L’éolien terrestre et le soit-disant « retard de son déploiement »

Rien ne justifie de l’accélérer en bafouant davantage les droits des citoyens et de l’environnement déjà terriblement réduits. N’en déplaise à notre Première ministre. (Communiqué du collectif TNE-Occitanie Environnement)

Les trop longs délais pour la validation des projets de centrales éoliennes justifieraient le nouveau projet de loi intitulé « accélération de la transition énergétique » qui vise à bâillonner les citoyens qui s’y opposent. 

La justification de ce projet liberticide repose sur deux contre-vérités.

  • En ce qui concerne les délais :  selon une étude de World Wind Energy ils sont les mêmes en Suède, Pays-Bas, Italie ou Autriche qu’en France (7 ans). En Allemagne, pays souvent cité en exemple pour le développement des éoliennes, ils sont de 6 ans, juste une année de moins. 
  • Et en ce qui concerne la responsabilité de ces retards ou des échecs de déploiement de l’éolien terrestre, c’est l’imprévoyance, l’inconséquence ou les tergiversations plus ou moins spéculatives des opérateurs qui souvent sont la véritable cause. En témoignent trois exemples dans notre région Occitanie. 

1. La centrale éolienne de St Amans Valtoret (81240) : prorogée pour raisons techniques (2013-2025 ?)

Août 2013 : demande d’autorisation d’une centrale éolienne de 10 machines portée par St Amans Énergies filiale de Valorem. L’arrêté préfectoral du 7 novembre 2014 autorise l’installation, aussitôt contestée par une association locale devant le tribunal administratif puis la Cour d’appel de Toulouse, recours définitivement débouté en 2020. Ce « retard contentieux » n’explique pas tout, tant s’en faut.

Juin 2020 : Valorem scinde sa filiale en deux, St Amans Énergies et Valtoret Énergies et cette dernière  répond à un appel d’offre pour ses 5 machines. Pour accroître ses recettes et ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ?

En 2021 : demande d’autorisation modificative pour des machines plus puissantes avec garde au sol réduite de 25%, ce qui augmente les risques de mortalité pour les chiroptères en particulier. Mais la Dreal, bienveillante pour l’opérateur, estime qu’il n’y a pas de modification substantielle. 

Depuis, pour l’acheminement des éoliennes sur le site d’implantation très éloigné, Valorem tente de trouver des accords avec les riverains, car les routes trop étroites nécessitent des aménagements qui empiéteront sur des propriétés privées. Un pont devra être élargi. Personne n’y avait pensé avant de donner les autorisations !

En août 2022 : l’administration qui s’efforce de suivre, accorde au projet une prorogation jusqu’en 2025.

Énedis anticipe cependant, en défonçant 19 kms de route pour enterrer les lignes qui relieront ce parc éolien au poste source, mais refuse d’en communiquer le coût, pourtant assumé en partie sur fonds publics. 

2. La centrale éolienne de Lacaze (81330) : abandonnée après 3 rachats successifs (2012-2022 ?)

Juillet 2012 : demande d’autorisation portée par Raz Énergie (Toulouse) pour une centrale éolienne de 10 machines sur les hauteurs de la commune de Lacaze, autorisée par arrêté préfectoral du 28 juin 2013. Un recours a été formé par les associations locales et riverains, recours rejeté en 2014 pour irrecevabilité par le TA de Toulouse.

La société Saméole (Caen) ayant racheté Raz Énergie, a obtenu un permis modificatif daté du 9 mai 2016

En septembre 2018 Engie rachète Saméole. Début 2021 la société Volkswind France (eux-mêmes rachetés par l’énergéticien suisse Axpro) aurait repris le projet éolien de Lacaze.

Il semble que ce projet ait été considéré comme « peu rentable ». Depuis cette date, on n’en entend plus parler et l’autorisation initiale est devenue caduque.

3. La centrale éolienne de Montredon-Labessonié (81360) : irréalisable (2016- 20??)

En 2016, la société EDF EN a déposé une demande d’autorisation pour 5 éoliennes sur la commune de Montredon-Labessonnié. L’autorisation a été accordée par arrêté préfectoral du 20 octobre 2016, aussitôt suivi d’un recours par les associations locales devant le TA de Toulouse.

Exceptionnellement, le juge et une partie du tribunal administratif de Toulouse sont venus sur place le 11 octobre 2018 pour se rendre compte de la situation du possible futur projet éolien. Le TA a finalement demandé le retrait de l’une des éoliennes de ce projet. Par la suite l’un des propriétaires fonciers n’ayant pas souhaité renouveler au porteur de projet sa promesse de bail arrivée à expiration, c’est une nouvelle éolienne qui se trouvait empêchée de fait. 

Depuis, l’autorisation de cette centrale éolienne est devenue caduque.

Entre temps, l’enfouissement d’une ligne Haute Tension 63kV sur 20 km pour 25 millions € a été réalisé aux frais des contribuables, en vue du raccordement des 15 éoliennes de Lacaze et de Montredon Labessonié, qui ne verront pas le jour avant longtemps dans les conditions actuelles. 

Contact presse :  

Jean Pougnet – presse.tne@gmail.com – 06 46 03 19 15 – 04 67 97 51 27 – site : toutesnosenergies.fr

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