Après le procès de Rodez, l’AMASSADA communique

Communiqué de la libre Commune de l’Amassada

Mercredi dernier, le 3 juillet, cinq de nos camarades ont écopé d’un mois de prison avec sursis assorti de diverses amendes. D’après les dires du juge, il s’agissait seulement de punir les faits : refus de prélèvement d’ADN et avoir dormi une nuit sur le site occupé de l’Amassada.

Durant 4 heures ce dernier n’a cessé de répéter que « nous n’étions pas là pour faire de la politique ». Une des nombreuses différence entre lui et nous est que nous assumons que ce que nous faisons est politique. Nous tenons ici à réaffirmer clairement que l’Amassada se défend et qu’elle continue à être habitée de mille manières, et qu’il faudra nous en déloger physiquement. L’Etat, RTE et la justice marchent ensemble et la peine prononcée n’est là que pour tenter de casser nos énergies.

Nous pensons qu’ils veulent éviter au maximum une bataille à St Victor. Ils savent bien que malgré la déclaration d’utilité publique du transformateur, expulser des paysans, frapper, arrêter une population n’est pas justifiable. Ceci ne correspond pas à l’image angélique qu’ils voudraient donner de la transition énergétique. Durant plus de 4 heures la cour à tout fait pour isoler les prévenu-es.  Une quarantaine d’entre nous avait fait le choix d’être comparants volontaires, sachant ce que cela impliquait, d’être solidaires, de ne pas laisser nos camarades seul-es. Nous pensons qu’il nous faut être sur tous les fronts et multiplier nos tactiques. Le juge à refusé nos comparutions volontaires : « nous ne sommes pas là pour faire de la politique »… De même aux trois grands témoins venus à la barre nous soutenir le juge à lâché d’emblée : « sachez  qu’ici vous ne représentez personne » : ne surtout pas laisser dire que l’Amassada a du soutien.

Mr le juge sachez vous aussi qu’une fois sorti de votre palais vous n’êtes personne. Vous condamnez car vous avez peur. Vous vacillez  duhaut de votre perchoir accroché à votre pouvoir, à votre autorité. Vous faites bien car si nous luttons contre le transformateur, contre les projets de l’industrie éolienne, notre lutte est plus globale, et vous le savez. Nous luttons contre votre système capitaliste et patriarcal, contre vos frontières et votre justice de classe. Votre inquiétude vous pousse à aller jusqu’à bafouer vos propres règles de déontologie qui sont censées vous interdire d’utiliser  » des gestes, propos et expressions ou commentaires déplacés, condescendants, vexatoires, discriminatoires, agressifs ou méprisants » (recueil des obligations déontologiques des magistrats). Ce que nous avons vu et entendu mercredi dernier nous conforte dans notre combat.  Qui voudrait encore d’un monde où un homme blanc, la quarantaine, paternaliste, entouré de « ses assesseuses », fusille du regard pendant des heures des gens au combat juste pour finalement prononcer la sentence sans les regarder dans les yeux. L’appel de ce jugement sera l’occasion de réaffirmer nos engagements d’ici là …

S’en suit un communiqué des habitant.e.s de l’Amassada :

Mercredi 5 juillet, cinq personnes ont été convoquées devant le tribunal de Rodez et ont été condamnées à un mois de prison avec sursis, d’une amende et du remboursement des frais de justice pour RTE (Réseau de Transport électricité ). Cette condamnation fut prononcée car celleux-ciont passé une nuit sur des terres expropriées par RTE dans le but d’empêcher les travaux du méga-transformateur. La sévérité et l’injustice de cette décision n’ont fait que souligner l’impartialité illusoire de la justice et ont redonné de l’impulsion au mouvement. Cela signifie que nous continuons d’occuper ces terres. L’Amassada est expulsable mais reste déterminée et vivante afin de lutter contre l’éolien industriel et son monde. Ici sont expérimentés d’autres modes de vie ; basés sur la solidarité, l’entraide, la destruction des oppressions, le potager et les chatons. Tout cela s’inscrit dans une logique plus grande pour leur arracher une parcelle de liberté. Nous invitons quiconque se sentant prêt.e à participer à cette lutte à nous rejoindre, ici, à Saint-Victor, pour quelques jours, semaines, décennies. Notre énergie n’est pas renouvelable, venez avec vos savoir-faire, vos idéaux et votre détermination. Soyons le grain de sable dans l’engrenage des éoliennes.

Des constructions sont prévue, on vous attend !

Pas res nos arresta ! Vive la commune libre de l’Amassada !

Les habitant.e .s de l’Amassada

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