Contre les éoliennes, de belles victoires…

Cette semaine, dans l’Hérault et dans l’Aude, de belles victoires sont venues récompenser les luttes de longue haleine que nos associations mènent sur le terrain. C’est un encouragement pour toutes et tous…

Dans l’Hérault, une victoire pour la protection de la biodiversité

Si la protection de la biodiversité est devenue un enjeu national elle relève également de responsabilités territoriales. Lorsque les administrations font défaut, c’est le rôle des associations d’être des lanceurs d’alerte et de porter la lutte jusque devant les tribunaux.

Deux victoires pour les Avant-Monts (zone située à l’est de la Montagne Noire) Ferrières-Poussarou et Riols2.

Il y a à l’origine un projet de ZDE (Zone de développement éolien) comprenant un peu plus de 40 éoliennes, réparties entre le site de Riols dans l’Hérault (déjà 4 éoliennes construites dans le plus grand secret en 2004) et le Pic de Naudech (au-dessus d’Olargues).

A l’époque, il fallait que la ZDE soit approuvée à l’unanimité des communes impactées par le projet. Pour la ZDE des Avant-Monts la commune de Pardailhan s’est opposée et le projet de ZDE n’a pu se faire.

Plus tard, le principe des ZDE est abandonné et les promoteurs peuvent proposer des projets secteur par secteur. C’est ainsi qu’apparaissent les projets de Ferrière-Poussarou et un peu plus tard celui de Riols2.

Nous comprenons qu’en fait le promoteur est en train de nous refaire la ZDE mais il nous la vend à la découpe. On se doute que si les projets de Ferrières-Poussarou et Riols2 passent, c’est toute la zone des Avant-Monts qui sera couverte avec ces machines.

Après 10 ans de lutte et de procédures, l’association Sauvegarde des Avant-Monts avec le soutien de l’association Hurlevent, met un terme au projet de centrale éolienne sur la commune de Ferrières-Poussarou (les deux associations étant toujours soutenues par la commune de Pardailhan qui refuse au promoteur l’accès au site car il est obligé de passer par les chemins communaux du village).

Pour cela, il aura fallu aller jusqu’au Conseil d’Etat qui confirme la décision de la CAA de Marseille qui censurait la décision préfectorale d’autoriser, par dérogation, la destruction d’espèces protégées.

Le projet de parc éolien Riols2, autorisé en 2018, consistait à remplacer les quatre éoliennes existantes du parc de Riols1 (mis en service en 2004 d’une hauteur en bout de pales de 75 mètres) par des éoliennes d’une hauteur en bout de pales de 120 mètres et à édifier cinq nouvelles éoliennes de même hauteur.

Ces neuf éoliennes devant être implantées, selon un alignement d’environ 2 500 mètres celles-ci s’ajoutant aux 10 qui étaient prévues sur le site de Ferrières-Poussarou.

Il ressort des cartes et des photomontages que l’impact visuel cumulé de ces deux parcs éoliens, en imposant une ligne quasiment continue de dix-neuf éoliennes se détachait sur une dizaine de kilomètres sur les crêtes du massif des Avant-Monts, créant ainsi une rupture dans le vaste panorama des paysages du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc.

D’autre part, le site d’implantation du projet est inclus dans la zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique de la Montagne Noire centrale et dans une zone classée à enjeu fort en termes de biodiversité par le schéma régional éolien compte tenu de la présence de nombreuses espèces protégées sensibles au risque éolien.

De plus, les travaux de construction du parc éolien de Riols2, qui comportait outre l’implantation des neuf éoliennes de 120 mètres de hauteur en bout de pales et d’un poste de livraison, la création de voies nouvelles en zone naturelle, nécessitait des défrichements sur environ 96 hectares dont 12 de landes et 31 de bois de feuillus, en entraînant la destruction d’individus et d’habitats de nombreuses espèces protégées.

La société EDF Energies Nouvelles France a déposé (puis retiré) une demande de dérogation à l’interdiction de destruction des espèces protégées et de leur habitat ayant donné lieu le 7 août 2019 à un avis défavorable du Conseil National de la Protection de la Nature qui a estimé que les mesures d’évitement, de réduction et de compensation prévues dans le cadre de l’autorisation du 16 février 2018 d’exploitation de ce nouveau par éolien étaient insuffisantes. 

Enfin, l’exploitation du parc éolien de Riols2 entraînait la destruction d’individus et d’habitats de 54 espèces d’oiseaux dont l’aigle royal et le circaète Jean-Le-Blanc, 19 espèces protégées de chiroptères, dont le minioptère de Schreiber, la sérotine bicolore et le murin de Capaccini, deux espèces protégées d’amphibiens et deux espèces protégées de reptiles.

Le document de référence pour l’énergie éolienne du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc avait classé en zone de sensibilité moyenne le site des Avant-Monts. Ce document précisait également que, quel que soit le zonage, une attention particulière devait être portée aux impacts cumulatifs produits par les projets successifs d’implantation sur la biodiversité comme sur les paysages.

Compte tenu ainsi de sa situation au sein du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc et d’une zone naturelle protégée, sur une crête offrant un vaste panorama tout en le rendant visible lui-même à très grande distance, en particulier à partir des belvédères du Somail et du Caroux, le site d’implantation du projet présentait un intérêt paysager remarquable à protéger. Le PNRHL donne néanmoins son accord pour la construction des centrales de Ferrière-Poussarou et de Riols2.

C’est donc avec sagesse que le Conseil d’Etat pour le projet de Ferrière-Poussarou et la CAA de Toulouse (nous étions défendus par Maître Jean-Pierre Cabrol) pour le projet de Riols2 ont conclu que la protection de la biodiversité de ce territoire passait avant les intérêts du promoteur.

La CAA de Toulouse a été attentive aux avis d’organismes autorisés comme ceux de l’Autorité Environnementale et l’architecte des Bâtiments de France entre autres. Elle a tenu compte également des avis exprimés dans nos mémoires. Compte tenu des enjeux indéniables en matière de biodiversité des Avant-Monts, voilà une nouvelle qui ne peut que nous réjouir.

Dans l’Aude, un refus d’autorisation environnementale

Nous apprenons aujourd’hui que le Préfet de l’Aude a rejeté la demande d’autorisation environnementale présentée par la société SAS Parc des Ailles (Jean-Noël Alquier) sur la commune des Martys pour deux éoliennes de 3MW en complément du projet Ostwind. En pièce jointe un extrait de la décision destiné à l’affichage.  Nous attendons l’arrêté complet.

Ce projet n’ira donc pas en enquête publique.

Cette décision est en parfaite cohérence avec le refus d’autorisation du projet de 4 éoliennes sur les Moussels-Les Ailles, porté par OSTWIND qui fait aujourd’hui l’objet d’un recours du promoteur. L’association est en soutien volontaire du Préfet dans la procédure.

Une victoire de plus pour ceux qui s’étaient mobilisés contre ce projet, habitants, élus et association Vent mauvais.

Les pouvoirs publics ont entendu notre exigence devant la saturation de notre territoire :

Pas une éolienne de plus sur la Montagne Noire !

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