) que la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit d’ajouter au parc existant d’ici 2028.
  • 79 € le mégawattheure : c’est le prix moyen de revente de l’électricité, garanti par l’Etat, dans les appels d’offres récents pour les grandes installations (rapport CRE). En 2025, le mégawattheure s’est revendu sur le marché spot à un prix moyen de 61 € (bilan électrique 2025 de la RTE), la différence est payée par le contribuable.

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