Mortalité des oiseaux et des chauve-souris…

… des études d’impact notoirement insuffisantes

Depuis les années 2010, les impacts significatifs de l’éolien terrestre sur les oiseaux et les chauves‑souris sont établis, alors même que l’obligation légale de ne pas détruire des espèces protégées demeure. 

Signalement à la DREAL effectué par l’association audoise Vent Mauvais après l’euthanasie d’un circaète dont une partie de l’aile avait été amputée par la collision avec les pales d’une éolienne.

Pour réduire ces impacts, la filière a généralisé les bridages chiroptères et surtout les systèmes de détection‑arrêt (SDA), utilisés pour requalifier des impacts bruts importants en impacts résiduels « non significatifs ». 

Or, tant la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) que l’OFB (Office Français de la Biodiversité) au regard des mortalités persistantes dans des parcs équipés de SDA d’une part, les travaux scientifiques d’autre part, mettent en doute l’efficacité réelle de ces dispositifs. 

Le programme MAPE (du CNRS) de réduction de la Mortalité Aviaire dans les Parcs Éoliens en exploitation a ainsi montré que les SDA souffrent de limites structurelles : détection insuffisante selon les espèces, difficultés d’identification, faible performance sur les petites espèces ainsi que sur les migrateurs nocturnes, et forte dépendance aux conditions environnementales (caractéristiques de l’environnement du projet X caractéristiques des espèces fréquentant la zone du projet).

Il est à déplorer que les outils mis à la disposition des porteurs de projets et des DREAL par le programme MAPE (EOLDIST pour calculer les distances de détection, EOLPOP  pour prédire l’impact démographique des mortalités aviaires causées par les collisions avec les éoliennes) ne soient jamais utilisés dans les dossiers.

  • La jurisprudence administrative reconnaît régulièrement, au regard des caractéristiques contextualisées des projets, l’absence d’efficacité  de ces SDA. 

Le rapport EFFICAS (CNRS, déc. 2025) Etude de l’EFFICAcité des Systèmes de détection-réaction automatiques (SDA) mis en place sur les parcs éoliens terrestres français dans le but de réduire l’impact sur les espèces soumises à Plans Nationaux d’Actions,rédigé par Cyrielle Ballester et Aurélien Besnard et fondé sur une méthodologie robuste, ne met en évidence aucune réduction statistiquement significative des mortalités après installation des SDA. 

Enfin, le lancement discret d’un programme SDA+ par l’OFB et l’ADEME confirme que l’efficacité des SDA n’est pas considérée comme établie, contrairement à ce que prétend la filière (France renouvelables, SER) qui se garde bien, en revanche, d’apporter la moindre preuve contextualisée de l’efficacité de ces systèmes, y compris en technologie SDA 3D.

En conséquence, il appartient au porteur de projet de démontrer, espèce par espèce et site par site, l’efficacité effective du SDA proposé, faute de quoi ce dernier ne pourra pas être tenu pour une mesure de réduction suffisante.

Bruno Ladsous

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